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20170601-L'autonomie stratégique de la France - pôle Arras.

AA-IHEDN  AR15   -   PÔLE d’ARRAS

2016  -  2017

« Autonomie stratégique de la France »

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Sujet étudié de très nombreuses fois par les instances nationales, les cercles d’études divers et même par l’IHEDN par le passé, il nous apparait qu’une approche actualisée en fonction de la situation internationale actuelle doit guider notre réflexion.

Nous rappellerons en préambule les définitions des mots « autonomie » et « stratégie » et les rapporterons brièvement au concept de « défense nationale ».

Ce principe d’autonomie stratégique, pour ce qui concerne les temps récents, est né par la volonté inébranlable du Général de Gaulle, dès 1958, de sortir la France de l’emprise des USA, via le commandement intégré au sein de l’OTAN ; nous y reviendrons. Nous réfléchirons de même sur les destinées diplomatiques et militaires du vieux continent.

Nous   analyserons, à travers leurs discours, la volonté de nos décideurs politiques de pérenniser ce principe d’autonomie, de lui permettre d’être crédible technologiquement, adaptable aux nouvelles formes d’utilisation de nos forces militaires, sans oublier  l’absolue nécessité d’engagements financiers adaptés, à court et moyen terme ; en outre, cette autonomie permettra la confiance et le respect qu’inspirera notre nation à la plupart des autres Etats de la planète.

Depuis le développement de la mondialisation presque plus aucun pays ne peut vivre replié sur lui-même, nos destinées sont interdépendantes, le poids économique de certains est, sans aucun doute, une arme de dissuasion mettant l’indépendance des plus faibles en grande difficulté.

Enfin, l’omniprésence de l’informatique à tous les niveaux a révélé un nouveau type de conflit : la « cyber guerre ». Nul ne peut nier aujourd’hui que la maîtrise au plus haut niveau de cette nouvelle arme, associée à la maîtrise de l’espace, est d’un poids aussi, sinon plus, efficace que la multiplication des fusées intercontinentales ou des sous-marins nucléaires furtifs. Ce sera un aspect décisif de possibles conflits majeurs de demain. L’armée « conventionnelle » sera réduite à des conflits de « projection ».

L’autonomie stratégique suppose donc que tous ces paramètres soient parfaitement compris et pris en compte par nos dirigeants et que la volonté d’assurer notre liberté soit suivie effectivement de leur réalisation. 

Le groupe Orion, dans son étude sur notre future stratégie, a affirmé que : « Deux graves enjeux stratégiques sont  à considérer, celui de notre capacité à nous défendre par nous-mêmes et celui, directement lié, du maintien de notre souveraineté de défense ».

Afin que les choses soient claires il est nécessaire de préciser les notions d’autonomie et de stratégie rapportées au principe de défense. La notion de défense englobant non seulement l’aspect de préservation du territoire national stricto sensu mais aussi l’économie, la culture et la sauvegarde des valeurs ancestrales de notre civilisation.

-         L’autonomie :

C’est la capacité à ne pas être dépendant d’autrui ainsi que l’affirme Thucydide (I, XXVII) « des gens qui n’ont besoin de personne ». A l’origine, ce fut un droit que les Romains accordèrent à certaines villes grecques de se gouverner par leurs propres lois. Par extension,  une certaine forme d’indépendance.

En matière militaire, c’est la conduite d’une opération sans avoir à demander à d’autres des moyens supplémentaires en matière de renseignement, de logistique, d’armements…

En diplomatie c’est le libre choix des rapports de notre pays avec chaque Etat de la planète sans alignement obligatoire sur une autre puissance.

-         La stratégie :

Terme provenant du grec « strategos », stratège magistrat qui dirigeait les questions de politique militaire à Athènes. Cela s’appliquait à préserver la paix ou à décréter la guerre.

La stratégie s’applique à de multiples secteurs : le domaine militaire, économique, politique, diplomatique….

En ce qui concerne le militaire c’est l’art d’organiser et de conduire au plus haut niveau un ensemble d’opérations militaires prévisionnelles et de coordonner l’action des forces armées sur le théâtre d’opérations jusqu’au moment où elles sont en contact avec l’ennemi.

L’autonomie stratégique de notre pays est une notion très complexe car elle se décline dans de multiples domaines qui ne sont pas forcément en rapport direct avec la capacité offensive de nos forces armées. Ce sera notre champ d’investigations pour des propositions crédibles dans leur faisabilité, sans oublier que la France est partenaire d’autres nations à la fois dans le concert européen à travers l’UE et aussi dans les deux institutions majeures que sont l’OTAN et l’ONU.

Cette autonomie stratégique de la France fut réelle dans certaines périodes des siècles passés, la France était une grande puissante européenne, que ce soit au siècle du Roi soleil ou à l’apogée du Consulat et du 1er Empire. La 1ère moitié du XXème siècle révéla notre impuissance à régler seuls les conflits qui se présentèrent à notre nation et, bien sûr, l’effondrement de Mai 1940 et la libération du territoire national par les anglo-américains en 1944 mirent en évidence notre dépendance vis-à-vis de nos voisins anglais et de nos cousins d’Amérique.

