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20150114 - Dangerosité du monde : une prise de conscience.

Dangerosité du monde : une prise de conscience.

 

Communiqué commun de Jean-Pierre ARRIGNON, président de l’AA-IHEDN-RN

et de Bernard COGET, délégué général, président honoraire de l’AA-IHEDN-RN.

 

             La dramatique semaine de janvier 2015, marquée par l’horrible massacre de la rédaction de Charlie Hebdo et la prise d’otages du magasin cacher, s‘est achevée par un très lourd bilan humain, victimes civiles et policières confondues, toutes assassinés froidement par des individus parfaitement instrumentalisées pour servir les idées les plus hostiles à notre tradition républicaine. Devant ce carnage, la France, puis, l’Europe, enfin une grande partie du monde se sont sentis solidaires et ont tenu à manifester leur soutien et leur solidarité à notre République dans une manifestation parisienne d’une grande dignité.

 

L'AA-IHEDN-RN Nord-Pas-de-Calais-Belgique-Luxembourg s'est associée naturellement à toutes les manifestations républicaines d’hommage aux victimes, de sympathie aux familles et d’adhésion aux valeurs de la République, tout comme elle a réaffirmé son soutien aux forces de défense et de sécurité.

 

L’historien analysera et traduira objectivement les événements, les autorités le font pour en tirer les postures de sécurité nationale à tenir.

 

Un symbole est né, Paris est devenue capitale du monde, engendrant une prise de conscience citoyenne remarquable. Paris capitale du monde le sera d’autant plus que nous serons capables de porter désormais cette formidable espérance pour en faire la base de notre bien commun.

 

Notre analyse sur la perception des risques et des menaces par les Français était la suivante : « Il n’est plus évident qu’il faille se défendre pour la plupart des Français. Divers facteurs expliquent ce sentiment: l’absence de menaces identifiées ou proches, une société plus individualiste et multiculturelle, l’effacement du concept de nation avec la mondialisation, la disparition de la conscription et la professionnalisation des armées qui a éloigné le militaire des citoyens, les réalités géopolitiques et géostratégiques difficilement perceptibles dans l’immédiat de la vie quotidienne des populations ». 

 

« Le système immunitaire de la nation s’était considérablement affaibli » pour reprendre une formule de notre camarade Jacques DURANSON.

 

Les trois premiers facteurs évoqués semblent désormais balayés : une menace proche est désormais clairement identifiée, l’acceptation d’une société multiculturelle s’accompagne de la volonté d’éviter les amalgames, le concept de nation reprend du sens au-delà des différences.

 

               Le premier message que nous pouvons en retenir concerne le concept de guerre asymétrique qui prévaut aujourd’hui. Ce concept nous a éloignés des terrains de combats. Certes, nos soldats se battent dans des opérations extérieures où ils montrent leurs remarquables qualités opérationnelles mais ces terrains sont éloignés : au Mali, dans la bande du Sahel, en Syrie en Irak. Or, les événements récents viennent de nous faire prendre conscience que nous sommes vulnérables et que la stratégie de la guerre asymétrique, pousse l’ennemi à mener contre nous, loin de ses bases, des opérations dévastatrices car toujours ciblées contre des lieux symboliques. En assassinant les journalistes de Charlie Hebdo, il est clair qu’ils attaquaient un des principes majeurs de nos valeurs républicaines, la liberté de la presse dans sa forme d’expression la plus redoutée : la dérision et l’humour !

 

L’identification claire de la menace, en témoigne le discours du Premier Ministre du mardi 13 janvier à l’Assemblée nationale, doit faciliter la réponse de tous les acteurs de la défense et de la sécurité nationale, prenant en compte ce télescopage « sécurité intérieure-sécurité extérieure ».

 

Des réalités proches aux réalités mondiales, tout milite en faveur d’une « sécurité nationale » qui associe sans les confondre la politique de défense, la politique de sécurité intérieure, la politique étrangère et la politique économique.

 

A l’image du soutien apporté par la population aux forces de l’ordre, les institutions de défense et de sécurité de notre pays doivent recevoir notre appui.

 

Dans la menace terroriste jihadiste de l’Islam radical, il s’agit de combattre autant des idées que des hommes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur

.

