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Cycle d’études 2015-2016 –

Rapport du Groupe lillois sur le thème 2016 Puissance et sécurité

INTRODUCTION

I

NOS FAIBLESSES

1

Déficit démographique

2

Europe sans racines

3

Tentation pacifiste et vulnérabilité

4

Arrogance du partenaire  

II

MENACES EXTERNES

5

Déstabilisations africaines

6

Trafiquants d’êtres humains vers l’Europe

7

Terrorisme et trafics de drogues au Sahel

Dache menace externe et interne

III

MENACES INTERNES

9

Londres 2001, avant-poste de l’islamisme

10

Islamisation :  Londres et Sevran

11

L’islamisation en marche à Saint Denis

12

Racisme contre féminisme après la Saint Sylvestre de Cologne

13

Les viols d’Oxford

IV

DOUTES RENONCEMENTS et COLLUSIONS

14

Les idéologies à l’origine des doutes renoncements et collusions

15

Intimidations : islamophobie et repentance coloniale

16

Islam et modernité

17

Le choc de l’Islam en France

18

Le rejet

CONCLUSION 

Notes

 

Introduction

Les éléments structurants de la géopolitique eurasienne sont constitués par les  deux alliances américaines avec l’Arabie saoudite d’une part,  avec Israël d’autre part. Structure de la géopolitique ou éléments du chaos  mondial  pour reprendre l’expression employée par Dominique Moisi dans sa conférence du 11 janvier 2011 ?  Dans ce chaos, la capacité de la France à garantir la sécurité de ses espaces et territoires, de ses accès,   et des populations qui y résident ou y transitent,  nécessite la volonté d’identifier ses ennemis, sa détermination à user de la  puissance requise, de l’influence à la force si nécessaire,  pour les combattre, et de surmonter  doutes et faiblesses pour mieux y parvenir. L’effet de sidération provoqué par les attentats de Paris Bruxelles, Nice,  Saint Etienne du Rouvray et Berlin, , conduit à privilégier la menace actuelle la plus meurtrière : la menace islamique. Celle-ci emprunte deux voies :  une voie violente,  le terrorisme, et    une voie silencieuse, l’intégrisme salafiste, dont l’objectif  est  la fragmentation territoriale, c'est-à-dire l’instauration de  zones d’un autre droit, où il organise la sécession cultuelle et culturelle.

J’établirai d’emblée la distinction empruntée au  regretté Abdelwahab Meddeb : entre  intégristes, ou sa variante,   islamistes, et  Musulmans[i] ». .

La médecine chinoise traditionnelle, qui ne se réduit pas à l’acupuncture, d’ailleurs plus tardive,  tenait le corps pour un royaume où le souffle défensif était chargé de repousser les agressions pathogènes, celles-ci considérées comme révélatrices d’un désordre auquel il fallait remédier. Comment ? D’abord en renforçant le souffle défensif.  Repousser les agressions dont ont été victimes et risquent d’être encore victimes nos nations européennes, est du ressort de nos forces de sécurité, police, armée, gendarmerie, et la prévention des menaces, celle de nos services de renseignement, forces et services  sur la professionnalité desquelles ce rapport n’a pas la prétention de proposer des avis. Cependant, et toujours selon la médecine chinoise, le souffle défensif s’affaiblit si son renforcement ne s’accompagne pas du rétablissement simultané de l’équilibre et de l’harmonie dans le royaume. C’est pourquoi l’accent sera mis dans ce  rapport  sur nos faiblesses et notre indétermination, deux des principaux  agents à l’origine de notre vulnérabilité face aux  éléments pathogènes, les menaces externes et internes. .  

 I NOS FAIBLESSES

1/Déficits démographiques et immigrations

Notre première faiblesse est démographique, trois pays d’Europe seulement dont la France se situent au dessus du seuil de reproduction (2), L’Irlande étant à 1.99, 13 sont entre 1.5 et 2 tous les autres sont inférieurs à 1.5 donc sujet au décroissement de leur population, or les tiroirs-caisses de notre économie européenne de la demande ont besoins de clients, d’où l’ouverture à  l’immigration soutenue et recommandée par Bruxelles. Les immigrations successives apportèrent avec elles leurs croyances  et religions, bouddhisme, christianisme  orthodoxe,  agnosticisme, islam, vaudou, etc.… Toutes se sont insérées  pacifiquement dans le paysage français, public et privé, toutes sauf une, victimaire revancharde et porteuse de haine en son sein : l’islam maghrébin et oriental.

  

2/ L’Europe  renie ses racines

Mais nous nous sommes, par  une démarche volontaire, considérablement affaiblis culturellement face à cette immigration massive : L’Europe est née sous X, Le  Préambule de sa constitution déclare bien s’inspirer « des héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe », mais ceux-ci demeurent  anonymes, contraignant le lecteur à deviner ou supputer quels sont cette culture, cette religion, cet humanisme à partir desquels se sont développées des valeurs  déclarées universelles. C’est ce déni de filiation, refus  d’appeler par leur nom, CAD grec, romain et judéo-chrétien,  ces racines ou si vous préférez héritages européens  qui est ici qualifié d’affaiblissement culturel,  volontaire,  de l’Europe.

3/Tentation pacifiste et vulnérabilité

Après  le « Plutôt rouge que mort » des Verts  allemands dans les années 80, la  médaille  du pacifisme a été attribuée à la candidate écologiste aux dernières élections présidentielles quand celle-ci racontait son rêve  : J 'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé [militaire] par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent[ii]. Encore faudrait-il défendre et assurer la pérennité de ces valeurs, tâche à laquelle les enfants et les séniors ne suffiraient sans doute pas.

D’autant plus que, selon Jean-Baptiste Vouilloux, auteur de « La démilitarisation de l’Europe, un suicide stratégique », nous autres européens sommes confrontés aux dividendes d’une longue paix après avoir bâti une Union européenne profondément réfractaire aux jeux de la puissance et de la force. Les notions de puissance et d’ambition y sont devenues suspectes et le patriotisme, amalgamé aux dérives du nationalisme y est discrédité. La guerre, surtout conventionnelle est devenue de plus en plus improbable, laissant bien sûr de côté le terrorisme stratégique, les cyber-menaces, le crime organisé et les Etats faillis. Le projet européen a été profondément idéaliste,   persuadé que la  mondialisation serait un vecteur d’enrichissement, de paix  et de démocratisation, persuadé également que cette posture pacifiste,  vertueuse et moraliste,  aurait  une dimension normative. L’Europe a donc procédé à une « esquive stratégique » en refusant de s’impliquer dans sa propre défense. L’origine de ce pacifisme doit être également recherchée dans l’influence antérieure du communisme (Mouvement de la paix) surtout auprès des intellectuels par qui ont été établies les bases de la critique communiste des valeurs qualifiées de bourgeoises, dont le patriotisme. A quoi bon dans ce cas, entretenir un panel onéreux de capacités militaires alors que l’Europe est pacifiée et que le recours à la force y est moralement banni ?  Seul serait accepté cet oxymore qu’est le « soldat de la paix » dans le cadre de « missions de paix » si chère à la PSDC. Or, le reste du monde ne vit pas dans un environnement aussi pacifié, et contrairement à l’Amérique du nord cernée par deux océans, l’Europe est voisine de zones d’instabilité où le  concept de surprise stratégique demeure pertinent. Le vrai problème des Européens ne serait-il pas qu’ils se sont retrouvés dépassés par l’évolution du monde ? De cette déconnexion de la réalité  découlerait ce refus de la force et la vulnérabilité ou la dépendance  vis-à-vis des Etats-Unis qui s’ensuivent. La campagne de Lybie a ainsi montré que les Européens manquaient cruellement des capacités ISTAR (Intelligence, Surveillance, Target, Acquisition and Reconnaissance) et n’ont donc pas réussi à agir en autonomie dans un conflit où leurs intérêts directs étaient pourtant en jeu, alors que l’ennemi était faible et qu’aucune troupe n’était  engagée au sol.

L’alternative des Européens est simple, soit choisir  un véritable positionnement stratégique en consolidant leurs capacités militaires  dans le cadre d’un partenariat avec les Américains, soit devenir les vassaux  de l’Amérique.   Aucun des pays d’Europe ne partage avec la France l’ambition que nourrit celle-ci pour la PSDC. Les Britanniques s’opposaient catégoriquement à tout ce qui remettait en cause la primauté de l’OTAN à qui les Etats-Unis imposent leurs normes (antimissile balistique) et leurs productions d’armements au détriment des industries européennes de la branche. L’enjeu d’indépendance stratégique est donc également un enjeu industriel. Cette démilitarisation procède du principe aussi irénique que suicidaire qu’il suffit de ne pas se vouloir d’ennemis pour ne pas en avoir  Elle constitue donc un véritable suicide stratégique car elle vulnérabilise un continent européen dont la sécurité ne sera plus systématiquement garantie par les Etats-Unis. L’Europe court désormais le risque d’être marginalisée sur la scène internationale, bafouée par l’arrogance des nouvelles puissances, exclue d’une mondialisation pleine d’opportunités, repliée sur elle-même et surtout à la merci d’une surprise stratégique destructrice.