Dès lors, notre destin ne nous appartenait plus, l’oncle Sam dirigeait seul cette partie du monde, nous devenions ses obligés, surtout en période de guerre froide. Il fallut attendre le retour au pouvoir du Général de Gaulle pour que notre destin nous appartienne de nouveau.

Il affirmenotre autonomie stratégique et met tout en œuvre pour la concrétiser et devient ainsi le père fondateur de la force de dissuasion nucléaire. De même, le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN nous permet d’éviter un engagement systématique.

Lorsque les buts affichés ne correspondent pas à notre analyse et à notre décision nous retrouvons alors notre indépendance ce qui n’exclut pas, évidemment, d’être associés aux décisions de l’OTAN si telle est notre volonté.

Citons deux phrases du Général de Gaulle :

-          En 1959 : « Il faut que la défense de la France soit française…..Un pays comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit SA guerre »

-         « La conception d’une guerre et même celle d’une bataille dans lesquelles la France n’agirait plus pour son compte et suivant ce qu’elle veut, cette conception ne peut être admise. Le système qu’on appelle intégration a vécu. »

Depuis la chute du mur de Berlin et la vision bipolaire du monde, les données géopolitiques ont changé et la pensée militaire a évolué. Un nouveau vocabulaire est apparu : « conflit de basse intensité », « conflit asymétrique », « guerre préventive » ou « humanitaire », « force d’interposition », etc…De plus, toute intervention militaire doit « théoriquement » être endossée par les instances internationales sous peine d’être considérée comme « injuste » ou « abusive », ce qui engendre des conséquences juridiques et diplomatiques. Le fameux « prétexte romain » est désormais la règle. Deux pays ne respectent pas cette règle, les U.S.A. et la Russie, agissant sous des prétextes fallacieux. Il y a donc deux poids, deux mesures.

Qu’en est-il donc aujourd’hui de notre autonomie stratégique ?

                                           Nous déclinerons ce sujet en deux chapitres :                                                                                 l’autonomie diplomatique et les vecteurs militaires d’une «  possible » autonomie stratégique.

I.   D’une indépendance diplomatique et stratégique…….

La diplomatie est la pratique, l’action et la manière de représenter son pays auprès d’un pays étranger ou dans les négociations internationales, de concilier leurs intérêts respectifs ou de régler un problème sans recours à la force. C’est aussi l’art des négociations entre gouvernements.

Quelques citations en préambule :

-         Gabriella Fabriccino :

« La diplomatie et la politique étrangère doivent être distinguées l’une de l’autre. Elles ne se fondent pas, elles sont complémentaires,  car la politique étrangère ne peut exister sans l’action de la diplomatie pour la faire comprendre, de même que la diplomatie a besoin d’être guidée par une politique étrangère lisible. »

L’autonomie diplomatique ne peut exister sans qu’au plus haut niveau, la Présidence, l’indépendance géopolitique de la France soit clairement affirmée et suivie de décisions et d’applications concrètes.           

-         Le Ministre Le Drian(10/09/2013) :

« A la suite du Livre Blanc, la loi de programmation militaire va notamment renforcer notre capacité à prendre l’ascendant sur des forces étatiques par des moyens de très haute technologie, moyens de renseignement, de ciblage, de frappes à distance ou encore de guerre électronique. Cette aptitude à faire face aux « menaces de la force » est au cœur de notre autonomie stratégique. (….) Etre autonome ne veut pas dire agir seul, le principe d’autonomie stratégique ne s’oppose pas à l’action en coalition, c’est, au contraire, l’une des conditions primordiales. »

 Ce principe de coalition évoqué par Le Drian découle d’une forte action diplomatique en  amont qui nécessite une indépendance totale de notre pays en ce domaine.

-         IRSEM lettre de Frédéric Chaillou (Directeur) de janvier 2013 :

« L’autonomie stratégique se compose et se composera de plus en plus demain de deux volets inséparables. Il importe, dans un premier temps, de disposer de l’outil militaire permettant d’agir seul. Il importe, dans un deuxième temps, de disposer de la capacité d’entraînement diplomatique permettant de ne pas le rester. »

Réflexion qui va dans le même sens que les propos de Le Drian.

-         Laurent Fabius le 15/10/2015 :

« Le principe qui oriente notre action extérieure depuis 2012 est l’indépendance. Cette indépendance de la France c’est notre capacité à définir librement ce que nous considérons comme juste, et agir en conséquence. »

Là aussi, c’est en fonction de l’analyse des renseignements fournis par nos services diplomatiques internationaux et nos échanges directs avec les Etats concernés que nos décisions doivent être prises. Aucune pression extérieure ne doit altérer notre jugement. Ceci implique de posséder un service de renseignements extérieurs « hyper » efficace, ce qui fut d’ailleurs prouvé tout au long des siècles passés. Notre action diplomatique ne peut se passer de ce précieux concours.

-         Sun Tzu :

« N’oubliez pas d’entretenir des intelligences secrètes avec les ministres étrangers et soyez toujours instruits des desseins que peuvent avoir les princes alliés ou tributaires, des intentions bonnes ou mauvaises de ceux qui peuvent influer sur la conduite du maître que vous servez. »

L’autonomie diplomatique a besoin de ces renseignements, gages de notre liberté d’appréciation dans le domaine de la géopolitique et de notre indépendance décisionnelle.

