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Rapporteur : Pierre BAUDIN +

Ont collaboré à cette étude : 

Alain BIRON

Pierre ORTIZ

Geoffroy de ROSMORDUC

A participé à certaines séances de travail :

Bénédicte BOREL

 

« A la mémoire de notre ami Pierre Baudin (1932-2014), 

mentor de notre Pôle de Bruxelles et

 rédacteur de ce rapport qui clôt en un point d’orgue

 une vie de service à la France et à l’Europe »

 

 

Table des matières

INTRODUCTION.. 1

PREMIERE PARTIE : LA PROBLEMATIQUE.. 3

A.        Introduction. 3

B.         Analyse de la situation. 3

C.         Un modèle de développement pour l’Asie. 4

D.        Le monde vu par les trois grands Etats d’Asie. 4

E.         L’UE vue par les trois grands Etats de l’Asie. 5

F.         Des dénominateurs communs. 6

DEUXIEME PARTIE : LES PERSPECTIVES. 8

A.        Le glissement progressif de la Chine du « smart power » vers le « soft power »  8

B.         La montée en puissance de l’UE, notamment par rapport aux Etats-Unis. 11

C.        Les mesures nécessaires à prendre, dès à présent, par l’UE pour lui assurer sa place en Asie  11

Annexe 1 - Définitions concernant les Etats d’Asie. 14

Annexe 2 - La route de la soie. 15

Bibliographie

 

 

INTRODUCTION

Le sujet soumis à la réflexion des auditeurs est le suivant :

« L’Asie du Sud-Est, entre Inde et Chine, entre Etats-Unis, Japon et Europe : néo émergence, géopolitique, sécurité ».

Ce sujet est assez abscons, voire amphibologique. Il est donc nécessaire de le définir et de l’analyser avant de déterminer les orientations qu’il suggère.

  1. Définition du sujet :

Quatre mots-clés peuvent être retenus :                                        

Asie du Sud-Est

L’Asie du Sud-Est comprend de nombreux Etats (Annexe 1) ;  mais il faut se restreindre en tenant compte du potentiel à 10-15 ans de la plupart de ces Etats à devenir beaucoup plus que ce qu’ils ne sont  aujourd’hui. Par ailleurs, on peut regretter que la Russie n’ait pas été mentionnée contrairement aux Etats-Unis et à l’Union européenne (UE).

Néo émergence :

Terme amphibologique qu’il faut essayer de définir. Il peut signifier qu’il y a de nouveaux Etats qui émergent ou que d’anciens Etats modifient leur émergence, principalement sur le plan économique. Pourquoi « néo » ? Ceci fait allusion à l’échec socio-économique des « émergents traditionnels », tels que les BRICS, surtout le Brésil et l’Afrique du Sud sans oublier l’Inde et la Chine. Ces Etats sont en transformation (chute de leur devise, dette colossale, hausse du coût de la vie, etc.). Mais veut-on parler d’une autre forme de néo émergence, cette néo émergence qui est le fait d’Etats désirant devenir une puissance régionale ?

Géopolitique :

Ces modifications génèrent-elles des modifications de la géopolitique actuelle ? Quel brassage de la puissance pour la génération suivante ? (cf. la problématique découlant de la deuxième définition ci-dessus).

Insécurité :

Ce brassage, est-il porteur d’insécurité, voire de menaces au plan régional d’une part, et pour les Etats occidentaux d’autre part ? C’est plus que probable.

2. Analyse du sujet :

Les Etats mentionnés dans le sujet sont présentés sous forme de bi-trinômes. Doit-on en déduire qu’il n’existe pas de modèle de développement commun à tous les Etats de l’Asie du Sud-Est ? N’y aurait-il pas, en revanche, une certaine unité dans le regard et la perception qu’ils ont des Etats-Unis et de l’UE ? Si la Chine se sent menacée par les Etats-Unis, il ne semble pas que cela soit le cas des deux autres Etats. Quant à l’UE, elle ne menace personne; au contraire, la manière dont la Chine, l’Inde et le Japon la perçoivent aujourd’hui devrait l’inciter à travailler pour améliorer sa position dans le Sud-Est asiatique. Par ailleurs, les seuls Etats en devenir de puissance d’intervention seraient la Russie et la Chine; il conviendrait d’en tenir compte.

Les interventions / mesures de défense des Etats-Unis et de l’UE ne peuvent pas être mises sur le même pied. L’intervention américaine est globale (défense, monétaire, économique et/ou commerciale, culturelle) et induit une politique de « smart power »; celle de l’UE est essentiellement économique, commerciale et normative et induit une politique plutôt de « soft power ». 