Le format et l’articulation adaptés des dispositifs de « sécurité nationale », dans le respect de l’Etat de droit, constituent des enjeux de taille dans un contexte budgétaire contraint.

 

Notre outil militaire en particulier est l’outil qui, en amont, à l’extérieur de notre pays, assure notre sécurité intérieure et qui, dans le cadre du contrat opérationnel des forces armées sur le territoire national (10000 hommes), agit aux côtés de la force publique sur les espaces de notre souveraineté nationale.

 

Alors, il n’est pas pensable que l’affaiblissement de notre outil militaire n’aurait pas un impact sur les capacités de résilience des institutions et des populations.

Alors, il n’est pas pensable que notre défense ne garde pas toute sa crédibilité.

 

Notre défense est crédible sur le plan qualitatif, nos militaires sont des professionnels remarquables, reconnus comme tels par les autres nations.

 

Sur le plan quantitatif, si d’autres théâtres d’opérations extérieures s’imposaient à nous, notre réponse serait sans aucun doute plus difficile. La difficulté serait similaire si d’autres formes de conflits qu’on installe sous le vocable « surprise stratégique » apparaissaient, même si une réponse collective de l’OTAN prévaudrait encore actuellement.

Une problématique analogue se pose sur les matériels.

 

Il convient donc de rappeler le rôle politique essentiel et spécifique d’un dispositif militaire cohérent et suffisant dans notre lisibilité internationale et dans le dispositif plus global de la Sécurité nationale.

 

Ce qui signifie que nous devons être particulièrement vigilants à conserver des capacités conventionnelles complètes et suffisantes, comprenant des capacités d’interventions extérieures nécessaires à la protection de nos intérêts, au respect des accords internationaux qui nous concernent, à la sécurité de nos populations.

 

Une rupture de nos capacités conventionnelles discréditerait de fait, par ailleurs, notre dissuasion nucléaire car elle nous empêcherait de faire face à une montée de l’intensité de la menace par des moyens conventionnels avant d’atteindre si nécessaire le niveau ultime de la dissuasion nucléaire.

 

Si l’avenir de la France est dans l’Union européenne, une Union européenne actuellement « peu visible en tant que telle, n’apparaissant pas comme un partenaire stratégique aux yeux du reste du monde, incapable de parler d’une seule voix en politique étrangère, sans puissance militaire », il dépend largement de sa capacité à garder une puissance militaire crédible.

 

 

 

           Le second message que nous pouvons tirer de cette tragédie concerne la transmission de notre système de valeurs républicaines. Ce sont ces valeurs, laïcité, liberté, démocratie qui doivent être le ciment de notre adhésion à notre communauté nationale.

 

La reconstruction d’un contrat social français solide, fondé sur une concitoyenneté éclairée, apaisée,responsable doit guider nos démarches.

 

Ce second message est aussi celui du sens de la « responsabilité» parce que la démocratie donne de la force à la responsabilité et c’est parce que l’on est responsable que peut s’affirmer la démocratie.

 

Le citoyen est celui qui prend en charge les problèmes et les intérêts de la cité. Il n’est pas contestable qu’il faut une élite responsable, modèle et pédagogue du sentiment de responsabilité.

 

C’est le courage fait de prudence, de générosité, d’action qui a témoigné de cet esprit de responsabilité au cours des événements tragiques que nous avons connus. L’engagement réunit conviction, prévision, les « hommes avaient des tripes» et le sens d’une vie authentiquement humaine : la légitimité de la puissancepublique s’en est trouvée renforcée.

 

La modernité a proclamé les citoyens égaux. On se doit donc de chercher les moyens d’étendre constamment cette conscience de responsabilité chez tous.

 

Favoriser l’éveil du sentiment de responsabilité, l’orienter vers le bien est le secret d’une éducation forte. La responsabilité n’est pas une qualité donnée, une vertu spontanée, elle s’acquiert dans la pratique, se fortifie parfois d’échecs, d’erreurs…En fait la responsabilité est une culture et dans le même temps on peut exiger des citoyens un véritable engagement.