-         Talleyrand :

« Des alliés ne se conservent qu’avec du soin, des égards et des avantages réciproques. » (…..) « Sommes-nous sûrs d’avoir des alliés ? En-avons-nous qui soient utiles ? »

Le Ministre des Relations Extérieures de Napoléon exprime ici son souci de ne pas voir la France seule face au reste du monde et le besoin impératif de connaître le « qui est qui ? » sans lequel notre politique extérieure devient hasardeuse. L’autonomie diplomatique ne signifie pas obligatoirement « solitude diplomatique ».

La diplomatie et les coalitions :

Depuis G.W. Bush le multilatéralisme s’est radicalement transformé. Citons D. Rumsfeld (18/12/2001) : « Ce ne sont pas les coalitions qui déterminent les missions, mais les missions qui déterminent les coalitions ».

Même à l’apogée de notre puissance en Europe  la France ne put se permettre de se passer d’alliés dans la tourmente des différents conflits où nous étions impliqués. Notre diplomatie fut mise à contribution dans des négociations difficiles afin de trouver les appuis indispensables à notre politique extérieure. La deuxième guerre mondiale a donné une dimension planétaire qui a changé complètement le champ des rapports entre Etats. Il y a aujourd’hui une complexité jusque-là inconnue du fait de l’émergence sur le plan militaro-économique de pays jusqu’alors jugés d’un intérêt très secondaire. La problématique de conflits frontaux entre grandes puissances semble peu à peu reléguée au second plan face au nouveau type de guerre, à savoir le terrorisme à grande échelle perpétré par des groupes se réclamant d’une soi-disant  mission  spirituelle ….Ces groupes étant soutenus financièrement par des pays très riches dont, hélas, nous pouvons dépendre sur le plan économique. Notre autonomie diplomatique n’existe donc plus dans la mesure où nous sommes devenus économiquement dépendants. Un Etat est à l’identique d’un simple mortel, à savoir que, sans autonomie financière point de liberté d’action. Ce n’est pas pour rien que les U.S.A. cherchent à n’importe quel prix à conserver leur rang de 1ère puissance économique mondiale.

La France de De Gaulle était respectée car son économie était saine (entre 1959 et 1964 le PIB augmentait de 8,1% par an et l’indice de la Bourse de Paris grimpait de + 80% entre Mai 1958 et l’été 1962), le chef de l’Etat pouvait parler haut et fort, ce ne semble plus être le cas de nos jours (en 2015 la dette publique est de 2 100 Mds € soit 97% du PIB et le déficit du budget de 3,5% du PIB)……Notre diplomatie est « bridée » par cette fragilité qui nous oblige à de multiples concessions afin de sauver au mieux notre économie. Notre présence militaire en Afrique sub-saharienne, et dans la bande sahélo-sahariennne déléguée ou non par l’O.N.U., a, de façon sous-jacente, un but de conservation de nos intérêts dans ces pays ex-colonies françaises.                                                            

Dans une société globalisée mais aujourd’hui contestée nous pouvons envisager trois scénarii possibles :

-         Scénario de « haute intensité » :

Retour à l’indépendance totale voulue par le Général de Gaulle, impliquant le retrait de notre participation au commandement intégré de l’OTAN et le développement de notre force de dissuasion nucléaire ainsi que de nos laboratoires de recherche avancée dans le domaine de la cyber guerre. Cette politique exige d’avoir les moyens financiers  à la hauteur de nos prétentions. Ce fut le cas à l’époque du Général mais impossible dans l’état actuel des choses. La part du budget alloué à la Défense devrait être sérieusement revue à la hausse. D’autre part, nos interventions sur des théâtres extérieurs sont soumises à une volonté ou à l’acceptation du Conseil de Sécurité de l’ONU, où se trouve alors notre liberté d’action ?

-         Scénario d’ « intensité moyenne » :

C’est le statu quo. Profiter de la « soft power » de notre pays, notamment grâce à la francophonie. L’exemple de notre intervention au Mali est un mélange de la résolution 2085 des Nations Unies et de l’article 51 de la charte de l’ONU (légitime défense collective). Cette dernière nous laisse la liberté d’action mais la France s’est quand même appuyée sur la première afin d’être théoriquement soutenue logistiquement par l’U.E.  Même scénario pour l’opération « Sangaris » en République Centre Africaine en 2013 et pour l’opération « Barkane » au Sahel en 2014.

En ce qui concerne le Moyen Orient nous avons dans cette région l’exemple frappant de l’interdépendance entre action diplomatique et développement de nos échanges commerciaux avec les puissants pays du golfe. Dans ce cas nous sommes « otages » de leur bonne volonté commerciale à notre égard. Outre la vente d’armes et autres spécialités françaises, le chiffre des investissements de ces pays à l’intérieur de l’hexagone est colossal, dés lors, nous pouvons légitimement nous interroger sur notre autonomie diplomatique ? N’oublions pas que cette politique vise aussi à contrebalancer la montée en puissance de l’Iran qui se verrait bien « leader » dans cette région, ce qui ne serait pas sans poser quelques problèmes…..Donc, pas de vagues, nous sommes dans la « soft diplomatie ».