Le sujet cite l’UE, en tant que telle. Mais peut-on aussi avoir des interventions bilatérales des Etats-membres de l’UE (appelés par la suite Etats-membres), et avec quelle influence et / ou quelles chances de réussite? C’est la pratique de la Chine et de l’Inde depuis longtemps de diviser pour régner en s’adressant aux Etats-membres séparément en fonction des intérêts respectifs. Le développement de la présence de l’UE en tant que telle devrait permettre de renforcer la présence / influence européenne, et donc, de ce fait, celles des Etats-membres.

L’ANASE (ASEAN en anglais) pourrait-elle créer dans le futur une structure de sécurité collective, ou devrait-on créer une structure ou un dispositif qui éviterait une confrontation directe entre la Chine et les Etats-Unis, par exemple? A l’heure actuelle, ni la Chine, ni le Japon, ni l’Inde ne font partie de l’ANASE. Depuis 1995, la Chine, le Japon et la Corée du Sud font partie de l’ANASE+3 (APT). L'APT permet aux Etats de l'ANASE de se renforcer dans les négociations internationales notamment à l’OMC pour contrebalancer l'influence de l'UE et de l’ALENA. Cette organisation garde toutefois un caractère plutôt économique et commercial.

Le Pôle de Bruxelles se propose de répondre  à ce vaste sujet :

  • en analysant, dans une première partie, la vision de l’UE qu’ont les trois grands Etats de l’Asie de l’Est (la Chine), du Sud-Est (le Japon) et du Sud (l’Inde).
  • en proposant, dans une seconde partie, les mesures que devrait prendre l’UE pour qu’elle puisse trouver, à terme, sa place de puissance dans le concert de cette région.

PREMIERE PARTIE : LA PROBLEMATIQUE

  1. Introduction

Nous avons vu que le sujet retient cinq Etats : d’une part, l’Inde, la Chine et le Japon qui seraient de nature à créer des modifications des équilibres régionaux, voire mondiaux, et, d’autre part, les Etats-Unis et l’UE. Il est difficile d’accepter qu’en situation de mondialisation, seuls ces cinq Etats soient à retenir. En effet, il s’est créé des lacis de relations, souvent croisés, qui participent à un maintien d’une paix, certes fragile.

Le sujet se présente sous forme d’un binôme (Inde et Chine), et d’un trinôme (Etats-Unis, Japon et Europe). C’est une carte forcée. On ne peut admettre que seuls les Etats-Unis et l’UE se projettent en Asie, surtout quand on sait que la Russie fournit l’Inde en armes et qu’elle est particulièrement vigilante en ce qui concerne la Corée du Nord. Mais une autre explication est possible qui unit le binôme et le trinôme. En effet, dans un futur assez proche, le trinôme «  Etats-Unis, UE et Japon » risque de s’affaiblir face à la montée en puissance d’un éventuel binôme « Inde, Chine ».

B.      Analyse de la situation

Nous sommes en présence de situations nouvelles, avec des Etats qui rendent obsolètes les classifications habituelles, telles que bipolarisme ou multipolarisme. Cette approche de multipolarisme, notamment, ne saurait être retenue pour trois raisons :

  • la situation actuelle comprend des pôles dominants, mais sans action directe sur les autres Etats ;
  • sur l’ensemble de ces pôles dominants s’exercent, à des degrés divers, des interventions de puissances étrangères (Etats-Unis, Russie, UE, etc.) ;
  • il y a des électrons libres tel que Singapour.

En réalité, l’affaiblissement, voire la disparition de l’ordre occidental conduirait, non pas à un monde multipolaire, mais un monde apolaire, un monde de grand chaos. Cette dispersion croissante du pouvoir est l’une des quatre mégatendances, contenues dans le rapport du Conseil national du renseignement américain dont un des auteurs principaux est Matthew Burrows. Les autres mégatendances sont : la croissance spectaculaire de la classe moyenne, la croissance et le vieillissement de la population et une lutte croissante pour des ressources de plus en plus rares en nourriture, en eau et en énergie.

En fait, l’expression « aire stratégique » concernant  l’Asie est plus significative, mais n’apporte rien de plus, si ce n’est que l’attention est attirée sur le fait que, dans cette zone, peuvent surgir des éléments de dangerosité dont on ne connait pas les limites, mais contre lesquels il faut se prémunir dès à présent. 

Parmi les éléments de menaces, pourraient subvenir des attentats violents du type attentats à la bombe, assassinats ou enlèvements contre rançon. Rien de tel n’a lieu, de façon systématique, sauf dans des régions de certains Etats où existe une minorité musulmane, à savoir la Chine ou l’Inde. Des extrémistes ouighours n’hésitent pas à commettre, de sang-froid, en plein jour, des attaques à l’arme blanche.

C.      Un modèle de développement pour l’Asie?

A priori, on ne saurait envisager un modèle unique de développement asiatique parce que les régimes politiques de certains Etats sont très différents. Cependant cette situation est en train d’évoluer. Au niveau intérieur, les règles économiques s’appliquent du moment où existe une ouverture sur l’extérieur, ce qui est le cas pour tous les Etats d’Asie. Au niveau extérieur, ces derniers ne peuvent être insensibles aux relations internationales puisqu’ils ont décidé, précisément, de s’ouvrir vers l’extérieur, ce qui permet d’être plus attentif à l’évolution internationale.

