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Actualités du Monde mars 2018

Sort des urnes

En Russie, Vladimir Poutine a été réélu à la tête de son pays avec plus de trois-quarts de des vois et un taux de participation des deux-tiers du corps électoral.

En Italie, les élections aboutissent à une majorité presque introuvable car les votes sont dispersés. Les votes eurosceptiques n’ont jamais été aussi importants dans un pays qui a pourtant toujours été attaché à l’Europe communautaire. Le mouvement 5 étoiles a remporté près d’un tiers des suffrages exprimés devant le parti démocrate et la Ligue (du Nord) avec un peu moins d’un cinquième des votes et Forza Italia à un peu moins de 15%. La victoire des mouvements populistes est inédite dans l’Italie post-1945. Elle traduit le désarroi de la population italienne, pour des raisons d’abord endogènes, mais aussi car elle est astreinte à la potion amère post-crise des dettes souveraines, population italienne qui s’est sentie bien seule face à la crise migratoire à laquelle l’Europe communautaire doit faire face depuis quelques années.

Le président péruvien, Pedro Kuczynski, démissionne en plein scandale de corruption dans le sillage du scandale Odebrecht qui ébranle l’Amérique latine à partir de l’épicentre brésilien. Il a été élu il y a moins de deux ans mais a dû gouverner sans majorité parlementaire. Selon la constitution, le vice-président Martin Vizcarra doit le remplacer d’ici la tenue de nouvelles élections présidentielles.

En Colombie, des élections législatives se sont tenues, les premières après la signature d’accords de paix avec les Farcs (guérilla communiste qui a ensanglanté le pays depuis les années 1960). Les Farcs se sont prêtées pour la première fois au jeu démocratique, mais ont obtenues moins de 1% des suffrages exprimés tant pour l’Assemblée nationale que pour le Sénat. Les élections ont été remportées par le parti d’Alvaro Uribe, ancien président colombien. La droite est majoritaire face à une gauche divisée.

En Allemagne, Angela Merkel a réussi à grande peine à constituer un gouvernement avec le SPD qui récupère les ministères de la santé et de l’économie.

En Égypte, le maréchal Al-Sissi a été réélu, sans réel suspense, car ses principaux opposants ne se sont pas présentés face à lui. Les défis de l’Égypte n’en restent pas moins immenses. A Sissi doit combattre le terrorisme qui reste profondément enraciné dans le Sinaï, mais aussi donner un avenir à une jeunesse très nombreuse.

Toujours la violence...

Au Burkina Faso, un attentat dans le périmètre immédiat du quartier général de l’armée burkinabé et de l’ambassade de France a fait une trentaine de victimes.

En France dans la région de Carcassonne, un autre attentat revendiqué par l’EI a coûté la vie à quatre personnes dont un lieutenant-colonel de la gendarmerie. L’émotion est énorme dans tout le pays car le militaire a choisi d’exposer sa vie pour épargner celle d’un otage.

Une dizaine de manifestants a trouvé la mort dans la bande de Gaza au niveau de la clôture avec Israël. Ils dénonçaient les conditions de vie dans cette enclave. Une fois de plus le Hamas, au pouvoir à Gaza, se sert des civils, et Israël n’hésite pas à faire usage de la force.

Au Proche-Orient la situation se complique

En Syrie la ville d’Afrine a été reprise aux Kurdes de l’YPG par les forces turques et les forces « rebelles » majoritairement composées par des islamistes, après près de deux mois de combat. Plusieurs centaines de milliers de civils ont préféré s’enfuir. Le président Erdogan annonce qu’il ne s’arrêtera pas là et qu’il compte conquérir la bande de territoire syrien de l’autre côté de sa frontière jusqu’aux rives de l’Euphrate, ainsi que Kobané qui a symbolisé la résistance kurde face à l’État islamique. Une armée membre de l’OTAN mène une guerre d’agression sur le sol de son voisin et combat des forces kurdes qui sont armées par l’allié américain, ce qui ne va pas sans poser de questions. Que penser des Kurdes qui ont été à la pointe du combat contre l’EI et qui aujourd’hui sont oubliés de leurs alliés occidentaux ? Le président turc annonce vouloir remplacer la population kurde, à la frontière syrienne, par l’implantation d’une population sunnite. Une politique de purification ethnique ?

Dans le même temps, le pouvoir syrien continue son offensive contre la Ghoutta, pas très loin de Damas, tenue par les rebelles. Les civils sont bien évidemment les principales victimes de ce conflit.