-         Scénario de « basse intensité » :

Elle est incluse dans celle de l’asymétrie. Les conflits sont aujourd’hui autonomes, particuliers et exigent un traitement individuel. Un terrain d’opérations n’est pas perçu de la même façon au niveau diplomatique, au niveau de l’O.N.U. ou au niveau de l’unité qui intervient ou qui s’interpose.

C’est l’hypothèse où l’U.E. assied son influence, ce qui, apparemment, n’est pas crédible au vu des dissensions entre les états membres dont certains sont sous la coupe évidente des USA et d’autres sous la coupe du crime organisé. Ne pas se fier aux réunions informelles (ex : Bratislava) d’où n’émergent que des vœux pieux. La règle de l’unanimité va d’ailleurs dans le sens du blocage perpétuel. La crise aigüe engendrée par les migrations massives à travers l’Europe a prouvé que les Etats savent être égoïstes quand leur sécurité est en jeu. L’Europe diplomatique se réduit, à peu de choses près, à un dialogue franco-allemand, qui est parfois un dialogue difficile. Mais il a permis les accords de Minsk 2 en 2015 et un cessez le feu dans le Donbass.

Il semblerait, au vu de l’actualité, que le second scénario est le plus plausible à court terme.  Ceci implique, malgré le « Brexit », qu’il faille primer l’efficacité diplomatique et militaire des pays « majeurs » de l’U.E. dans un discours européaniste. Ayons une attitude pragmatique et objective. Les interventions militaires françaises sur des théâtres éloignés nécessiteront, pour des raisons financières, la participation de partenaires diplomatiquement convaincus du bien-fondé de leur engagement à nos côtés. Il reste aussi le sujet épineux de nos relations avec les deux colosses que sont la Russie et la Chine, actuellement partenaires au sein de l’Organisation de Coopération de Shangaï, pesant ainsi de tout leur poids dans la géopolitique mondiale. La première est, historiquement, partie intégrante de l’Europe. Notre grande erreur a été de l’ignorer ce qui a provoqué le « revirement » de Poutine vers le bassin asiatique, notre intérêt est de nous rapprocher de ce puissant voisin. Quant’ à la Chine, elle est déjà la deuxième puissance économique mondiale ce qui nous oblige à la prendre en « haute » considération.

La France se concentrera-t-elle sur son environnement européen ou doit-elle rester universaliste ?  Cette décision est clairement politique mais, cependant, nous ne pouvons certainement pas nous faire oublier dans ce monde en pleine mutation, nous le devons par notre Histoire et par notre capacité à être l’interface entre deux mondes.

Les nouveaux paradigmes :

 La diplomatie de tradition séculaire a considérablement évoluée. Les nouvelles technologies ont permis aux chefs d’Etat un dialogue direct et en temps réel. Les problèmes « délicats » qui surviennent régulièrement entre les grandes puissances se règlent, quand c’est possible, à ce haut niveau. Les diplomates deviennent alors les exécuteurs fidèles des résolutions issues de compromis pris au plus haut niveau. Jadis l’ambassadeur était un personnage très influent, il devient simplement aujourd’hui, à la fois le point de convergence de tous les services de son ambassade avec devoir de transmission à Paris mais aussi une vitrine culturelle de son pays avec mission de favoriser son rayonnement. La sauvegarde et les efforts d’expansion de la langue française assureront notre rayonnement et participeront à notre positionnement diplomatique et économique. N’oublions jamais que l’omniprésence de la langue anglo-saxonne fut un des principaux vecteurs de la puissance, d’abord anglaise, puis américaine. Notre désengagement de l’OTAN favorisera nos relations avec tous les pays car, non aligné, nous renforcerons notre crédibilité, et faciliterons la confiance en l’intégrité de notre diplomatie. Nous gagnerons un capital « confiance » qui rejaillira même dans de possibles accords commerciaux. Notre autonomie diplomatique est à ce prix.

Le pouvoir des multinationales :

Enfin, nous ne pouvons occulter le poids insidieux des grands trusts industriels et financiers capables d’intervenir directement à la fois sur une décision gouvernementale et même parvenir à déstabiliser un pays entier (ex : le Chili de Salvador Allende). La culture du profit ne s’embarrasse pas de principes…..Même constat, mais celui-là moins visible, quant ’à la progression implacable des infiltrations du crime organisé transnational dans les rouages de la politique (ex : le Gabon avec le parrain Michel Tomi), de la finance (le blanchiment accueilli les yeux fermés par les banques qui en tirent un immense bénéfice) et l’accaparement de pans entiers de l’économie (ex : les marchés publics) en partenariat avec des édiles locaux peu scrupuleux  ou même des partis politiques (la démocratie chrétienne d’Andréotti en Italie par exemple).

L’autonomie diplomatique reste alors un vœu pieux, elle s’organise au jour le jour même si les grands décideurs osent des visions à moyen ou long terme, la mondialisation impose une certaine humilité au vu d’évènements brutaux et malheureusement imprévisibles qui bouleversent des prétentieuses certitudes.