Les réalités culturelles et philosophiques étant différentes, on pourrait supposer une différenciation dans la compréhension de l’autre. Dans ce cas, également, les mentalités évoluent grâce à l’Internet, aux échanges entre hommes d’affaires, voire entre étudiants. Une telle évolution varie selon les classes sociales de la population. Plus on « descend » dans ces classes sociales, moins cette évolution se fait sentir.

Quant à l’UE, elle ne saurait être un modèle de développement pour l’Asie.

D.      Le monde vu par les trois grands Etats d’Asie

On  pourrait supposer que les regards portés par les trois grands Etats d’Asie présentent une certaine unité. Or, ceci n’est pas la réalité. 

La Chine considère que le monde est entièrement régi par les rapports de force. Consciente d’avoir été déchue de sa prééminence à cause de sa faiblesse militaire et technologique (ce qui est en train de changer rapidement) ainsi que de son inaptitude à comprendre et à jouer le jeu diplomatique mené par les Occidentaux, elle est déterminée à ne plus accepter cette situation. Dès lors, la Chine saura-t-elle, suite à la mondialisation, s’affranchir de la vieille culture de l’Empire du Milieu pour comprendre que l’Asie n’est plus son domaine réservé et pour concevoir que l’ordre international est un jeu d’interactions bien plus complexes qu’une simple hiérarchie à une seule tête.

L’Inde, dotée d’une élite urbaine imprégnée d’une culture anglaise et acquise aux idées démocratiques, dotée d’institutions solides et d’infrastructures léguées par l’ancienne puissance coloniale, a fait le choix d’être un Etat non-aligné. Elle doit encore démontrer sa capacité à tirer pleinement profit de la nouvelle donne mondiale. Mais, confrontée à de nombreux défis tels que l’accès aux ressources d’eau potable et l’obsolescence des circuits de distribution de l’eau dans les villes, elle poursuit sa révolution technologique en envoyant avec succès, le 5 novembre 2013, une sonde vers la planète Mars.

Le Japon, suite à la guerre et à l’occupation américaine, est devenu un « morceau d’Occident », sans en partager ni l’histoire, ni la culture. Il n’a pas la même grille de lecture que les acteurs du camp où il a été inclus, d’où une relation d’amour-haine avec le centre du monde (les Etats-Unis) et un malaise identitaire permanent. Il connait les affres de tous les Etats développés face aux nouvelles économies et une grande inquiétude devant la Chine.

E.      L’UE vue par les trois grands Etats de l’Asie

Comme le dit J.-M. Bouissou dans sa préface de « Le Monde vu d’Asie », nous sommes « habitués à placer le centre du monde en Occident [et] nous peinons à concevoir que, aux yeux des grandes civilisations d’Asie, c’est nous qui sommes des  ‘barbares’ ». Il est donc intéressant de voir, à grands traits, comment l’UE, en particulier, est perçu par ces grands pays d’Asie.

Ces grands traits, que l’on retrouve dans la plupart des analyses, sont les suivants :

  • L’UE ne constitue pas un partenaire stratégique pour eux.
  • L’échec de l’UE à parler d’une seule voix en politique étrangère, la crise de la dette et de l’Euro ont tendu à la faire disparaître de la carte géopolitique du monde vue par les trois géants de l’Asie.
  • Sur les grands dossiers importants pour eux (sécurité régionale, gouvernance globale) les Asiatiques se positionnent d’abord par rapport aux Etats-Unis et, pour Pékin, et plus encore pour New-Delhi, par rapport aux autres grands Etats émergents.
  • La Chine attend de l’UE un accès à ses technologies, un soutien contre les récriminations incessantes américaines touchant les politiques économiques chinoises (protectionnisme, dévaluation du yuan), une relation stratégique pour faire pièce à la puissance américaine. Là, l’UE a déçu ces attentes.

Pour les Chinois, l’UE peut toujours renforcer son cadre institutionnel et son assise économique pour venir à bout de ses problèmes actuels. Ils estiment que la priorité politique devrait, au cours des prochaines années, être celle d’une plus grande productivité et d’une meilleure compétitivité européenne. Il est clair que, pour eux, la pérennité et le développement de l’euro comme monnaie de réserve internationale est dans leur intérêt.

Les Chinois voient aussi comme une source d’opportunité pour l’UE celle d’assoir une plus grande intégration fiscale, jugée nécessaire au sein de la zone euro. Ils perçoivent la création du Service européen d’action extérieure (SEAE) comme une avancée pour l’identité de l’UE dans le monde, mais ils anticipent qu’il faudra du temps pour qu’émerge une politique étrangère européenne autonome des Etats-Unis plus cohérente et intégrée à l’échelle internationale qu’ils accueilleraient favorablement. Quant à elle, l’UE s’irrite du déficit croissant de ses échanges commerciaux avec la Chine.