L’administration Trump évolue

Hope Hicks, la cinquième directrice de la communication de l’actuelle administration républicaine, vient d’annoncer sa démission. Celle-ci est très probablement à comprendre dans le contexte de l’enquête, menée par la Chambre des représentants, qui vise le président et son équipe de campagne électorale. Cette démission fait suite à toute une série de départs depuis janvier 2017. Rex Tillerson, à la tète de la diplomatie, a appris son éviction par un tweet, le conseiller économique Cary Cohn a préféré démissionner pour désaccord au sujet de la politique commerciale que veut mener l’exécutif, le conseiller stratégique de Donald Trump a été limogé, le conseiller à la sécurité nationale Mickael Flynn a dû quitter ses fonction car visiblement trop proche de Moscou... La liste est longue, mais l’actuelle équipe qui entoure le président américain est surtout composée de « faucons ». Rex Tillerson est remplacé par le très conservateur Mike Pompeo, élu du Kansas et ancien directeur de la CIA.

Les États-Unis veulent revenir à davantage de protectionnisme, ce qui correspond aux promesses électorales du candidat Trump pour préserver l’industrie manufacturière et ses emplois... mais aussi pour faire face à un déficit commercial grandissant car il se monte à 566 milliards de dollars pour 2017. Il prévoit d’augmenter les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium qui sont d’abord importés depuis le Canada, le Mexique mais aussi de Chine ou d’Europe. Ce n’est pas la première fois que Washington décide d’augmenter des tarifs douaniers sur des produits importés, certains se souviennent des « malentendus transatlantiques» c’est-à-dire des guerres commerciales entre États-Unis et Europe communautaire. L’administration Bush en 2002 a aussi relevé de façon significative les tarifs douaniers sur plusieurs produits importés, dont l’acier.

Les mesures protectionnistes visent en particulier la Chine avec laquelle Washington enregistre l’essentiel de son déficit commercial et dont les Américains craignent désormais les investissements. Ainsi, les États-Unis bloquent la prise de possession de la bourse de Chicago par Chongqing Casin Enterprise. La Commission des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) conseille, pour éviter que des technologies américaines ne tombent dans l’escarcelle chinoise, de s’opposer au rachat de Lattice Semiconductor Corp par Canyon Bridge Capital Partners, faux-nez d’intérêts chinois. Cette même crainte anime aujourd’hui Bruxelles.

La Chine étonne le monde

La Chine qui dispose déjà d’un porte-avions acheté à Kiev le Liaoning, construit un nouveau porte-avions... mais cette fois-ci avec une technologie chinoise. Dans quelques années, la Chine disposera ainsi d’une marine de haute mer, comme seuls les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume Uni en possèdent à l’heure actuelle. Cela renforce les craintes des voisins de la Chine, Taïwan en mer de Chine orientale ou le Vietnam en mer de Chine méridionale.

Le dirigeant Xi Jinping est bien un « nouvel empereur rouge ». Après le dernier congrès du PCC, la pensée de Xi Jinping a été inscrite dans les statuts du parti, il devient ainsi quasiment l’égal de Mao. Il fait clairement parti des dirigeants les plus marquants de la Chine contemporaine avec Mao et Deng Xiaoping. En mars 2018, la limite à deux mandats présidentiels a été levée grâce à une révision constitutionnelle, Xi Jinping pourra rester au pouvoir au-delà 2023. La révision constitutionnelle porte également sur l’inscription dans la Constitution du « rôle dirigeant » du PCC (toute contestation du PCC sera donc un acte anticonstitutionnel...) et de la pensée de Xi Jinping. Si ces réformes sont présentées comme émanant « du bas », les nombreuses contestations populaires démontrent le contraire. Il sera encore plus difficile de s’opposer au président qui a déjà renforcé son emprise sur le parti, par l’intermédiaire de purges dans le cadre d’une vaste politique de lutte contre la corruption, mais aussi sur la société qui doit témoigner de sa « loyauté »... Désormais, les fonctionnaires devront montrer une loyauté pleine et entière au PCC et à Xi Jinping.

Celui-ci a mis fin à la session annuelle du Parlement chinois en affirmant que Taïwan ne pouvait se séparer de la Chine populaire. Le président rêve de la faire rentrer dans le giron de la mère patrie, ce que Mao a échoué à réaliser.

Du nouveau à l’Est...

Alors que Washington a décidé unilatéralement de mettre fin aux accords transpacifiques signés sous l’administration Obama, ceux-ci renaissent à l‘initiative de Tokyo. Ils unissent onze pays dans un accord de libre-échange qui relève d’un vrai endiguement commercial de la Chine. Tokyo a eu soin de laisser à Washington la possibilité de revenir dans l’accord.