4/Arrogance du partenaire  :

L’accord sur les migrants passé en position de faiblesse avec la Turquie jette une lumière crue sur les insuffisances de l'Europe et de la France, explique le géopoliticien Gérard Chaliand.

Les dirigeants européens s'y sont résignés, sous l'aiguillon d'Angela Merkel, en dressant leur propre constat d'échec. Incapables de contrôler les frontières extérieures de l'UE, ils ont cru pouvoir s'en débarrasser en concluant un avec  la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, un pis-aller dont l'Europe fera les frais., l'arrogance d'Erdogan laisse augurer le type de rapport qu'il va instaurer avec l'Europe dès qu'il disposera légalement d'un pouvoir absolu inspiré d'une tradition despotique.

L'Europe s'est élargie sans jamais se poser de questions sur ses intérêts politiques, ses buts communs ou ses moyens militaires aux crédits sans cesse rognés. Près de soixante ans après la création du premier noyau européen, on en est encore à se demander si nous allons nous contenter ou non de n'être qu'un grand marché de libre-échange sans défense crédible. Compte tenu des réticences des ex-démocraties populaires - à l'exception peut-être de la société civile polonaise -, nous ne voulons plus rien risquer, jusqu'à démontrer une pathétique impuissance. Et c'est dans ces conditions que l'Europe doit négocier avec un État despotique où ceux qui critiquent sont considérés comme des traîtres sinon des terroristes, et où les Kurdes connaissent une répression systématique. Nous n'avons même plus le courage de dénoncer ces pratiques par crainte d'être l'objet d'un chantage aux migrants.

II MENACES  EXTERNES

5/Déstabilisations africaines

C’est en Afrique que l’on trouve les IDH les plus bas : Mali, Niger, Sénégal, les deux Guinées, Burkina, Ghana, Togo, Nigeria, Tchad, Centrafrique, RDC, Angola, Zambie Mozambique, soit 15 états ont un IDH compris entre 0.25 et 0.50.  De même y trouve t-on les états les plus corrompus du monde.  Seuls l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie ne figurent pas dans cette zone rouge des pays les plus corrompus du monde, le record dans cette rubrique étant détenu par le Soudan, le Tchad, la Somalie et l’Angola. L’un des traits principaux de la corruption est la mainmise du pouvoir politique sur les accès aux ressources, mainmise qui oblige à passer accord avec la clique au pouvoir pour tout accès à ces ressources, y compris les illicites. Evasion des capitaux : de 450 à 1000 milliards d’euros entre 1979 et 2009 250 milliards au temps de la bulle entre 2009 et 2013 dont  125 pour l’Algérie[iii].

Bombe démographique, chômage des diplômés, Déforestation et pompage de la nappe phréatique au Maghreb, dynamiques mafieuse, patrimonialisation ou ethnicisation du pouvoir de l’état, accélération de la dégradation et de la corruption morale en Afrique[iv]  [v] ».

Pour avoir fait le choix de négliger les structures sanitaires de leur pays, convaincus qu’ils pourront toujours être évacués vers les capitales occidentales, les dirigeants africains ont mis le continent au sommet du palmarès mondial des présidents décédés à l’étranger[vi].

6/Trafiquants d’êtres humains vers l’Europe 

L’exploitation de la misère et du chaos est un commerce juteux. La Libye est l’une, voire la principale plaque tournante de ce trafic. En attendant de passer en Europe, les migrants sont parqués dans des camps sordides, dans des conditions inhumaines.  Les trafiquants sont de plus en plus actifs. Outre les homicides, de plus en plus de cas de maltraitances éclatent au grand jour, car ils sont de plus en plus nombreux à tenter cette traversée vers l’Europe, empruntant toutes les routes et les moyens possibles, au risque de leur vie. Soumis au chantage, pendant et après le passage de la frontière, quand ils ne sont pas violés ou abandonnés en pleine mer à leur propre sort, et dépouillés de sommes exorbitantes. Ce “commerce” rapporte des milliards aux trafiquants et favorise la corruption et le crime organisé dans les pays de départ, de transit et d’arrivée. “Le point fondamental n’est pas tant la destruction des bateaux, mais la destruction du modèle économique de ce commerce des trafiquants”, a récemment déclaré Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Il rapporte 135 millions d’euros par an aux passeurs. Le prix d’une traversée est compris entre 1 800 et 10 000 euros, et parfois plus. A Calais, le chiffre d’affaire annuel du trafic s‘élève à 1,5 million d’euros.
Pour un bateau transportant 500 personnes, le passeur encaisse de 500 000 à 1 million d’euros. Si certains passeurs sont eux-mêmes des migrants qui tentent comme ils peuvent de profiter du système, le trafic se professionnalise de plus en plus, et devient aussi organisé que le trafic de drogue. Les passeurs risquent gros lorsqu’ils sont arrêtés, mais le démantèlement des réseaux est complexe.[vii]

7/Terrorisme et trafic de drogues au Sahel

Le Sahel et l'Afrique de l'ouest sont  devenus une plaque tournante pour le trafic international de drogues dures telles que l'héroïne et la cocaïne en provenance d'Amérique Latine et d'Afghanistan. A destination du  continent européen qui s'avère être aussi le premier marché de consommation mondiale. La drogue acheminée à travers le Tchad, le Mali, le Niger et le Maroc, dont la porosité des frontières facilite les déplacements. A titre indicatif, et selon l'Office des Nations-Unis contre la Drogue et le Crime (UNODC), en 2009, il était estimé que 21 tonnes de cocaïne d'un montant de 900 millions de dollars et équivalant au PNB de la Guinée et de la Sierra Leone réunies ont transité par l'Afrique de l'ouest. Ce trafic de drogue est par ailleurs aggravé par les liens tissés entre les narcotrafiquants et les groupes terroristes présents au Sahel tel qu'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine (Défenseurs de la foi), Boko Haram et le Mouvement d'Unité pour le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO). Trafics d'armes, de drogues et blanchiment d'argent sont devenus monnaie courante entre tous ces groupes. Selon la US Drug Enforcement Agency (DEA), 60% des groupes terroristes étrangers ont un lien avec le trafic de drogue. Pareillement, il est estimé que 80% des chefs Talibans en Afghanistan, combattent pour le profit financier et non pour une quelconque idéologie religieuse. Par ailleurs, la chute de Kadhafi en Libye et l'instabilité géopolitique régnante qui s'ensuit, ainsi que la perméabilité des frontières qui facilite le passage d'armes d'un pays à un autre a procuré aux terroristes et narcotrafiquants une opportunité supplémentaire de renforcer leur position dans la région, aggravant de ce fait la situation au Sahel. C'est dans ce contexte dramatique que la prolifération d'armes, de drogues, de trafics de cigarettes et autres produits illicites prend racine au Sahel. Mais ce dévolu sur la région est aussi principalement dû à la faiblesse des états qui composent cette zone géographique, le manque flagrant de surveillance, la porosité des frontières ainsi qu'à la corruption qui gangrène les institutions de ces mêmes états, tels que l'armée, la douane ou la police[viii]

8/Dache est une menace à la fois interne et externe

Dache menace externe par la terreur

 Plus de 50 fosses communes ont été découvertes en Irak, sur un territoire anciennement contrôlé par les jihadistes de l'Etat islamique, dont trois charniers sur un terrain de football à Ramadi, a annoncé vendredi l'envoyé spécial des Nations unies dans le pays. Les preuves des "crimes odieux" commis par le groupe ultra-radical s'accumulent à mesure que les territoires qu'il contrôlait en Irak sont repris, a expliqué Jan Kubis, auditionné par le Conseil de sécurité de l'ONU[ix]

Dache menace interne par son recrutement[x]  

Les exactions de type sexuel exercées contre les femmes par l’EI s’appuient sur des arguments théologiques inspirés de la pratique médiévale des armées musulmanes. Les grandes lignes en ont été exposées dans la revue officielle de l’EI, Dâbiq n° 4 d’octobre 2014. L’EI a ensuite diffusé une brochure explicative sous forme de questions – réponses, brochure qui offre « une image vertigineuse de la politique sexuelle mise en place pour attirer de nouvelles recrues ou pour fidéliser les combattants déjà présents sur ces territoires.  Il est, par exemple,  permis de prendre toutes les femmes mécréantes, il  est permis d’avoir des rapports sexuels avec ces femmes captives (Coran XXIII, 5-6), il est permis de les vendre, de les acheter ou d’en faire don

Ces avis procèdent d’une réinterprétation complète du fond théologique ancien et réactivent aujourd’hui des pratiques et des interprétations totalement désuètes ou carrément fausses.