  • L’Inde : les fondamentaux économiques européens se sont révélés, pour les Indiens,  être moins solides qu’ils ne les avaient envisagés avant la crise. Pour autant, ils suivent de près les développements en cours dans la zone euro, notamment parce que le sauvetage de l’euro sert aussi leurs intérêts.

L’engagement géopolitique de l’Inde avec l’UE relève davantage d’une approche au cas par cas que de grandes lignes stratégiques clairement définies. Ils estiment qu’il y a une dichotomie entre les relations économiques et les relations politiques indo-européennes. Ils considèrent, cependant, qu’une approche de plus en plus stratégique devrait être adoptée, notamment dans le domaine de la sécurité et de la Défense.

  • Le Japon : dès l’origine, cet Etat fut sceptique à l’égard de la construction européenne. La politique européenne du Japon s’est réduite à des négociations commerciales visant à jouer d’un Etat européen, notamment le Royaume-Uni, contre un ou plusieurs autres. Il aura fallu le Marché unique et l’euro pour que le Japon prenne l’UE plus au sérieux.

Dans ce paragraphe, nous avons analysé le regard porté par les trois grands Etats d’Asie sur l’UE, en tant que telle. Mais la Chine, notamment, s’est investie en France, dans les entreprises PSA, Club Med, Isigny par exemple. Elle a aussi voulu établir des relais portuaires (Abou Dhabi, le Pirée). Le port de Zeebrugge a refusé toute participation. Une des raisons d’établir cette chaine portuaire est d’être en mesure de charger des conteneurs, notamment, de produits de contrefaçon et de sécuriser ses approvisionnements. L’UE a dû déléguer des inspecteurs des douanes à partir de ces ports.

F.      Des dénominateurs communs

Dans les paragraphes ci-dessus, nous avons surtout insisté sur les différenciations entre Etats d’Asie. Mais n’y aurait-il pas, en revanche, des dénominateurs communs à ces Etats ? Ce dénominateur central pourrait être l’explication des troubles sociaux, qui y sont présents. Il découle de l’inégalité croissante des revenus. En effet, 83 milliardaires, souvent titulaires de deux passeports, siègent au Parlement chinois. Les cadres du Parti se retrouvent à tous les niveaux de la vie économique de la Chine. Dès lors, la tentation et la réalité de la corruption sont grandes. Comprenant le danger, le 3ème plenum du 18ème Comité central du Parti a réagi en plaçant la lutte contre la corruption en tête de ses réformes prioritaires.

Ces troubles sociaux peuvent avoir comme origines certaines anomalies locales (problèmes des castes en Inde, politique de l’enfant unique en Chine…). Mais, tous ces Etats ont un dénominateur commun : le rejet de la corruption. Ce rejet, qui d’ailleurs est propre à de très nombreux Etats dans le monde, entraine une révolution à partir de la base. On rejoint, dès lors, la question du modèle de développement des Etats d’Asie qui pourrait ainsi trouver une réponse dans le futur, en particulier via la lutte contre la corruption et l’écologie.

Ces troubles sociaux ne se manifestent pas, en général, de façon violente comme dans les Etats musulmans en Afrique. Dès lors, le « soft power » ou, éventuellement, le « smart power », pourrait être utilisé dans l’évolution future des Etats d’Asie.

En conclusion, la situation actuelle dans les Etats d’Asie comporte des éléments de continuité, mais surtout des éléments d’évolution dont on ne peut connaître la finalité. Il convient donc de rechercher quelle pourrait être l’hypothèse la plus plausible sans, toutefois, connaître l’évolution des Etats non asiatiques qui, actuellement projettent une ombre portée sur ces Etats d’Asie.


DEUXIEME PARTIE : LES PERSPECTIVES

La question se pose maintenant de savoir s’il faut utiliser des scenarii, sachant que les deux scenarii de l’extrême : « rien ne se passe » et « tout explose » peuvent a priori être écartés. Multiplier les scenarii serait sans intérêt et, surtout, nous amènerait à dévier du raisonnement développé dans la première partie.

Dès lors, cette partie « perspectives » va s’articuler autour de trois idées :

  • le glissement progressif de la Chine du « smart power » vers le « soft power » ;
  • la montée en puissance de l’UE, notamment par rapport aux  Etats-Unis ;
  • les mesures nécessaires à prendre, dès maintenant, par l’UE pour lui donner les moyens d’assurer sa place en Asie.