Améliorer cette autonomie dépend en grande partie de la qualité et la fiabilité du Renseignement, sans lequel nous errons dans le dédale de la politique étrangère avec les conséquences parfois graves que cela peut provoquer. L’Histoire nous offre de multiples exemples pour confirmer cela.

La qualité, la fiabilité et l’autonomie de notre diplomatie seront ce que l’Etat voudra et pourra ce qu’elles soient. On ne peut, à la fois lutter contre le terrorisme en attaquant sa périphérie tout en cajolant ses centres décisionnels, qu’ils soient en Arabie Saoudite ou au Pakistan.

Les atouts de notre diplomatie :

-         Le réseau diplomatique français est le 3ème dans le monde après celui des USA et celui de la Chine

-         Au 01/01/2015 le Ministère des Affaires Etrangères comptait 14 264 agents dont 5 868 étaient des fonctionnaires titulaires de leur poste (- 12% en 10 ans)

-         La répartition est de ¾ à l’étranger dans 178 ambassades et représentations permanentes et 92 consulats généraux

-         Selon Christian Lequesne la diplomatie française a 2 manières de voir : entre 1958 et 2012 elle met en avant l’indépendance et le rang de notre pays, vision gaulliste de notre action qui vise à nous singulariser par rapport aux USA. Nous apportions une attention particulière au monde arabe, même aux dictatures ((refus d’intervention en Irak en 2003), liens privilégiés avec l’Afrique de l’Ouest, promotion de la langue française comme outil diplomatique. Depuis la présidence Sarkozy, puis sous Hollande, la vision de la diplomatie est plus « occidentaliste », considérant la guerre comme légitime dès lors qu’elle préserve le monde occidental. La réintégration de notre pays au sein du commandement intégré de l’OTAN en 2009 en est un des volets. Nos diverses interventions au Mali ou en Centrafrique, par exemple, en sont une des conséquences.

-         Cette année 2017 va certainement réserver à notre diplomatie quelques surprises avec les évènements « forts » prévus au fil des mois, à savoir :

-         Le quasi renversement des engagements américains vis-à-vis de l’OTAN ainsi que le rapprochement souhaité avec la Russie du nouveau Président Donald Trump.

-         Les conséquences d’un « Brexit » annoncé « fort » par le Royaume Uni sur l’Europe, même si le Premier Ministre affirme toujours continuer un partenariat militaire avec la France. Ceci n’a pas échappé au président Trump qui s’est empressé de vouloir renforcer les liens de l’Amérique avec la G.B. L’Europe se remettra-t-elle en question, si oui, comment ?

-         Le résultat des élections présidentielles françaises pourrait-il modifier notre politique étrangère à venir ?

-         Le retour en force de la Russie sur le théâtre artique et Est-méditerranéen, Crimée, Ukraine et Moyen Orient... Son engagement auprès des pays membres de l’Organisation de Shangaï, ce qui met en évidence l’importance d’entretenir des bonnes relations diplomatiques avec la Russie.

Nous ne pouvons donc plus affirmer que nous aurons une ligne de conduite diplomatique définie à moyen terme, et surtout à long terme, mais il apparait que nos options seront décidées à court terme au fil d’évènements parfois imprévisibles. Parmi ceux-ci le réchauffement climatique pourrait provoquer un flux migratoire très important venant s’ajouter aux flux actuels déjà pris en charge par la criminalité organisée transnationale.

Le réchauffement nous conduit à la réflexion suivante : sommes-nous capables de faire cavalier seul ou devrons-nous composer avec des partenaires  historiques et/ou de circonstance ? Il semblerait que, n’étant pas le « gendarme » du monde, nous ne pouvions point nous passer d’alliances préalablement choisies en fonction des critères précédents.

II…..Aux aspects militaires d’une « possible » autonomie stratégique

« Si vis pacem, para bellum » cela est toujours vrai….    

                                                                                                                                                       L’aspect militaire ne peut certainement pas être négligé au risque de se retrouver au niveau des Etats de second rang donc entièrement dépendants. Il est à considérer sous plusieurs aspects :

  1. Un personnel militaire à renforcer :

Les forces conventionnelles que l’on doit augmenter et améliorer car elles seront dorénavantpresque entièrement utilisées sur des théâtres extra-hexagonaux, d’où une logistique adaptée et de l’armement conçu pour ce genre d’intervention. La France a prouvé qu’elle est une référence en ce domaine, continuons…  Stopper l’hémorragie du personnel militaire (250 000 hommes en 1996 pour atteindre 100 000 hommes en 2016 (cela pourrait aider aussi à la diminution du chômage en France).