L’Etat islamique n’est donc que le dernier avatar de cette tendance fondamentale de l’Islam, les femmes y étant considérées comme des prises de guerre, c'est-à-dire un butin à partager entre les vainqueurs.  Il est possible d’avoir immédiatement des relations sexuelles avec les femmes vierges, celles-ci étant de plus considérées par les combattants de l’EI comme un avant-goût du paradis, étant donné que le Coran (LII, 17) promet des houris (vierges) à tout musulman après sa mort surtout si cette morts intervient dans le djihad. Cette quête de virginité à tout prix conduit les combattants djihadistes à rechercher des relations sexuelles avec des femmes de plus en plus jeunes, parfois à peine pubères. L’enquête montre par ailleurs que dans la perception générale des combattants de l’EI, les femmes non musulmanes permettraient d’engranger des points supplémentaires pour accéder plus rapidement au paradis.

Beaucoup de jeunes hommes frustrés sexuellement rejoignent les rangs de l’EI en raison de sa politique sexuelle et des facilités qu’il met à leur disposition pour avoir des relations sexuelles dans un cadre prétendument islamique.  Le groupe nigérian Boko Haram applique aux femmes captives la même politique sexuelle[xi].

III/ MENACES INTERNES  

9/Londres 2001, avant-poste de l’islamisme  Voici ce qu’écrivait en 2001 dans son livre « See No Evil », le cadre de la CIA Robert Baer, arabisant et spécialiste du monde arabo-musulman 

« Au cours de ces démarches diplomatiques clandestines, il m’arrivait de faite un arrêt à Londres, histoire de le promener dans la ville pour reprendre souffle. Je n’avais pas d’itinéraire particulier. Pourtant, j’aboutis plus d’une fois et sans le vouloir, du côté de Edgeware Road, un quartier du centre de Londres à dominante arabe et proche orientale. Entre les femmes voilées et les hommes qui déambulaient en robes fluides, j’avais l’impression d’être toujours là bas. Cependant, il y avait, différence subtile, les librairies.

Dans la plupart des pays du Proche-Orient, les librairies n’ont pas le droit de vendre des pamphlets islamiques radicaux prônant ouvertement la violence, mais, dans celles arabes de Londres, on en trouvait des rayons entiers. Un coup d’œil sur les titres en gras suffisait à l’édification du lecteur. C’était la haine, une haine profonde, irréductible pour les Etats-Unis. Dans la vision du monde de ceux qui écrivaient et publiaient ces pamphlets, le Djihad, la guerre sainte entre l’Islam et l’Amérique n’était pas seulement  une éventualité. Pour eux, la guerre relevait de l’évidence et elle était déjà en marche. Pour avoir passé une grande partie de ma vie au proche orient, je savais qu’une haine aussi intense, aussi violente, ne représentait qu’un dévoiement de l’Islam. Mais je savais aussi mieux que d’autres les ravages humains qu’elle pouvait entraîner.

Souvent, je jetais un coup d’œil aux mentions en petits caractères. Le nom de l’éditeur ou du rédacteur en chef n’apparaissait que rarement et jamais aucune adresse légale. Cependant, à de rares exceptions près, figurait un numéro de boîte postale en Europe, souvent en Grande Bretagne ou en Allemagne. Nul besoin d’une agence de renseignements sophistiquée pour comprendre que l’Europe, traditionnellement notre alliée dans la guerre contre les méchants, était devenue un foyer du fondamentalisme islamique[xii]. »

10/Islamisation : Londres et Sevran

Quand on parle multiculturalisme en Europe aujourd'hui, on évoque surtout la complexe relation entre la population d'origine, chrétienne ou athée à coloration chrétienne, et les populations plus ou moins récentes de confession musulmane. En Grande-Bretagne existent  comme dans d'autres villes européennes, des quartiers entiers où le séparatisme identitaire est visible. C'est le cas dans l'Est de London, notamment dans le borough de Tower Hamlets où 30% de la population est musulmane. Beaucoup de femmes y sont voilées de pied en cap et suivies de près par leurs maris. Toute conversation avec elles est impossible  car ce voile crée une barrière. Les populations se côtoient donc sans se parler, sans se connaître. Difficile d'y voir un multiculturalisme heureux, c'est bien plutôt un multiculturalisme de l'indifférence.

Le multiculturalisme commence  d’ailleurs à perdre de son lustre. Deux séries d'affaires retentissantes, depuis 2014, ont bouleversé le pays: d'abord celle du «Trojan Horse» en 2014 et 2015, où furent découvertes des tentatives concertées de mettre en œuvre, dans plusieurs écoles de Birmingham, une philosophie et des pratiques islamistes ou salafistes. Pire, on a mis à jour dans les dernières années de nombreux cas d'abus sexuels sur mineurs, perpétrés par des «gangs» dont les membres étaient d'origine musulmane. Ce fut le cas à Rotherham entre 1997 et  2013, où 1400 jeunes filles ont été violées. Cinq hommes d'origine Pakistanaise ont été condamnés. On a découvert des horreurs similaires à Rochdale, Derby et Telford. Le cas le plus récent est celui d'Oxford, où un groupe de sept hommes, entre 2006 et 2012, a exploité sexuellement 300 mineures, avec une violence parfois épouvantable. La multiplicité des cas est frappante. Surtout, tous les membres des gangs étaient à chaque fois d'origine musulmane, et les jeunes filles - âgées parfois de 12 ans - blanches. C'est pourquoi depuis 2014, date où les premiers rapports officiels ont été publiés, on s'interroge sur une éventuelle motivation ethnique des agresseurs. Par ailleurs, dans de nombreux cas, on a constaté que la police et les conseils locaux avaient tardé à prendre au sérieux les plaintes des victimes, quand ils ne leur riaient pas tout simplement au nez. Aujourd'hui, les autorités émettent sérieusement l'hypothèse que cette timidité et ce déni pourraient provenir de la crainte de la police et des conseils locaux de se voir, à l'époque, accusés de racisme. La tolérance multiculturelle s'est muée, dans certains cas, en aveuglement[xiii].

 Sevran, le vrai sujet, c'est la mise sous pression islamique. Celle-ci  commence par l'occupation de l'espace public. On voit fleurir des boucheries halal, des librairies religieuses,  des kebabs et des boutiques de “vêtements ethniques, en  des burqas et des niqabs. Si les élus ne font rien, les populations “du cru” finissent par partir. De renoncements successifs en petits arrangements, les islamistes finissent, eux aussi, par se sentir chez eux[xiv]Sevran, en Seine-Saint-Denis, avec ses 50.000 habitants, ses 73 nationalités pour une population à 90% d'origine étrangère, son taux de chômage à 17%, figure parmi les cent communes les plus pauvres de France. . Et l’'inquiétude gagne car, à Sevran comme ailleurs, «la jonction a été faite entre les trafiquants de drogue et les islamistes», Dans ces banlieues, qu'est-ce qui a remplacé l'effondrement de l'Église catholique et du Parti communiste? La religiosité musulmane! Elle imprègne tout le tissu associatif, du sport au soutien scolaire. Au point que lors des activités, même subventionnées, filles et garçons sont séparés.

11/L'islamisation  en marche à Saint Denis

A la Mosquée  Tawhid, un bureau est  alloué à Tariq Ramadan au sein des locaux.

Propos d’un fidèle : Nous sommes cernés par les intégristes. Daech est aux portes de notre mosquée qu'ils veulent forcer pour imposer leurs lois obscurantistes.»  D’autres fidèles se joignent à la conversation et expriment les mêmes mots de colère et de crainte face à la violence, aux intimidations, aux thèses intégristes et antirépublicaines. «Certains d'entre nous, jugés trop libéraux, sont parfois agressés, insiste Karim. Les intégristes ciblent les jeunes et les plus fragiles pour les rallier à leur cause. Ils ne sont pas nombreux mais terriblement toxiques et veulent s'emparer à tout prix de ce lieu de culte pour asseoir leur empire. Ils ne veulent rien lâcher. Notre mosquée est toute proche de la basilique de Saint-Denis. Nous sommes à deux pas des sépultures des rois de France et de Charles Martel qui a arrêté l'invasion des musulmans en 732. Le symbole est fort pour cette poignée de fous d'Allah. Mais nous refusons de céder. Alors, ils nous ont désignés comme leur ennemi. Et la tension monte ici, chaque jour un peu plus.» Didier Paillard, maire de la ville, se dit tout aussi démuni face aux phénomènes de radicalisation: «Nous faisons des signalements à la préfecture qui, elle, a tout pouvoir d'agir. Mais nous n'avons aucun retour de sa part. En tant que maire, je n'ai aucun moyen d'intervenir. C'est un vrai problème. Sur mon territoire, je ne sais combien de personnes, ni même si des agents de la Ville, sont concernés par les fiches S.»Le  préfet du département de la Seine-Saint-Denis  confirme la situation: «Je pense qu'il y a plusieurs animateurs ou salariés surveillés. Mais  nous ne pouvons rien faire tant que les individus surveillés n'auront pas commis d'actes contraires à la loi.» La réponse de ce haut représentant de l'État fait froid dans le dos. Grosso modo, on attend la bombe. Il déplore aussi le peu de renseignements remontés par les imams. «Je leur rappelle que nous avons besoin d'eux pour avoir des informations car ces communautés sont très difficiles à pénétrer par nos services. Les responsables de ces lieux de culte doivent absolument sortir de la seule déploration et se montrer plus proactifs. Nous avons besoin d'eux.» «Les barbus sont eux-mêmes débordés par ces jeunes qu'ils ont recrutés. Ceux-ci ne portent pas forcément la barbe, mais sont autrement plus radicaux et violents. Ils sont intelligents, dangereux, très mobiles et très déterminés. Nous sommes entrés dans une course de vitesse. Nous devons adapter nos appareils de justice et sécuritaires à ce nouveau type de danger. Il nous faut de nouvelles méthodes d'investigation, de nouveaux types d'enquêteurs, plus jeunes et plus solubles dans ces milieux.»  Le vrai problème 'est ce “laisser-faire” installé depuis quelques années. Les trafics de drogue se font au grand jour. La police ne fait pas grand-chose. Les intégristes gangrènent nos mosquées. On a là tous les ingrédients. Le terreau, la graine, il n'y a plus qu'à arroser et attendre… Mais attendre, c'est prendre le risque de voir Saint-Denis ou d'autres villes de banlieue devenir des Molenbeek.»