A.      Le glissement progressif de la Chine du « smart power » vers le « soft power »

1. Le « smart power » de la Chine

Il se manifeste de trois façons :

  • le grignotage : La Chine est suffisamment perspicace pour savoir jusqu’où ne pas aller trop loin. Les Etats-Unis ne vont pas déclencher une guerre nucléaire, ni même classique (qu’ils risquent de perdre) pour quelques cailloux (récifs Flery Cross, arrachés par les armes au Viêt-Nam par la Chine), ni même pour le Tibet malgré des protestations spectaculaires, mais vaines. La Chine absorbe donc certaines territoires jusqu’au moment où elle constate que la réaction adverse est trop forte (îles Diaoyu-Senkaku).
  • le collier de perles :   le collier de perles est une stratégie mise au point par la Chine pour garantir la sécurité de ses voies d'approvisionnement maritimes jusqu'au Moyen-Orient, ainsi que sa liberté d'action commerciale et militaire. Elle se manifeste  par le rachat ou la location d'installations portuaires et aériennes échelonnées jusqu'à Port-Soudan. Elle a aussi pour but d'encercler l'Inde par des ports au Sri Lanka, au Pakistan, en Birmanie et au Bangladesh
  • les prétentions territoriales : d’une toute autre dimension sont les prétentions territoriales de la Chine sur Taiwan et sur les îles Saikaku de la Mer de Chine du Sud, (position stratégique et réserves éventuelles de pétrole). Celles-ci ont été nationalisées par le Japon en 2012 suite à l’achat par le Japon de ces cinq îles inhabitées à leur propriétaire japonais, déclenchant des protestations chinoises concrétisées par des intrusions de navires chinois dans les eaux contestées, tandis que le Japon y déployait des missiles factices au cours de manœuvres réelles.

La réponse des Etats-Unis à cette stratégie se manifeste de deux façons :

  • les mesures défensives.

Elles sont fondées sur le principe du « containment », c’est-à-dire, notamment, l’arrêt du grignotage de territoires par la Chine, mais aussi sur l’idée de bases de contre-attaques éventuelles contre la Chine. Elles consistent à établir un contre-chapelet au collier de perles établi par la Chine : Diego Garcia (territoire britannique de l’Océan indien), Guam, etc.

Plus récemment, les Etats-Unis ont fait appel à leurs alliés pour  avoir accès à leurs territoires : Djibouti pour la France et Port-Darwin pour l’Australie. Port-Darwin devient une très importante base américaine. Les Etats-Unis s’appuient aussi sur les Philippines et Singapour. 

Un cas particulier : Okinawa. Depuis le Traité Etats-Unis-Japon de 1960, 47 000 soldats américains sont présents au Japon. Suite à certaines manifestations d’hostilité à l’égard des troupes américaines, un nouvel accord a été signé, le 22 avril 2013. Il stipule que 9 000 Marines doivent quitter l’île d’Okinawa et seront déployés, aux frais du Japon, sur les îles américaines de Guam, d’Hawaï et sur d’autres territoires dans le Pacifique. Autrement dit, un desserrement qui crée un second rideau du « containment » américain.

  • les mesures offensives

Elles concernent essentiellement tous les instruments qui permettent de conduire la troisième guerre mondiale, à savoir :

  • La cyber guerre. En se positionnant encore au plus près de la Chine, les Etats-Unis peuvent déployer leurs « longues oreilles », leurs instruments de contre-mesures, voire lancer des satellites.
  • Le renforcement de la VIIème flotte qui permettrait d’intervenir rapidement comme flotte d’interposition en cas de confrontation entre le Japon et la Chine.   
  • L’entretien et la modernisation des bases aériennes américaines au Japon, notamment à Okinawa d’où partaient les avions qui bombardaient le Viêt-Nam.

  1. Le glissement  de la Chine vers le « soft power »

Il se manifeste de façon subreptice. En effet, certaines actions peuvent être interprétées comme une ouverture vers le « soft power ». Pour la première fois depuis sa création, la République populaire de Chine a brûlé, devant une centaine de personnes comprenant, notamment des journalistes, des hommes politiques et des ONG, huit tonnes d’ivoire saisies douane.

Par ailleurs, le Premier ministre chinois a déclaré qu’il plaçait la protection de l’environnement en tête de ses objectifs avec la lutte contre la corruption, ce qui donnera à l’UE des possibilités d’aide durable.

La Chine a aussi décidé de laisser jouer le marché. En effet, le gouvernement prévient qu’il n’interviendra plus pour éviter les défauts de paiement des entreprises chinoises. Le premier cas est survenu au début de mars 2014. Un fabricant de panneaux solaires de Shanghai, Chaori Solar, incapable d’honorer les intérêts sur les obligations émises, voici deux ans, a déposé le bilan  C’est la première fois qu’une entreprise privée chinoise fait faillite sans qu’un gouvernement local ou une banque publique lui vienne en aide. Est-ce un tournant ? La Chine accélère l’ouverture de son économie au marché pour attirer les capitaux privés dans des secteurs contrôlés jusqu’à présent par le monopole de l’Etat. Mais Pékin vise aussi un autre objectif : lutter contre le fléau de la finance parallèle avec ses sociétés  de crédit informelles, qui agissent à la lisière de la légalité et alimentent les dettes publiques.