  1. Une Marine à redéfinir :

La France, avec le porte-avions Charles de Gaulle, est le seul pays avec les U.S.A. à disposer d’un tel bâtiment à propulsion nucléaire. Cependant, sa disponibilité opérationnelle n’est que de 200 jours par an, ce qui handicape sérieusement notre possibilité d’intervention « non-stop ». Sa mise au repos définitif est prévue pour 2041.Entre 1945 et 1963 nous possédions 3 porte-avions et entre 1963 et 1997 nous en avions 2. La question de la construction d’un second navire est donc régulièrement à l’ordre du jour mais mise de côté aussitôt. En effet l’investissement tout compris serait compris entre 6 et 8 milliards d’euros étalés sur 15 ans. Une coopération franco-britannique évoquée lors des accords de Lancaster House a rencontré d’énormes difficultés de tous ordres ce qui a abouti à un constat d’échec en 2009. La France saura-t-elle concrétiser enfin la construction d’un Charles de Gaulle bis ? La décision n’est pas technologique mais politique et financière.

Notre force stratégique sous-marine dispose de 4 SNLE. Il y a dans le monde 5 Etats qui disposent de SNLE, ce sont les USA, la G.B., la France, la Russie et la Chine et bientôt l’Inde. Ces bâtiments sont garants, eux aussi, de notre autonomie stratégique.

  1. Une force de dissuasion à maintenir :

 La force de dissuasion, créée en son temps par le Général de Gaulle, et qui a prouvé qu’une réponse crédible du faible au fort pouvait faire réfléchir un agresseur potentiel, elle doit être pour le moins entretenue sinon améliorée par une possible utilisation de bombes à neutrons tactiques à faible rayon d’action, qui pourraient avoir un effet déterminant dans certaines opérations ciblées, cette force de dissuasion sera supplantée très rapidement par l’informatique au service de la défense.  La France est un des 9 pays dotés de la bombe atomique (U.SA., Russie, France, G.B., Chine, Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord et, bientôt, l’Iran), ce qui lui permet de siéger au Conseil de Sécurité de l’ONU.  Jadis la menace visait d’autres pays détenteurs de cette arme mais aujourd’hui, si les intérêts vitaux

dupays étaient menacés son emploi pourrait être décidé.  

  1. Lacyber défense à développer : gafa, dérives et parades :

La « cyber guerre » aux mains des professionnels de l’informatique au service des Etats et même de la grande criminalité transnationale, ceux-ci sont et seront encore plus capables de paralyser complètement un pays. Des « hackers » agressifs au service d’Etats ou de groupes mafieux se lancent régulièrement dans la pratique de la désinformation politique et économique au risque pour nos dirigeants de prendre des décisions biaisées contraire aux réalitéset de créer la panique sur notre place boursière. De même, nous constatons les effets pervers de ce système d’intrusion dans la vie politique au regard des multiples vraies ou fausses révélations concernant de « hautes » personnalités et là on touche à la manipulation du grand public, avide, d’ailleurs, de ces « scoops ».Face à ces cyber-attaques la France doit faire un effort très important pour se donner les moyens d’être dans le « top 5 ». Pour cela il faut d’abord intensifier la qualité des filières de formation, savoir financièrement retenir les « cerveaux » qui n’hésitent pas à déserter la France pour se mettre à la disposition d’un pays accueillant ou de « parrains » du crime organisé et enfin de se doter d’un matériel hyper haut de gamme pour permettre à ces « hackers officiels » de protéger notre pays et de faire peser une menace à l’encontre de tout agresseur quel qu’il soit, ennemi ou ami. La création d’un BTS de cyber défense à l’école de Saint Cyr va dans le bon sens ainsi que la mise en place depuis le 01/01/2017 d’un commandement des opérations militaires pour lacyber guerre et le recrutement de réservistes spécialistes (4 400 hackers depuis mai 2016).

Les patrouilleurs du monde virtuel veillent sur les signes avant-coureurs de menaces naissantes dans le cyberespace. Ce sont des technologies prédictives à développer.

  1. L’espace peut-il être militarisé ? :

 L’espace ne doit pas être oublié car il est un des atouts majeurs de notre autonomie en matière de renseignement. Nous avons prouvé notre haut niveau de technologie dans ce domaine, aussi bien pour les lanceurs que pour les satellites. En ce qui concerne le système dit « GPS » la future mise en service du système européen « Galileo » ne peut que conforter notre autonomie face aux Américains, aux Russes et aux Chinois.

  1. Les drones et les robots à promouvoir :

Dans le même registre il est indispensable de développer une panoplie de drones. Le Livre blanc de 2013 a prévu de réduire le nombre des avions de chasse de 280 aujourd’hui à 225 en 2019, ceci impliquera obligatoirement l’augmentation du nombre de drones, moins coûteux financièrement et sans perte de pilotes. Encore faudrait-il que ceux-là soient armés, ce qui n’est pas le cas. Après l’échec du « Harfang » d’Airbus la France a dû acheter le « MQ-9 Reaper » américain, le nombre prévu sera de 12 en 2019, mais, pour les armer il faut l’autorisation de Washington, ce qui va totalement à l’encontre de notre autonomie stratégique. Nous en sommes, par exemple en Afrique, à utiliser en observation le Reaper puis à faire ensuite décoller les Rafales (délai 2 heures) pour l’intervention. Le groupe Daesh utilise déjà des drones armés comme lors d’une attaque à Erbil en Irak qui fit 2 blessés français. La France a conclu un accord avec la Grande Bretagne pour la fabrication d’un drone en commun, l’ « Ucas » », qui devrait être opérationnel en 2025, donc trop tard. Projet d’un coût de 2 Mds €. Par contre, en Suède, le groupe Marcel Dassault a réussi en septembre 2015 le largage d’une bombe de 250 kg transportée par le drone de combat « nEUROn ». Voici là un projet à développer si on veut garder notre autonomie stratégique.  Une coopération européenne, à l’étude depuis un certain temps, se heurte à de telles difficultés que le projet ne verra certainement pas le jour de sitôt… D’ailleurs la Belgique, la Hollande et les Pays Bas ont opté pour le drone américain   «  RQ 11 Raven ».  Un drone marin révolutionnaire est à l’essai aux U.S.A., c’est un trimaran de 40 m de long, armé, qui peut voyager pendant une année sur toutes les mers du globe.