 

Ainsi, l’éducation nationale doit impérativement se sentir désormais au cœur de l’esprit de défense. C’est en transmettant ces valeurs républicaines que notre société pourra trouver sa cohésion au-delà des origines confessionnelles, culturelles et géographiques des individus qui la composent. Il y a là un vaste chantier de reconstruction des lectures de l’histoire, des religions et des sociétés pour que chacun puisse à la fois conserver ses héritages propres en les inscrivant dans un système de valeurs qui les transcende.

 

Alors plus que jamais les membres de l’AA-IHEDN-RN sont déterminés, en particulier dans le cadre du trinôme académique, à participer au développement de l’esprit de défense, à la sensibilisation aux questions internationales dans le cadre du triptyque "Défense-Sécurité nationale-Citoyenneté », à la diffusion des savoirs acquis en matière de défense et de sécurité nationale, à la réflexion citoyenne sur la défense et la sécurité nationale. C’est justement cette réflexion citoyenne qui participera à écarter les amalgames et les « chasses aux sorcières ».

 

  

 

          Le dernier message concerne la mobilisation européenne. Elle a été rapide, nombreuse et surtout porteuse d’espérance. Tous les états représentés dans cette cérémonie ont montré que les valeurs républicaines que la France à forgées dans sa longue histoire sont aujourd’hui reconnues comme porteuse d’unité. De même que Rome jadis se rassemblait autour du culte impérial, symbole de l’unité de l’empire, désormais ce sont nos valeurs républicaines qui jouent ce rôle pour l’Europe. A nous désormais d’assumer ce devoir qui nous est confié pour construire une société capable de trouver son unité non plus à l’intérieur de frontières géographiques, mais dans une adhésion collective à nos valeurs républicaines.

L’enjeu est là aussi de taille.

 

Il y a quelques années déjà on annonçait que le monde multipolaire qui se construisait, serait créateur de paix. La réalité est tout autre.

 

Donner à l’ensemble de pays européens plus de lisibilité internationale en particulier sur le plan de la défense et de la sécurité avant qu’il ne soit trop tard devient essentiel : vers 2040, la majorité hispanique des USA n’aura plus de liens historiques avec le vieux continent et les USA se désintéresseront probablement de l’Europe, l’OTAN qui travaille à sa transformation sera-t-elle encore un parapluie ?

 

La France, dans la posture d’un acteur européen de pointe de la démocratie et de la Paix, mais s’éloignant de « l’angélisme exterminateur »,pourrait proposer d’abandonner le concept d’intervention non létale des traités fondateurs de l’UE qui aliène toute possibilité d’une réelle construction de la défense de l’Europe.

 

Utiliser le Soft power comme concept unique de résolution des menaces devient insuffisant voire dérisoire.

 

La France fait partie des rares pays européens dont les capacités de défense participent de fait largement à la protection et à la défense de l’Union européenne. Alors dans la logique du soutien apporté à la France par les dirigeants européens lors de ses événements tragiques, qu’ils acceptent de sortir les dépenses de défense et de sécurité nationale des pays européens du calcul du taux d’endettement, ce serait une mesure de justice et d’équité.

 

Mieux encore, L’excellence opérationnelle reconnues aux armées françaises qualifierait notre pays pour assurer la protection de l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, ces derniers contribuant au budget dédié à la réalisation de cette mission.

 

Toute l’implication de l’association des auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale de la région Nord (AA-IHEDN-RN) s’inscrit dans l’accompagnement des mesuresprises par nos gouvernants pour répondre aux défis de sécurité nationale: s’informer, débattre, diffuser, sensibiliser, informer, former…

 

Nous sommes une association pour sensibiliser aux questions internationales, contribuer à la diffusion d’une culture républicaine de sécurité nationale et de défense aux citoyens, participer à la construction de l’esprit de défense, de la résilience des institutions et des populations.

 

Nous rejoindre, nous aider dans notre démarche, c’est participer en citoyen éclairé à la défense de la population et du territoire, c’est participer au renforcement de la position de la France dans le monde afin qu’elle assure au mieux sa contribution à la sécurité européenne et internationale, c’est défendre les valeurs du pacte républicain qui lie les Français à l'Etat.