12/Racisme vs féminisme  après la Saint Sylvestre de Cologne

Sous couvert de différentialisme, certains en viennent à défendre l’indéfendable[xv], par exemple Caroline de Haas écrivant dans un  tweet mémorable : « A ceux qui disent que les agressions sexuelles à Cologne sont dues à l’arrivée d’immigrants : allez déverser ailleurs votre merde raciste[xvi] », qualifiée entre autres, de féministes dans le déni par Ellisabeth Badinter. Or, explique Pierre Vermeren, professeur d'histoire et de civilisation du Maghreb contemporain, dans les pays du Maghreb, une partie importante des jeunes hommes connaît une frustration sexuelle et les préjugés à l'égard des Européennes sont réels, L'implication de jeunes hommes originaires du Maghreb dans les violences sexuelles ayant eu lieu le 31 décembre à Cologne a été établie par l'enquête allemande. Ces hommes, profitant du flux des réfugiés de guerre sont arrivés en pays inconnu, nantis d’un préjugé tenace des pays maghrébins, préjugé prétendant que les femmes chrétiennes et juives sont toujours bien disposées - comme le paraissent toujours les femmes des autres. La question renvoie à la place des femmes en Méditerranée. En 1966, dans son ouvrage Le Harem et les Cousins, l'ethnologue Germaine Tillion évoquait l'histoire de la claustration des femmes en Méditerranée. La «république des cousins», expliquait Germaine Tillion, produit des effets délétères sur la condition des femmes et des hommes: «Cette survivance de l'asservissement humain […] paralyse toute l'évolution sociale et […] constitue une cause irréparable de retard pour les peuples qui n'ont pas su s'en libérer.» Au cœur de cette situation, l'ethnologue situait le voile des femmes. : «Les femmes écrasées fabriquent des homuncules vaniteux et irresponsables…» Germaine Tillion a été transférée au Panthéon en 2015. Faut-il la déclarer «islamophobe»? Depuis les années 1960, le grand retour du voile s'est opéré du Maghreb à l'Égypte, accentuant le hiatus entre nord et sud de la Méditerranée. Les islamistes, y compris d'État, ont restauré l'ordre patriarcal dans la rue. Le cas de l'Algérie est exemplaire :  en 1984 un Code de la famille régressif a fait des femmes des mineures à vie, assignées à résidence et contraintes au sous-emploi, souvent tenues d'être vierges au mariage, d'enfanter et de se soumettre à leur époux.  Il en résulte, dans les pays du Maghreb, une grande frustration sexuelle des jeunes hommes, qui, faute d'emplois et de moyens économiques pour se marier avant 30 ans, tournent en rond. La claustration fait de la femme aux cheveux visibles une rareté en dehors du cercle familial et de la bourgeoisie, ce qui stimule en retour l'agressivité envers celles qui dérogent à la norme - agressivité d'autant plus décomplexée qu'elle est encouragée par de prétendus imams, à Cologne et partout ailleurs. Les imams Frères musulmans incitent, par des moyens qui vont du harcèlement aux coups, leurs «sœurs» à baisser la tête et à la couvrir. La montée au djihad (qu'il soit algérien dans les années 1990 ou syrien aujourd'hui), mais aussi l'émigration en Europe, sont  des moyens d'échapper à la misère sexuelle. Si la grande majorité des Maghrébins présents en Europe ne commettent évidemment pas d'agressions sexuelles, il n'en demeure pas moins que la pulsion sexuelle vitale contrainte, et même écrasée, est une énergie que certains peuvent convertir par un passage à l'acte ; d'autant plus que dans les sociétés patriarcales, bien des mères ne cessent de valoriser une virilité que nos sociétés regardent aujourd'hui avec mépris. . Des pays musulmans - notamment l'Irak et l'Égypte  - sont les plus consommateurs de pornographie sur Internet, observe Google. Pour bien des jeunes hommes du Sud, la pornographie sur Internet - par laquelle ils découvrent les Occidentales - conforte préjugés et fantasmes: oui, l'Europe est livrée à la débauche, comme le répètent leurs prédicateurs. Alors qu'un jeune Maghrébin peine à voir les bras de sa jeune voisine, il croit connaître l'appétit orgiaque de milliers de blondes américaines scénarisé dans des vidéos X. Ces Occidentales sont disponibles comme l'indiquent leurs impudiques tenues vestimentaires et leur hypersexualité, imaginent une partie de ces jeunes gens, alors que les «pudiques» femmes du Maghreb se tiennent à l'écart des webcaméras. Mieux, les Occidentales esseulées attendraient un surcroît de virilité du Sud qui pourrait les remettre dans le bon chemin de la soumission: c'est une des clefs de l'impensable - et plus encore impensée - «ratonnade» de Cologne[xvii]

13/les viols d’Oxford

Oxford grooming gang: We will regret ignoring Asian thugs who target white girls What a god-awful mess this country has got itself into over multiculturalism, and once again our fear of racism will lead to the betrayal of hundreds of young girls[xviii] If you teach boys that a female is no better than a lollipop that has been dropped on the ground, eventually you produce a pimp who thinks that you break a girl’s spirit as though she were a horse, before branding her with your initial. That man and those attitudes have no place, no place at all, in Britain now.[xix]

IV DOUTES  RENONCEMENTS ET COLLUSIONS[xx]

14/les idéologies à l’origine des doutes,  des renoncements et des collusions

Nous laisserons  de côté l’islamo gauchisme récemment dénoncé, qui n’est autre l’un des multiples avatars du protéiforme gauchisme, pour nous en tenir à deux idéologies plus élaborées.

La première est  une version  millénariste des droits de l’homme, millénariste, c'est-à-dire porteuse d’une nouvelle promesse de paradis sur terre, alors que nous pensions en avoir fini avec ce type d’utopie après les catastrophes communistes. Cette sacralisation millénariste nie  toute différence entre les sociétés refusant, par exemple, d’admettre la résistibilité des régimes arabes à la démocratisation[xxi], ou les formes spécifiques d’aliénation sexuelle masculine que produit l’Islam  et érige les droits de l’individu en pouvoir supérieur au bien des  états et de la société, allant, au nom de ces droits,   jusqu’à entraver la défense de ceux-ci..  Preuve en est la dérogation française à l’article 15 de la CDHE, en même temps qu’était décrété  l’état d’urgence après les attentats du Bataclan[xxii]. Sans cette dérogation, nos forces de police, nos forces armées, nos services de renseignements, auraient trop perdu de leur efficacité pour assurer notre défense et prévenir de nouveaux attentats[xxiii]

La seconde idéologie est le multiculturalisme comme agent de déconstruction de la culture occidentale

Cette idéologie du relativisme culturel est venue occuper la place laissée vide par l’idéologie communiste discréditée par les  catastrophes commises en son nom. Le multiculturalisme privilégie le culturel au détriment de  l’économique et change d’objectif : la destruction de l’Occident s’est substituée à celle du capitalisme, avec comme moyen  l’éviction de l’idée de  nation au profit de  la société diversitaire[xxiv],  sans normes ni culture communes, ni frontières, pour, au final, abattre la République issue des Lumières[xxv]

  

15/Intimidations : Islamophobie et  repentance coloniale

L’Islamophobie est une forme d’intimidation destinée à empêcher tout débat[xxvi], et a été utilisé comme tel pour faire taire le journaliste Kamel Daoud[xxvii], qui,  à l’occasion des agressions sexuelles de la Saint Sylvestre 2015 à Cologne avait en effet évoqué comme cause de ces agressions la frustration sexuelle masculine du monde arabe :