  1. Les nouveaux concepts :

 L’ « entrée en premier » et l’autonomie stratégique (source IFRI) :

C’est l’aptitude d’une force armée, déclinée aux niveaux stratégique et opératif, à pénétrer un espace extérieur contesté et à y réduire le niveau de menace afin de permettre, dans un second temps, la conduite d’opérations décisives. L’ambition de posséder en propre les moyens d’ « entrer en premier » a pris au cours des quinze dernières années une forte valeur pour nos décideurs politiques. Mais ceci est d’abord lié à la volonté de disposer d’un outil de défense permettant une participation à la fois autonome et influente à des opérations multinationales et, surtout, de conduire une opération sans l’appui d’alliés si les circonstances l’exigent. Cette ambition se précisa lors de l’élaboration du Livre Blanc 2013 en articulant de manière explicite le lien entre autonomie stratégique et capacité à « entrer en premier » sur un théâtre d’opérations. Le Livre Blanc identifie un socle de moyens critiques et dimensionnants qui devraient conférer à la France la capacité de préserver son autonomie de décision et d’action, quelles que soient les circonstances. La France, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’O.N.U., a une responsabilité spécifique face aux crises sécuritaires qui peut l’amener à recourir à la force armée. Elle a une capacité d’appréciation et d’action militaire autonome qui la rend moins exposée aux pesanteurs et pressions externes pouvant chercher à contraindre sa liberté d’action. Cette aptitude réduit la dépendance vis-à-vis d’alliés réticents à agir malgré l’urgence d’une situation de crise. L’aptitude à « entrer en premier » est colossale, en conférant à la France une grande capacité d’entraînement vis-à-vis des alliés, renforçant en parallèle l’autonomie stratégique européenne. La posture dissuasive française renforce notre crédibilité aussi bien face à des adversaires potentiels qu’auprès de nos alliés.

Les obstacles à surmonter :

Comme déjà exprimé, cela restera lettre morte si nous n’avons pas les moyens financiers de mettre en place ces bonnes résolutions, il y aura donc des choix à faire en matière de priorités budgétaires mais cela ressort de la « haute » politique et ce n’est pas à nous d’en décider….

N’oublions pas que nos ambassades ont un rôle double, à savoir la collecte des bons renseignements pris sur terrain puis transmis à l’hexagone et le développement de la présence économique et culturelle de la France sans quoi nous perdrions notre « aura » auprès des autres pays. Nos services de renseignement sont à la pointe de notre action diplomatique et militaire. Ils déterminent le cap à tenir et leur fiabilité est gage de la réussite. Les« Livre Blanc » de 2008 et 2013 ont mis l’accent sur la nécessité de repenser son organisation car il existe trop de services différents qui nécessiteraient d’être supervisés par un Conseil Supérieur du Renseignement. De même il est urgent de créer un dispositif judiciaire adapté et protecteur pour les services, les agents et les sources. Enfin, les liens entre la cybernétique, offensive et défensive, et les services doivent être améliorés.

N’oublions pas de sauvegarder l’usage intra et extra-muros de notre langue alors que l’anglo-américain est la langue la plus utilisée sur la planète, c’est la soft-power version U.S. Un scandale lorsque 99% des thèses sont écrites en Anglais et que Paris a eu l’audace, pour sa candidature aux J.O. de 2024, de lancer un slogan en anglais ! Une langue unique diffuse une pensée unique.

III) Les points forts de notre réflexion

Réfléchir sous l’autonomie stratégique de la France c’est, après avoir développé les chapitres précédents, se poser les questions suivantes :  

-      Une autonomie stratégique française est-elle utile à notre pays ?

            -       Autonomie franco-française ou bien intégrée dans un partenariat sélectif ?

-       Dans quels domaines la France peut-elle garder son autonomie ?

  1. Une autonomie stratégique :

Nous constatons auprès de nos concitoyens deux opinions divergentes : les premiers estiment qu’un effort budgétaire dans le domaine de la défense serait insoutenable dans le l’état actuel de nos finances et que, de plus, nous ne pourrons jamais lutter à armes égales avec les « grands » Etats, mieux vaut garder l’intégration dans le système actuel (OTAN) sous le parapluie protecteur des Américains, quitte, hélas, à n’être que le vassal dévoué….et les seconds, fiers d'être français, peuple au passé prestigieux, ayant rayonné militairement et culturellement sur l’Europe et dans le monde entier, qui ne veulent à aucun prix d’un quelconque asservissement qui entraverait son libre choix. Ils mettent en bannière ces trois valeurs issues de la Révolution Française : Liberté, Egalité, Fraternité.