Pyongyang continue la désescalade des tensions entamées lors des Jeux olympiques organisés par la Corée du Sud en février dernier. La Corée du Nord a accueilli un représentant sud-coréen et prévoit une nouvelle entrevue en avril prochain, le même mois que celle prévue avec Washington. Après avoir joué les pyromanes avec un chantage aux essais nucléaires, Pyongyang se pose toujours en « maitre des horloges » pour des négociations et réussi un coup de maitre en s’imposant sur la scène internationale des relations diplomatiques et en se posant en tant qu’interlocuteur internationalement reconnu ; une première.

... et au Sud

Le Rwanda a été le siège d’une réunion des pays africains de l’Unité africaine (UA) qui se sont mis d’accord pour mettre en œuvre une zone de libre-échange. Cette Zone de libre-échange continentale (ZLEC) réunit une quarantaine de pays, mais pas le Nigéria, première économie du continent africain, ce qui limite la portée de cet accord.

Des situations politiques délicates...

Le récent attentat relance en France le questionnement sur l’État d’urgence. Le Sri Lanka a décrété l’État d’urgence pour 10 jours dans un climat très tendu dont pâti la communauté musulmane de l’ile qui représente environ 10 % de la population totale. En Éthiopie l’État d’urgence a été instauré en février dernier, il suscite désormais une vague de protestation de la population ainsi que des grèves. Si ce pays affiche une bonne santé économique avec une croissance à deux chiffres il ne parvient toujours pas à trouver une martingale politique comme en témoigne la récente démission du premier ministre. Les querelles ethniques affleurent : les Oromo (musulmans) et les Amhara (chrétiens) veulent chacun la désignation de leur champion alors que tous deux s’inquiètent de l‘importance de l’ethnie minoritaire des Tigréens dans le secteur de la sécurité.

Au Royaume Uni, un ancien agent russe Sergueï Skripal, qui travaillait aussi pour Londres, a été victime, ainsi que sa fille, d’un empoisonnement au neurotoxique. Londres y voit la main de Moscou, le précédent de l’empoisonnement au polonium de l’ancien-agent russe Alexandre Litvinenko n’y est pas étranger... Moscou dément toute implication, mais le Royaume Uni met en place des sanctions diplomatiques et trouve le soutien de ses partenaires européens. Théresa May décide d’expulser 23 diplomates russes, Washington en expulse 60. Moscou décide d’expulser, en retour, près de 60 diplomates occidentaux, américains, français, belges, allemands... un petit air de guerre froide ?

La Slovaquie traverse une crise politique depuis l’assassinat d’un journaliste qui enquêtait sur des malversations concernant des hommes politiques et des hommes d’affaires de premier plan. Le premier ministre, Robert Fico, démissionne. Peter Pellegrini est appelé à former un nouveau gouvernement.

L’Outre-mer français connait une nouvelle crise après celle qui a affectée la Guyane l’année passée. Mayotte, dans l’océan Indien, ne parvient plus à faire face à l’arrivée d’immigrants clandestins principalement en provenance des Comores. L’état d’insécurité est tel que les citoyens craignent de sortir de chez eux le soir, ou de prendre la mer. Les services sociaux sont totalement débordés, notamment les services de santé et deviennent parfois inaccessibles aux autochtones ; ceux-ci se sentent abandonnés par la République. En effet, de nombreuses femmes enceintes cherchent à venir accoucher à Mayotte pour que leur enfant bénéficie du droit du sol et donc à terme de la nationalité française. La colère gronde chez les Mahorais, la ministre de l’Outre-mer a fait un déplacement, qui n’a pas convaincu.

Scandale numérique

L’entreprise de Mark Zuckergerg, Facebook, aurait transmis les données de quelques cinquante millions d’utilisateurs au britannique Cambridge Analytica, assez proche du nouveau locataire de la Maison blanche. Cette affaire pose clairement les enjeux du numérique. En tout premier lieu la question de la confiance que l’on peut accorder aux GAFAM (Google Amazon Facebook, Apple et Microsoft) qui pourtant ont accès à une part importante de notre vie privée. Bruxelles réfléchit justement à la protection des données privées des ressortissants européens qui y attachent une importance particulière, peut-être plus développée qu’Outre-Atlantique. De manière plus générale, c’est la question du Big Data qui est mise ainsi sous la lumière des projecteurs. Qui est propriétaire des données personnelles ? Qui peut y avoir accès. Une légitime vague de défiance déferle désormais parmi les utilisateurs de Facebook, un appel au boycott a été lancé, sa capitalisation boursière s’effondre... Le moteur de recherche français, Qwant, qui s’engage à respecter les données personnelles voit son nombre d’utilisateurs progresser chaque jour depuis ce scandale.