Le label d’islamophobie est une  méthode  d’intimidation et de disqualification digne de ce qui s'est fait dans le communisme stalinien de la grande époque. Dans ces procès en «islamophobie» intentés publiquement, sur telle ou telle tribune, dans les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux, à tous ceux qui refusent toute complaisance avec l'islamisme politique notamment, le verdict est ainsi toujours prononcé avant même que le procès ait eu lieu! Un large milieu culturel médiatique et universitaire  se comporte de manière très complaisante avec l'islamisme, au nom du fait que les musulmans (opérant d'ailleurs ainsi un amalgame à l'envers si je puis dire) sont obligatoirement et automatiquement parmi les «damnés de la terre» ou subissent les affres du post-colonialisme. Cette complaisance va parfois jusqu'à la complicité voire la compromission. Cette complaisance pour certains, ou cette inconscience pour d'autres,  révèlent  une forme de négation du réel. Non tant pour des raisons idéologiques comme celles que l'on vient d'évoquer mais par indifférence voire par peur de déplaire, de sortir du rang en quelque sorte. Se faire traiter publiquement par les complices ou les promoteurs de l'islamisme politique d'islamophobe n'est jamais agréable. Cela laisse, comme toute calomnie, toujours des traces. Il faut pouvoir l'accepter comme une des règles du jeu de l'arène publique et le supporter : « Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe[xxviii]"

La repentance  coloniale IL nous faut mettre fin à la doxa martelée de la  repentance coloniale ce succédané laïque du pêché originel qui nous est infligé depuis tant  d’années. Cette figure d’intimidation est  entretenue et  exploitée sous la forme du post-colonial. Plutôt que de laisser cette question aux historiens et à l'activité nécessaire de mémoire à propos de la colonisation, c'est devenu une forme de paravent à tout débat sur l'islamisme en particulier, et au-delà à toute forme de critique sur telle société qui a été colonisée ou à l'encontre de tout groupe culturel qui a subi la colonisation. Le colonisateur est d'ailleurs lui-même essentialisé, comme homme blanc occidental européen etc. Sous le titre : sonner le glas de la France d’Astérix, Virginie Martin, alors experte du Think Tank Terra nova dénonçait les tenants d’une conception de la France archaïque et dépassée. Qui est cet archaïque ? L’homme blanc[xxix] hétérosexuel et de culture chrétienne qui refuse le multiculturalisme, prétend  que la culture cultivée est le seul moyen d’accéder à la connaissance et maintient ainsi la France dans l’état d’un musée agrémenté de quelques statues en cire jaunâtre[xxx] Et nul, appartenant à cette funeste catégorie ne peut produire un discours critique ou même simplement poser des questions[xxxi] sans être immédiatement accusé de poursuivre les formes du colonialisme par d'autres moyens, ici et maintenant.[xxxii]. La finalité est de nous imposer l’idéologie multiculturelle et nous dissuader  de regarder de plus près la réalité des décolonisations africaines, caractérisées, du nord au sud, à de rares exceptions, par la disparition de l’état de droit au profit de l’état néopatrimonial et la corruption[xxxiii].

La culpabilité coloniale peut aller jusqu’au masochisme : Dans son roman, Histoire de la violence, Edouard Louis met en scène le récit de son viol réel ou imaginaire, par Reza, un Kabyle, voici ce qu’il en dit : « Son violeur, Réda, n’est-il pas le dernier maillon d’une longue chaîne de terreurs infligées par l’histoire et la société à son peuple kabyle, à sa classe de migrants ? Lui-même Edouard, avant d’être sauvé par les études n’a-t-il pas violé,  comme Reda son violeur ? Est-il si loin de son bourreau ? Voila pourquoi il hésite tant à porter plainte au commissariat, se sent raciste après sa déposition, se méprise » L’auteur du compte –rendu dans Télérama a beaucoup aimé[xxxiv].

16/Islam et modernité

Les révolutions scientifiques et industrielles, la philosophie des lumières et de la raison, le mouvement d’égalité entre les sexes,  ont éclos dans la sphère occidentale, La civilisation musulmane n’en fut pas partie prenante. Le monde islamique n’est plus créateur de science depuis le XVIIème siècle, écrit Abdelwahab Meddeb dans « La maladie de l’Islam[xxxv] ». La dynamique esclavagiste, par exemple,  a subsisté dans les Etats islamiques en faisant appel à des rapts de non-musulmans sur des territoires non soumis à l’Islam, d’où la traite tout au long poursuivie après le  moyen-âge sous couvert de « guerre sainte », en réalité razzias sur les territoires frontaliers, piraterie et guerre de course  ont permis la perpétuation et l’enracinement de l’esclavage[xxxvi]. . Cette traite des femmes a servi à la mise en place d’un système de concubinage légal qui s’est répandu à grande échelle partout dans le monde musulman médiéval et a perduré ensuite. Toutes les dynasties musulmanes ont été esclavagistes à des degrés divers  Le renoncement à l’esclavage a été imposé par les Occidentaux, il s’est donc agi d’une transformation subie non accompagnée d’une véritable évolution interne des idées et des mentalités. L’abolition effective de l’esclavage dans le monde musulman y a d’ailleurs été lente : Egypte : 1898, Oman : 1909, Afghanistan : 1923, Irak : 1924, Transjordanie : 1929, Bahreïn : 1937, Mauritanie, 1981. Le statut légal de l’esclave n’a pas encore été aboli en Arabie saoudite et au Yémen. L’abolition de l’esclavage apparait  d’ailleurs contraire à la lettre du Coran

17/ le choc de l’Islam  et son rejet

Dans un pays de tradition judéo-chrétienne, « l’implantation nouvelle de  l’Islam a produit un choc culturel qu’il  serait vain de nier.», même si certaines de ses élites le nient ou le refoulent, comprenons  élites au sens de détenteurs du pouvoir politique, médiatique ou culturel, non au sens d’élites de la connaissance et de la sagesse ou de l’intérêt national. « Les différences ne portent pas seulement sur la laïcité mais sur l’égalité des sexes, la  place  accordée à la femme et le regard  posée sur elle. Il appartient à nos compatriotes de confession musulmane de sortir de leur mentalité victimaire, où, il est vrai, ces mêmes élites ont contribué à le placer,  et de mener un travail de réflexion et d’exégèse de leur propre religion[xxxvii], à commencer par  l’apostasie totalement incompatible avec les Droits de l’homme.». La manifestation de son particularisme religieux provoque un rejet qui reste majoritairement dans les normes de la civilité et ce rejet ne peut être considéré d’emblée comme islamophobe ou raciste dans un pays républicain ayant ses propres traditions[xxxviii],  

Plus de 7 000 Turcs se sont rassemblés dimanche 10 avril au Zénith de Strasbourg autour du grand mufti de Turquie Mehmet Gómez  qui a exhorté ses compatriotes à ne pas s’assimiler à l’Europe: «Notre premier devoir, où que nous vivions est de garder notre foi, notre langue et notre culture, pour qu’aucun de nos enfants, même dans des siècles, ne s’éloigne de notre grande religion. Nous sommes les enfants d’une civilisation qui a toujours vécu en paix avec les autres et nous avons le droit d’attendre des autres civilisations qu’elles vivent en paix avec nous.”

En avril 2010, le président turc Erdogan avait comparé l’assimilation aux sociétés européennes à un “crime contre l’humanité”: “Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité, personne ne peut vous dire: ‘renonce à tes valeurs’ “La France vous a donné le droit à la double nationalité: pourquoi vous ne la demandez pas ? Ne soyez pas réticents, ne soyez pas timides, utilisez le droit que la France vous donne. Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque”.

Plus grave,   un  récent sondage a révélé que deux tiers des musulmans britanniques n’informeraient pas la police s’ils supposaient qu’un de leurs proches a des sympathies terroristes. Cette constatation alarmante laisse entendre que plus de 100.000 musulmans britanniques pourraient  sympathiser avec les bombeurs-suicidaires et ceux qui commettent de tels actes. Le sondage a également découvert que plus de la moitiés de Musulmans pensent que l’homosexualité devrait être illégale en Grande Bretagne et 23 % pensent que la charia devrait remplacer la Common Law dans certaines enclaves territoriales. 39% pensent que les femmes doivent obérie à leurs maris et 31 % qu’il est acceptable d’avoir plus d’une épouse. 5 ¨admettent même approuver la lapidation des femmes adultères. Mr Philips dit que le sondage révèle l’émergence jusque là inconnue d’une nation dans la nation[xxxix], dotée de sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre futur, totalement divergent du nôtre[xl].   