Au niveau du binôme Chine-Inde, la Chine revendique toujours une grande partie de l’Etat indien de l’Arunachal Pradesh. Mais le Premier ministre chinois Li Keqiang s’est rendu à New Delhi, le 30 mai 2013 et a déclaré : « ma visite a trois objectifs : la confiance mutuelle, une coopération renforcée et regarder vers l’avenir ». Mais il a aussi ajouté : « la paix mondiale ne peut être une réalité sans une confiance stratégique entre l’Inde et la Chine ». Cette affirmation corrobore le lien Inde-Chine mentionné dans le sujet de l’IHEDN.

Cependant, il ne faut pas oublier la « bombe chinoise », à savoir le taux d’endettement global de la Chine. Les dettes accumulées par l’Etat, les pouvoirs locaux, les entreprises et les ménages représentent 200% du PIB contre 130% en 2008. Le FMI s’inquiète d’ailleurs de la vulnérabilité croissante du secteur financier, de l’immobilier et des pouvoirs locaux. C’est pourquoi, la visite de Li visait également à doper les échanges entre les deux Etats les plus peuplés du monde. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Inde avec 67 milliards de dollars en 2012. L’objectif est d’atteindre 100 milliards en 2015.                                                          

La Chine, dans son glissement vers le « soft power », a lancé un projet grandiose, à savoir l’ouverture de la route de la soie (Annexe 2). Elle se projette ainsi sur l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique. Toute cette approche qui s’opère sans perdre la face, s’accompagne d’un arsenal militaire qui s’accroit fortement. Cet arsenal, pour l’instant, ne parait pas devoir être utilisé dans le développement de la politique de la Chine, mais découragerait plutôt ceux qui seraient tentés de s’opposer à cette politique. Cependant, selon l’Amiral Samuel Locklear, commandant des forces américaines en Asie-Pacifique, la puissance sous-marine en cours de modernisation est remarquable. La Chine aura, au cours de la décennie, une force assez bien modernisée de 60 à 70 sous-marins SNLE, ce qui est beaucoup pour une puissance régionale. Avec le nouveau missile nucléaire de 7 500 km de portée, la Chine aura une capacité en mer crédible.

  1. La montée en puissance de l’UE, notamment par rapport aux Etats-Unis

Le Parlement européen, dans une résolution du 23 mai 2012, exigeait dans les échanges avec la Chine le principe de la réciprocité et constatait que le Chine ne remplissait pas les critères de l’économie de marché. Il demandait à la Commission de défendre les intérêts industriels de l’UE et d’aplanir la concurrence monétaire.

Les exportations de l’UE vers la Chine ou l’Inde sont essentiellement des exportations de biens de haute technologie. Ces transferts de technologie, qui ne sont pas bien vus de la part des Etats-Unis, sont essentiels pour la Chine si elle veut se maintenir dans le peloton de tête. Inversement, la Chine exporte vers l’UE des biens de consommation courante qui mettent à mal les PME de l’UE, car ils sont vendus à un prix très bas. Avec le glissement de la Chine vers le « soft power », on peut s’attendre à un rééquilibrage de la balance commerciale et, également, à une ouverture moins sélective du marché chinois.

Le cas des composants et modules photovoltaïques est exemplaire. La Commission a décidé d’infliger des droits de douane progressifs, au risque de déclencher des représailles, sur ces panneaux solaires, vendus par la Chine 47% en dessous du prix de revient. Finalement, un compromis a été trouvé ; mais cette affaire a prouvé la division des membres de l’UE (Allemagne contre France et Italie). Si, comme elle l’annonce, la Chine entend ne plus soutenir ses entreprises en défaut de paiement, un  tel conflit ne surviendrait pas dans le futur. L’exemple de Chaori Solar, cité ci-dessus, est une preuve de cette volonté. La plus grande entreprise de panneaux solaires, Suntech, a également déclaré que, sans l’aide des pouvoirs publics dont elle bénéficiait, elle devrait déposer son bilan.

A l’avenir, on peut s’attendre à une montée en puissance de l’UE, mais aussi, de ce fait, à une relance de certaines PME françaises. Quant aux Etats-Unis, il semblerait difficile de croire qu’une telle situation puisse avoir lieu, compte tenu des affrontements passés. Il existe donc une fenêtre d’opportunité pour l’UE.