Un peuple « libre » de choisir sa destinée, un peuple traitant à « égalité » avec tous les autres peuples du monde et un peuple pour qui « fraternité » signifie confiance réciproque avec tous les Etats de bonne volonté. Hélas, cette liberté a un prix : combien le peuple de France acceptera-t-il de payer pour conserver son autonomie stratégique ?

  1. Autonomie complète ou partenariat :

Nous avons déjà démontré combien une autonomie complète, en l’état actuel de notre « santé » économique, parait au moins illusoire aujourd’hui sinon utopique, il nous reste à envisager une autonomie en partenariat avec des Etats amis, ce qui soulagerait le fardeau des dépenses induites. Encore faudrait-il que ces partenaires partagent les mêmes options diplomatiques, consacrent un budget « réaliste » à une défense commune et ne soient pas dépendants eux-mêmes de la volonté de l’un ou l’autre des Etats « majeurs » de la planète. Au regard de ce qui se passe en Europe on peut estimer que c’est une douce illusion……Il reste alors une solution crédible, à savoir, un partenariat ponctuel pour un engagement ciblé dans lequel les intérêts de deux ou plusieurs nations peuvent converger. Ce partenariat n’aurait rien de pérenne et les associations pourraient varier en fonction de la crise à résoudre. Ce principe préserve notre indépendance de décision tout en soulageant notre effort de défense. N’oublions pas que le fait d’être un des 5 détenteurs « officiels » de la bombe atomique nous oblige à préserver le respect qui nous est dû.

Nous avons aussi un rôle à jouer au sein de l’Europe car, comme l’affirme le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de Guerre : « Il est temps que l’Europe développe son autonomie stratégique ». Il faut donc que les pays de l’U.E. concrétisent les accords de Newport 2014 et arrivent au plus vite aux 2% du P.I.B. consacrés à la Défense. Seuls 4 pays de l’U.E. respectent cette clause : la Grèce, la G.B., l’Estonie et la Pologne (3,7% pour les U.S.A.). L’Allemagne fait un effort avec un budget de 37 Mds € pour 2017, supérieur à celui de la France. 

  1. Nous devons garder notre autonomie :

  • Primo dans le domaine la cyberdéfense, nous sommes déjà à la pointe de l’efficacité, faisons encore un effort pour nous hisser dans le « top 3 », il y va de notre crédibilité au sein d’une force de dissuasion qui n’est plus seulement nucléaire.
  • Secundo, continuer et intensifier les recherches fondamentales et leurs applications dans le domaine de l’armement, tous secteurs confondus. Vendre des armes, certes, car cela profite à notre économie, mais gardons pour nous toute la technologie hautement sensible afin de conserver notre supériorité dans certains secteurs militaires.
  • Tertio, garder une diplomatie « libre » de toute ingérence de quelque puissance  quelle qu’elle fût. N’oublions pas qu’un excellent service de renseignement est la base d’une bonne analyse de la géopolitique donc des réponses à apporter à des situations de crise.

Garder son autonomie stratégique ou la partager relève d’une volonté et d’une décision politique. Les gouvernants auront toujours besoin de l’adhésion d’une majorité de la population, c’est pourquoi, un très grand effort devra être consenti pour améliorer « l’information » et les médias ont à jouer un grand rôle patriotique, de même qu’un gros effort devra être aussi fourni dans le domaine de la formation à la fois des personnels appelés à défendre notre pays mais aussi auprès des jeunes dans le cadre de la formation citoyenne, ils sont notre présent mais aussi notre avenir.

Conclusion

-         Dans toutes les sphères d’influence publiques et privées il faudra développer l’esprit de défense. Qu’avons-nous à défendre au XXIème siècle ?

-         Dans un monde en perpétuelle évolution il est nécessaire de réfléchir à un nouveau Livre Blanc qui proposera, entre autres choses, de nouvelles perspectives européennes. Quelles sont les apports de chacun à une Europe de la Défense et quelle serait le rôle de la France dans ce projet ?

-         Réfléchir à la formation d’une Garde Nationale, force auxiliaire constitutionnelle qui viendrait en soutien de l’armée, de la police et de la gendarmerie. Elle serait mise à la seule disposition du chef de l’Etat. Dans quels cas serait-elle mise en œuvre ? Quelles seraient ses missions ?

Remerciements

Ont participé à l’élaboration du rapport pour le pôle IHEDN d’Arras

EmilieAQUISTAPACE 

Jean-PierreARRIGNON 

ChristianBERQUIER 

FrançoisBIGET 

RobertCARPENTIER

Pierre-YvesDAMBRINE 

AlainDUBOIS 

PierreFARDEL 

RenéFOUSSON

MichelHALLENDER 

LoïcLE MOINE 

FrancisMONTECOT 

ChristophePAYEN 

Jean-PaulPHILIPPON 

Jean-PierreROUSSEL 

et notre ami regretté     Paul-GilbertCOMBLE