18/le rejet

Un tel rejet a été mesuré par un sondage IFOP : l’image dégradée de l’Islam en France aujourd’hui paru dans Le Figaro vendredi 29 avril 2016.Selon celui-ci  l'image de l'islam s'est dégradée en France et Allemagne depuis 2010. Alors qu'en 2010, 55% des Français estimaient que "l'influence et la visibilité de l'islam" étaient "trop importantes" en France, ils sont aujourd'hui 63%, soit une hausse de 8 points. Ce sondage met aussi en relation des résultats en Allemagne avec ceux de la France. Il en ressort une défiance en hausse dans les deux pays, même si la hausse constatée en France est plus importante. 47% pour cent des Français pensent que la "présence d'une communauté musulmane est plutôt une menace (+5, par rapport à 2010), contre 43% en Allemagne. Concernant "l'influence et la visibilité de l'islam", 63% de Français pensent qu'elles sont "trop importantes" (+8%), contre 48% en Allemagne. Soixante-trois pour cent des Français sont opposés au "port du voile ou du foulard" (45% en Allemagne) et ils sont 68% à penser que "les musulmans et les personnes d'origine musulmanes ne sont pas bien intégrés dans la société contre 32% qui pensent le contraire. Les Allemands sont 71% à penser qu'ils ne sont pas bien intégrés contre 29%.Quant aux raisons qui font que les "musulmans et les personnes d'origine musulmane sont mal intégrés", les Français placent en tête "leur refus de s'intégrer à la société" à 67% (+6) et les trop fortes différences culturelles à 45% (+5). En Allemagne, ces deux raisons sont aussi mises en avant, obtenant respectivement 60% (-7) et 48%

Une enquête de  ‘Institut Montaigne[xli]postule la construction possible d’un Islam français. D’après cette enquête, les personnes qui se déclarent musulmanes représentent 5,6 % de la population métropolitaine de plus de 15 ans en métropole, soit environ 2, 8 millions. L’enquête les répartit en trois groupes.

La "majorité silencieuse", groupe composé de 46 % des sondés. Leur système de valeurs est en adéquation avec la société française, qu’ils contribuent d’ailleurs à faire évoluer par leurs spécificités religieuses.

Les "conservateurs". Groupe plus composite, ils composent 25 % de l’échantillon et sont au cœur de la bataille politique et idéologique que les propositions de notre rapport doivent permettre de conduire et de remporter. Fiers d'être musulmans, ils revendiquent la possibilité d'exprimer leur appartenance religieuse dans l'espace public. Très pieux (la charia a une grande importance pour eux, sans passer devant la loi de la République), ils sont souvent favorables à l'expression de la religion au travail, et ont très largement adopté la norme halal comme définition de "l'être musulman". Ils rejettent très clairement le niqab et la polygamie et acceptent la laïcité.

Les "autoritaires" forment le dernier groupe, soit 28 % de l'ensemble (soit environ 800.000)  Ils sont majoritairement jeunes, peu qualifiés et peu insérés dans l'emploi. Ils vivent dans les quartiers populaires périphériques des grandes agglomérations. Ce groupe se définit davantage par l'usage qu'il fait de l'islam pour signifier sa révolte vis-à-vis du reste de la société française que par son conservatisme et  constitue le vivier potentiel de l’Islamisme radical. Elisabeth Schemla titre son article rendant compte de l’enquête Montaigne dans Le Figaro du 24 septembre 2016 : ». « La frontière entre islam et islamisme est plus poreuse qu’on ne le disait

CONCLUSION

Le cyberespace  est le terrain privilégié par la propagande islamique, comme l’ont démontrées les attaques qui suivirent  les attentats de janvier 2015 en France. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a en effet enregistré   près de 1 500 attaques émanant de groupes revendiquant la « défense des musulmans » et la cause pro-palestinienne. Or, des cinq espaces, air, terre, mer, extra-atmosphérique   et cyber, seul le cinquième, le cyberespace, ne fait  l’objet d’aucune réglementation. Internet, lieu du cyberespionnage et de la cyberguerre,  ajoute donc autant au chaos qu’il apporte à l’information.

Dans ce chaos[xlii] mondial,  qu’ils gèrent autant qu’organisent, les Etats-Unis ont concédé à la France, pour reprendre une fois encore Dominique Moisi, le rôle de shérif adjoint, ce que les dirigeants français ont, grosso modo, accepté, y compris le soutien du Qatar aux Frères musulmans et le financement de l’islamisme qui nous accable par l’Arabie saoudite alliée des Etats-Unis. 

Le bon shérif-adjoint  doit admettre  qu’il existe un ennemi intérieur, l’islamisme. Etre français consiste à respecter les lois de la République, à quoi s’oppose la revendication suprême des Islamistes qui est de disposer de leur propre territoire où substituer leurs propres lois à celles de la République. La stratégie de conquête territoriale consiste, pour les salafistes, à intimider les populations,  pour Daech, à les terroriser,  terreur dont témoignent les charniers précités. L’espace une fois occupé, comme déjà dans certaines fractions du territoire en Seine Saint Denis par exemple, les Islamistes y imposent  l’application de leur loi dans son intégralité, c'est-à-dire l’abolition de  toute altérité[xliii].

Dans ces communes à forte proportion de religion musulmane, les agents communautaristes ont entrepris un travail de sape des principes républicains.  Ils y  placent de jeunes Français musulmans  dans des postures victimaires contribuant à leur faire accepter ensuite des lectures radicales du Coran et des positions mentales de rupture sociale. Le problème est d’autant plus grave que ces militants obtiennent parfois l’appui politique d’élus locaux clientélistes[xliv], ainsi que des complaisances médiatiques, celles des Inrocks, ,de  France Inter, Libération, le magazine du Monde, Médiapart et  Télérama ne leur manque pas comme l’a démontré le soutien sans faille de ces médias à un blogueur raciste, sexiste, homophobe,  et antisémite[xlv]

Il est impératif d’opérer une distinction radicale, politique, légale et judicaire, à la hauteur du radicalisme ennemi, entre organisations, associations musulmanes et mosquées républicaines et ceux qui prétendent substituer leurs pratiques politico-religieuses aux lois de la République voire détruire celle-ci[xlvi]. la tâche est d’autant plus difficile que selon la limite est parfois peu perceptible entre islam et islamisme. Quand aux attaques et à la  propagande islamistes dans le cyberespace, elles rendront  probablement nécessaire le renforcement des administrations chargés de les combattre[xlvii].

Consolider notre force morale en surmontant nos  doutes et nos faiblesses doit rester notre  priorité absolue : le bon shérif-adjoint  devra plutôt  s’inspirer du « Sanglot de l’homme blanc[xlviii] », de Pascal Bruckner  que de verser des larmes devant les caméras comme l’a fait la cheffe de la diplomatie européenne – s’il existe une telle diplomatie –en réponse aux attentats de Bruxelles.

François-Yves Damon

Chargé des études de l’AR 15

 le 30  mai 2016, revu le 25 février  2017



[i] La maladie de l’Islam, Seuil, 2002,  p. 45

[ii] Le Monde du 14 juillet 2011

[iii] Jean-Pierre Turquoi, La bande à Bongo, Le Monde, 26 novembre 2005

[iv] Gabon, riche de pétrole, de manganèse, d'or et d'une forêt exceptionnelle. Un pays de cocagne où le président, au fil de près de quarante années de pouvoir ininterrompu, a placé au coeur de l'Etat les rejetons d'une famille pléthorique. Fils, filles, neveux, nièces, cousins, gendres du chef de l'Etat... Ils sont nombreux à la présidence comme au gouvernement, dans l'administration centrale, le monde économique ou les médias. Dans aucun pays du continent africain la mainmise n'est aussi flagrante. La famille Bongo et ceux qui lui sont liés constituent un monde inévitable.

[v] Monseigneur Luc Ravel, Evêque aux armées, Engagement, Revue de l’ASSF, n° 102, Printemps 2014

« La République centrafricain est devenue un pays fantôme dont les valeurs éthiques ont été remplacées par le gain de pouvoir, linjustice, la loi du plus fort, les règlements de compte et la chasse aux sorcières

[vi] Ebola en Guinée, pays sans médecins. dans un pays faiblement peuplé (1,3 million d'habitants au maximum), alors que la majorité des dirigeants africains vont se faire soihgner voire mourir à l’étranger, laissant leurs peuples dans un désert médical.  le président malien Ibrahim Boubacar Keita  opéré, mardi 12 avril, à l’Hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé effectue sa convalescence à Paris et n’a pas communiqué la date de son retour au Mali. Alassane Ouattara s’était fait opérer en février 2014 à l’Hôpital américain de Neuilly, à l’instar du Gabonais Ali Bongo Ondimba qui avait choisi, quelques années plus tôt, la clinique chic de l’Ouest parisien pour y subir une intervention chirurgicale. Le Camerounais Paul Biya, lui, se soigne à Genève où il réside une partie de l’année. Son éouse, Chantal, préfère les hôpitaux parisiens où elle a passé plusieurs mois ces dernières années.LAlgérien Abdelaziz Bouteflika a longuement séjourné en 2013 à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce, puis à l’Hôtel national des Invalides pour sa rééducation. Le président algérien était d’ailleurs revenu en décembre 2015 à la Clinique d’Alembert, à Grenoble, pour effectuer un contrôle médical.t le roi Mohamed VI qui est venu en France en 2013 pour y subir une opération chirurgicale délaisser les institutions sanitaires de son pays constitue  pour un chef d’Etat la preuve irréfutable qu’il n’a pas réussi à bâtir sur place un système de santé digne de sa confiance. dès qu’ils sont malades, même légèrement, les présidents africains sautent dans l’avion pour Paris, Londres, Lisbonne ou Madrid afin d’y recevoir des soins, c’est aussi parce qu’ils n’ont pas favorisé chez eux le développement de l’expertise médicale nationale. : il existe aujourd’hui des pays africains qui n’ont aucun spécialiste du cancer ; d’autres qui n’ont que trois ou quatre cardiologues ; d’autres encore où les quelques gynécologues n’exercent que dans la capitale. En 2016, il est encore impossible, faute d’appareils, de pratiquer une IRM dans certains Etats d’Afrique subsaharienne. Dans d’autres, il existe un seul appareil qui tombe régulièrement en panne, pour cause de surchauffe ou de défaut de maintenance.