C.      Les mesures nécessaires à prendre, dès à présent, par l’UE pour lui assurer sa place en Asie

Ces mesures sont principalement :

1. Une UE plus unie, que ce soit au travers des institutions de l'UE, ou par une coopération plus étroite entre les Etats-membres, là où des groupements de coopération renforcée prévalent comme celui de la zone Euro12 ou dans celui de la défense. Cette approche plus unie devrait être prioritaire, notamment afin de :

a. garantir un avenir durable pour l’euro en le dotant en particulier de structures nécessaires et comparables au dollar en tant que monnaie de réserve internationale, y compris via le développement d’un marché intégré des emprunts d’Etat (sous forme d’obligations européennes) et un renforcement des compétences de la Banque centrale européenne.

b. accroitre les réformes structurelles nécessaires pour développer le marché unique et le rendre plus compétitif afin de maximiser l'emploi et la croissance en Europe.

c. renforcer les perspectives de coopération dans le domaine de la défense afin que les capacités européennes restent crédibles au niveau international.

2. L’analyse de l’UE sur les développements du commerce international (notamment le rôle et le degré d’importance de l'intégration et de la libéralisation au niveau régional par rapport aux accords mondiaux) s’avèrera être un facteur de plus en plus significatif pour sa vision de l’importance commerciale de la Chine et de l'Inde sur le long terme. Ceci est à mettre en parallèle avec le souhait apparemment plus ambitieux de certains Chinois « d’un partenariat unique » avec l'UE, par rapport à l’idée, évoquée par quelques Indiens, de l’Inde comme « un pont entre l'UE et l'Asie».

3. Dans le domaine politique, la coordination et la diffusion au sein du Service européen d’action extérieure (SEAE) d’une partie des travaux de recherche et d’analyse des Etats-membres sur la Chine et l'Inde, l'unité d'analyse au niveau européen étant un préalable nécessaire à l’unité d’action et à l’élaboration d’une vision plus cohérente et stratégique sur le long terme. Cela n'impliquerait pas de ressources supplémentaires, mais une coordination plus poussée entre les ministères des Affaires étrangères des différents Etats-membres, leurs ambassades et le SEAE, ainsi que ses délégations. Cette démarche serait évidemment particulièrement bénéfique pour les États-membres qui ont le moins de ressources et d’informations au niveau national et leur permettrait, en retour, de soutenir et de participer pleinement aux initiatives conjointes, en particulier dans les domaines où la coopération intergouvernementale est primordiale.

4. Deux groupes de travail pourraient être établis au sein du SEAE : l'un pour coordonner l’engagement européen sur le plan culturel avec la Chine, et l’autre pour soutenir une coopération plus cohérente avec l'Inde dans le domaine de la défense et de la sécurité. Cela ne devrait pas, là non plus, exiger de ressources nouvelles, mais une plus grande attention portée aux initiatives et structures existantes. Dans le domaine culturel, il serait prioritaire d’inclure, outre les initiatives de la Commission européenne, une large gamme de musées nationaux, d’orchestres, d’éditeurs, de médias. Tout comme dans le domaine de la sécurité et de la défense, faire en sorte, par exemple, que les entrepreneurs européens ne rivalisent pas entre eux lorsque cela n’est pas nécessaire sur des marchés tiers, pourrait aussi donner au SEAE une opportunité supplémentaire d’asseoir le caractère unique de sa position, celui de rassembler au sein d’un seul effort des intérêts nationaux parfois disparates et même opposés afin de maximiser le gain commun.

5. L’émergence des géants asiatiques nous contraint à penser en des termes qui vont au-delà du court terme et de l’immédiat. Que les profonds changements qui en découlent soient de mieux en mieux compris par les citoyens européens est certainement un effet très significatif de la crise. La chancelière allemande Angela Merkel a eu raison, lors de son discours devant le Parlement allemand, le 7 septembre 2013, de placer l'impératif de réforme de la zone euro dans ce nouveau contexte mondial, dans lequel une Europe pleinement unie ne représente que moins de 10% de la population mondiale et plus de 20% du PIB mondial. Il semblerait donc important, en considérant une vision commune plus démocratique pour l'UE, de réfléchir à la place que l’UE voudra occuper dans le monde à plus long terme (quelques dizaines d’années) et à ce que cela impliquera pour elle, non seulement en termes de prospérité et de puissance, mais aussi pour ses valeurs, pour sa perception unique et singulière de l'humanité et sa culture. A quel point il est, par conséquent, urgent que les Européens trouvent une plus grande unité de sens et une plus grande confiance en leurs propres capacités.

Ainsi que l’écrivait le Général Duquesne ; « Avec la mondialisation, l’Europe offre une échelle pertinente dans la recomposition géopolitique autour d’Etats-continents comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie…(pour) rendre plus lisibles les enjeux de l’UE dans sa profondeur stratégique, à la fois zone d’intérêts économiques et zone d’influence ».