L’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre africain malade coûte 120 000 euros, soit une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar. : la facture d’hospitalisation d’un dirigeant sahélien à l’Hôpital américain de Neuilly a grimpé jusqu’à 300 000 euros, soit le budget de fonctionnement annuel de l’Hôpital de Birao, en Centrafrique. De même, l’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre ouest-africain malade coûte 120 000 euros, l’équivalent d’une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar Présidents africains, pourquoi ne restez-vous pas mourir au pays ? »Par Seidik Abba (Chroniqueur, Le Monde Afrique)

LE MONDE Le 21.04.2016 à

[viii] Le Monde.fr | 19.07.2012  Par Abdelkader Abderrahmane, chercheur à la Prévention des Conflits et Analyses des Risques', (CPRA) Institut d'études de sécurité (ISS), Ethiopie


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/19/terrorisme-et-trafic-de-drogues-au-sahel_1735046_3232.html#kYcTAyqsDwRpyo6K.99

[ix] AFP , 06/05/2016

[x] 11/Essai de typologie des recrutés  The Caliphate’s Global Workforce: An Inside Look at the Islamic State’s

[xi] Mathieu Guidère,  Les femmes esclaves de l’Etat islamique, in, Le Débat n° 188, janvier- février 2016 p. 106-118.

[xii] Robert Baer, La chute de la CIA, les mémoires d’un guerrier de l’ombre sur le front de l’Islamisme (See No Evil, 2001), Folio Documents, 2006, pages 1 et 2.

[xiii] Le Figaro, 6/5/2016Laetitia Strauch-Bonnart : Londres est-elle la ville du multiculturalisme heureux? M

4, Sevran, ville sous pression islamiste Par Marie-Amélie Lombard-Latune Figaro  20/03/2016

[xv] Corinne Lepage, Huffington Post, 9/5/2016

[xvi] Caroline de Haas, tweet, 7/1/2016

[xvii]  Pierre Vermeren, Le Figaro le 10/03/2016

[xviii] By Allison Pearson BBC  15 May 2013

[xx] Alain CHOUET Le 18 avril 2016

Monsieur le Directeur Général,

Suite aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 et à l’implication de certains citoyens belges dans ces attaques, j’ai été sollicité par l’AFP le 15 novembre et la chaîne de télévision Arte le 17 novembre pour fournir une évaluation personnelle sur  cette implication. Au cours des interviews ainsi accordées, j’ai relevé que : 1/ la gestion électoraliste et communautariste de certaines communes de la périphérie de Bruxelles – en particulier Molenbeek ( que je connais bien pour y séjourner régulièrement et y donner des conférences au Cercle local de la Morale Laïque ) - avait conduit depuis 30 ans à la constitution de dangereux foyers de radicalisation islamique. 2/ un certain nombre de responsables politiques belges, en particulier les bourgmestres de ces communes problématiques, avaient multiplié depuis longtemps les obstacles de tous ordres à l’action des services de sécurité destinée à endiguer les conséquences violentes de ces phénomènes de radicalisation.  / l’organisation et la sécurité des aéroports internationaux de Belgique, en particulier ceux de Zaventem et de Charleroi que je connais bien, laissait à désirer. J’ai conclu de ces différentes constatations que la Belgique me paraissait vulnérable aux attaques djihadistes et constituait un point faible pour la sécurité européenne en général et française en particulier malgré l’inlassable dévouement et

l’engagement des services de sécurité belges que j’ai pu mesurer lors de mon affectation à Bruxelles et que je n’ai jamais remis en cause.Ces affirmations m’ont valu dès le lendemain la colère du Premier Ministre belge qui s’en est pris personnellement et violemment à moi dans différents médias. Vous avez répondu à cette colère en faisant adresser à l’Administrateur Général de la Sûreté belge une lettre qu’il a rendue publique ainsi libellée selon le quotidien flamand « De Standaard » du 21/11/2015 :

Monsieur l'Administrateur Général, Depuis sa retraite, M. Alain Chouet a jugé utile de donner son opinion sur les attentats du 13 novembre. - M. Chouet a quitté la DGSE en 2001. - Depuis 14 ans, il n’entretient aucune relation avec notre service et

ses personnels.- Notre administration n'est pas en mesure d'interdire aux médias de recueillir les opinions de M. Chouet : ce dernier ne divulgue aucune information classifiée, puisqu'il n'en détient aucune. -Sur le fond, les opinions de M. Chouet ne sont pas seulement fausses et injurieuses: elles sont aussi indécentes. En vous exprimant toute notre gratitude pour l'aide indispensable de votre service. Je n’ai jamais prétendu parler au nom de la DGSE que j’ai quittée définitivement

il y a 9 ans (et non 14) après avoir quitté mes fonctions de Chef du Service de Renseignement de Sécurité en octobre 2002 (et non 2001). Mes « dernières relations avec votre administration et ses personnels » datent de 2011. J’ai toujours scrupuleusement rendu compte de mes activités, propos et écrits, à vos prédécesseurs, même après avoir pris ma retraite en 2007, et j’ai reversé en 2011 les droits d’auteur d’un de mes livres à l’Association du personnel du Service. Il m’est revenu, peu

après votre prise de commandement en 2013, que vous ne souhaitiez pas que ces liens soient maintenus. J’ai bien sûr respecté ce choix. Je n’ai évidemment pas accès à des informations classifiées mais il n’en est nul besoin pour constater des évidences flagrantes. En effet, depuis que j’ai tenu les propos que vous incriminez en les qualifiant de « faux, injurieux et indécents », il est apparu de façon claire que : 1/ Le nom de Molenbeek est devenu le terme générique (utilisé même par des ministres

français) et la marque déposée des localités de Belgique et de France devenues zones de non-doit livrées à l’activisme des bandes salafistes et réservoirs de djihadistes.2/ Différents responsables des services de sécurité belges ont dénoncé en termes parfois très durs les obstacles permanents mis à leur action par certains responsables politiques fédéraux et locaux des communes concernées et de l’ensemble du pays. Je joins ci-dessous à ce courrier le pamphlet intitulé « J’accuse ! » rédigé le 22 mars 2016 par M. Bernard Snoeck, ancien responsable du contre-espionnage et du contre-terrorisme au SGRS (Service Général du Renseignement et de la Sécurité) belge où il dénonce avec violence les faits que je n’avais fait qu’évoquer. D’autres policiers, fonctionnaires et militaires des services de sécurité belges avec qui je suis resté en contact, et dont je salue encore une fois

l’engagement, m’ont transmis l es mêmes doléances. 3/ Il apparaît le 15 avril 2016 dans la presse belge que « Les manquements en personnel et en organisation à l'aéroport de Zaventem avaient été soulignés dans deux rapports confidentiels (datant de 2011 et 2015) de la Commission européenne. » et que « Madame Jacqueline Galant, Ministre belge des transports, a dû présenter sa démission après avoir été accusée par son administration d'avoir refusé à plusieurs reprises d'octroyer les moyens

nécessaires au renforcement de la sécurité dans ces lieux sensibles. »

À la lueur de ces constatations, il semble que les opinions que j’ai livrées à l’AFP et à Arte au lendemain des attentats du 13 novembre n’étaient ni fausses ni, donc, injurieuses. Quant à leur « indécence », il s’agit d’une appréciation subjective que je ne discuterai pas. Je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Général, les assurances de ma haute considération.

J’ACCUSE !

Bernard Snoeck (Belgique)

Ancien membre du Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS), spécialiste du contre-espionnage opérationnel et du contre-terrorisme

22 mars 2016

Avec colère, suite aux événements du 22 mars 2016, j’accuse la Belgique d’avoir été attentiste depuis des années et de n’avoir jamais donné les moyens aux services de renseignement de faire leur travail professionnellement, pour tenter de prévenir ce genre d’attaques. J’accuse… les politiques ! J’accuse les responsables politiques de n’avoir jamais voulu comprendre la montée de l’islam radical et de l’avoir délibérément ignorée pour cause d’électoralisme et de « politiquement correct ». Je les accuse d’avoir laissé plusieurs communes belges développer un radicalisme djihadiste depuis des années, au point qu’un responsable socialiste m’avait un jour dit « nous connaissons le problème de Molenbeek mais, que voulez-vous, c’est un électorat qu’on ne peut négliger ».