Annexe 1 - Définitions concernant les Etats d’Asie

Sous le vocable « Asie de Sud-Est », l’IHEDN recouvre les 11 Etats suivants : Chine, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Philippines, Singapour et Vietnam. Ces Etats sont explicitement cités dans la note d’orientation. La Birmanie, le Sultanat de Brunei, le Cambodge, le Laos et la Thaïlande sont implicitement compris pour arriver au nombre de 617 millions d’habitants.

Compte tenu de l’orientation du rapport du « Pôle Bruxelles », il ne sera retenu que les « Trois Grands » : la Chine, l’Inde et le Japon. Cependant, il faut noter que ces trois Etats appartiennent à trois zones géographiques différentes :

  • l'Asie de l'Est (ou Asie orientale) est une région  d’Asie, comprenant la Chine, Taiwan, le Japon, la Corée (Corée du Nord, Corée du sud),  la Mongolie (parfois rattachée à l’Asie Centrale) , éventuellement Vietnam et Singapour pour des raisons culturelles (ces deux derniers Etats peuvent aussi être rattachés à l'Asie du Sud-Est de part leur situation géographique). L'Extrême-Orient russe peut aussi être rattaché à cette région. Il est couramment associé à la notion d’Extrême-Orient.
  • L'Asie du Sud est la région méridionale de l'Asie. Elle comprend le sous-continent indien (Bangladesh, Bhoutan, Inde, Maldives, Népal, Pakistan et Sri Lanka) mais peut également comprendre l'Afghanistan, la Birmanie, l'Iran et le Tibet chinois.
  • L’Asie du Sud-Est est constituée des Etats suivants : la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Timor oriental et le Vietnam.


Annexe 2 - La route de la soie

En 2013, le Président chinois Xi Jinping, au cours de ses déplacements au Kazakhstan, en septembre, et en Indonésie, en octobre, a proposé de construire ensemble « une ceinture économique de la Route de la Soie »(CERS) et « une Route de la soie maritime du XXIe siècle ». Elles sont toutes les deux fondées et axées sur la coopération économique et soutenues par les échanges socioculturels. Elles comprennent cinq volets principaux :

-la coordination des politiques : les Etats concernés pourraient procéder à d’amples échanges sur leurs stratégies et politiques économiques, réaliser, en recherchant un terrain d’entente par-delà les divergences, un rapprochement de leurs stratégies de développement et définir ensemble les plans et les mesures de coopération régionale.

-l’interconnexion des voies de communication : l’objectif est de rechercher activement des moyens pour améliorer les infrastructures de transport transfrontalier, mettre en place progressivement un réseau de transport couvrant les différentes sous-régions asiatiques et reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

-la facilitation des échanges : il s’agit de discuter de la facilitation du commerce et de l’investissement et de prendre des mesures appropriées pour faire tomber les barrières et, ainsi, accélérer et améliorer la circulation économique dans la région dans le but de libérer pleinement le potentiel des Etats riverains en matière de commerce et d’investissement et d’agrandir le domaine de la coopération.

-la circulation des monnaies : il convient de promouvoir le règlement en monnaies locales et le « swap » des devises, de renforcer la coopération financière bilatérale et multilatérale et de mettre en place des institutions financières régionales pour le développement afin de réduire le coût de transaction, de renforcer, grâce à des arrangements régionaux, la capacité de la Chine à faire face aux risques financiers et à améliorer la compétitivité internationale des économies régionales.

-le rapprochement des peuples : les Etats ont besoin de consolider la base populaire de leurs relations en encourageant les échanges et dialogues et en multipliant les contacts d’amitié entre leurs populations.

La Chine souhaite ainsi prendre une part plus active aux affaires internationales et régionales et jouer ainsi son rôle de grand Etat responsable.

                                                                                    Article de Jiang Jiang  

(Source : « L’Orient, le jour »  Revue de presse du 15 mars 2014.)

Bibliographie

« Le monde vu d’Asie » ; Mathieu Duchâtel, et Guibourg Delamotte ; édition Philippe Picquier 2012 ; 157 p.

« Les géants d’Asie  en 2025» ; Jean-Marie Bouissou, François Godementt et Christophe Jaffrelot ; édition Picquier poche ; 2012 ; 174 p.

« Le monde vu d’Asie » ; Mathieu Duchâtel, Max-Jean Zins, Guibourg Delamotte ; ed. Picquier poche ; 2013 ; 157 p.

« La puissance militaire chinoise, mythe ou réalité ? » ; Emmanuel Puig ; Revue « Défense » n°162, mai-juin 2013

« La profondeur stratégique » ; Général Duquesne ; Revue « Défense » n° 164

« Rapport du Conseil national du renseignement américain » ; Résumé dans le journal « Le Figaro » du 13 décembre 2012

« L’Europe vue de Chine et d’Inde depuis la crise : nouvelles perspectives des grands Etats émergents asiatiques » ; K. Lisbonne-De Vergeron ;  Ed. Fondation Robert Schuman, 2012, 79 p.

               

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