J’accuse les responsables politiques, à tous les niveaux, de ne pas donner les moyens nécessaires et indispensables aux services de renseignement et de police, de continuer à les sous-financer chroniquement et de ne pas mettre en place les législations qui permettraient une action efficace. Le renseignement surtout manque de moyens. Je les accuse de ne pas former suffisamment le personnel des services et de préférer les nominations politiques à celles de dirigeants compétents.

J’accuse un ancien ministre de la Défense de n’avoir pas autorisé une enquête approfondie sur l’islam radical au sein des forces armées afin de « ne pas stigmatiser la population musulmane au sein de l’armée » (dixit), alors même que nous avions connaissance de personnes radicaliséesau sein de la « grande muette ».

J’accuse… les services de renseignement J’accuse le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS, le service militaire) de ne pas développer un département analytique digne de ce nom : des informations sont collectées mais pas Canalysées. Le service se retrouve avec des données dont il ne sait que faire, faute de compétences internes pour les exploiter. Ses « analystes » sont surtout des gestionnaires des dossiers opérationnels. Le SGRS a par exemple eu en mains les milliers de pages du manuel du djihad d’Al-Qaïda, il n’a jamais été analysé, faute de compétences et de moyens. J’accuse l’incompétence de certains responsables du contre-terrorisme militaire qui ne comprennent pas le travail de renseignement et le mettent en danger chaque jour par les décisions inconséquentes qu’ils prennent. Aujourd’hui, en Belgique, le responsable du contreterrorisme militaire n’est jamais un homme issu du renseignement et il ne faut aucune compétence spécifique pour occuper ce poste ! Le dernier colonel en charge du contreterrorisme nous disait son peu d’intérêt pour l’analyse (« nous n’en n’avons pas besoin, disaitil ») et a pris la décision de supprimer la bibliothèque consacrée à ce sujet. Comment peut-on

analyser sans connaissances, sans background, sans compréhension profonde des enjeux ?

 Comment peut-on utiliser l’information opérationnelle récoltée sur le terrain si elle n’est pas connectée, investiguée, mise en liens et en perspective ? Je me souviens d’un responsable de la sécurité belge qui me disait « que l’on peut régler une

attaque chimique avec l’eau des camions de pompiers » (sic) … Propos tenus lors de la visite du président Bush à Bruxelles en 2005.

Je me souviens des propos d’un responsable de la Sûreté de l’Etat qui s’énervait lorsque je disais en 2001 que la Belgique était une base arrière du terrorisme depuis des décennies. Une situation connue depuis plus de 20 ans et pour laquelle rien ou presque n’a été fait faute de moyens et de volonté. Toujours ce politiquement correct qui gouverne notre pays !

 J’accuse le contre-terrorisme militaire d’amateurisme : manque criant d’inspecteurs de terrain (combien en avons-nous sur le terrain, général ? Je sais, c’est secret mais c’est surtout  dramatique) et manque critique de connaissances sur l’islam radical.

J’accuse… et après ?

Je ne peux terminer ce « j’accuse » sans une pensée pour mes anciens collègues du renseignement et de la police fédérale qui, toujours, ont fait montre d’une volonté de travailler le plus professionnellement possible sans que le monde politique ne leur témoigne le moindre soutien réel, hors des discours en conférence de presse. Les responsables politiques n’écoutent pas les services de renseignement. Jamais. Quand sont-ils venus pour la dernière fois dans les bureaux des services militaires pour tenter de comprendre nos missions ? Quand ont-ils constaté de visu le manque de moyens de services sur lesquels ils comptent pour assurer la sécurité des citoyens ? Malheureusement il est trop tard. Les morts sont là et l’on ne peut que pleurer sur l’impéritie de nos responsables. Toutes mes pensées se dirigent bien sûr vers les victimes et leurs familles. Mais ma colère se tourne aujourd’hui vers le monde politique. Si les coupables sont bien évidemment les djihadistes, il y a également des personnes responsables d’avoir laissé ces attaques se perpétrer ; et elles devront rendre des comptes aux citoyens belges. Ce sont des années de mauvaise gestion et de défaut de prévoyance qui sont à l’origine de cette situation ; le gouvernement actuel ne fait que tenter de colmater les brèches d’une situation héritée de ses prédécesseurs. Mais maintenant, il nous faut réagir et proposer des solutions. Ce n’est plus un choix, c’est une obligation que nous devons aux victimes du terrorisme et afin de remédier à nos incompétences.

[xxi] Nadine Picaudou, L’islam entre religion et idéologie. Essai sur la modernité musulmane, Paris, Gallimard, coll. «NRF essais», 2010, 310 p, Pierre Vermeren,  Le choc des décolonisations, op. cit. p. 202.

[xxii] https://revdh.revues.org/1778 : A la suite des attentats survenus le 13 novembre 2015, l’état d’urgence a été décrété selon le cadre législatif posé en 1955, actualisé par la loi du 20 novembre 2015. Parallèlement à la mise en œuvre de ce régime d’exception, la représentation permanente française a informé le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe de la volonté de déroger à la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) sur le fondement de son article 15.

[xxiii] Jean Luc Harouel, Les droits de l’homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, 2016

[xxiv] « GB : Enquête sur les tribunaux islamiques », Le Figaro, 26 mai 2016.

[xxv] Mathieu Bock-Côté, le multiculturalisme comme religion politique, Edictions du cerf, 2016.

[xxvi]  Thierry de Montbrial, La Libre Belgique, 28 mai 2016

[xxvii] Liste des signataires de la tribune: “Nuit de Cologne : « Kamel Daoud recycle les clichés orientalistes les plus éculés »”

Amara Noureddine,

Historien

Beinin  Joel  

Historien

Ben Hamouda Houda

Historienne

Challand  Benoît

Sociologue

Dakhlia Jocelyne 

Historienne

Dayan-Herzbrun  Sonia

Sociologue

Davis Muriam Haleh 

Historienne

Fabbiano Giulia 

Anthropologue

Fontaine Darcie 

Historienne

Goldberg David Theo 

Philosophe

Hage Ghassan

Anthropologue

Khalili Laleh 

Anthropologue

Leperlier Tristan

Sociologue

Marzouki Nadia 

Politiste

Ménoret  Pascal 

Anthropologue

Pouessel Stéphanie 

Anthropologue

Shakman Hurd Elizabeth

Politiste

Serres Thomas 

Politiste

Soudani Seif 

Journaliste

[xxviii] Elisabeth Badinter Marianne Mercredi 06 Janvier 2016

[xxix] Les Molières de la honteDavid Bobée et Yann Gael Pour le collectif Décoloniser les arts  Publié le 20/05/2016.

Après des Oscars so white, des Molières 2016 désespérément blancs, dénonce dans une tribune publiée sur Télérama.fr, le collectif Décoloniser les art. Qui appelle à un rassemblement le lundi 23 mai.

Lundi 23 mai se tiendra à Paris la cérémonie des Molières 2016, destinée à récompenser les meilleur.e.s artistes du théâtre public et du théâtre privé français. Dans la catégorie acteurs et actrices nommés (34 au total) combien de noirs, d'asiatiques, d'arabes, de maghrébins, de latins ? Zéro. Que des blancs. Des Molières désespérément blancs. Sur plus de 86 artistes nommé.e.s dans 19 catégories, on compte en tout et pour tout :1 seule artiste issue « de la diversité », dans catégorie humour.

Parmi les metteur.ses en scène nommés Z éro. Que des blancs. Que des hommes.

De l'espoir du coté des auteurs francophones ? Il y aura bien quelques noirs ? Arabes ? Asiatiques ? des auteurs venus de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane, La Réunion, du Congo, du Togo, d’Algérie, de Tunisie, du Vietnam ou d’ailleurs ?
Zéro. En 2016, les Molières sont donc monochromes : reflet du milieu théâtral, artistique et culturel français, reflet d’une société qui tourne le dos à une partie d’elle même et s’étonne que certains puissent s’éloigner. Les Molières sont coupables d'un sale racisme d'omission. Lors de la Cérémonie 2015, des voix et des articles de presse avaient déjà dénoncé l’absence de diversité dans le palmarès des interprètes. Et suite aux récents débats sur la diversité culturelle il est étonnant qu’ils aient pu ignorer ces problématiques cette année encore. Molières, labélisés saison blanche. À nouveau. Un racisme d’omission qui choque par cette réitération. 85 + 1 Silence De la profession. Le dernier non-blanc à recevoir un Molière était Jean-Michel Martial en 2004.
Il y a 12 ans. N'est-il pas temps de récompenser un théâtre pour tous de tous ? Tous les français ? Bleu Blanc Rouge, inclusif des couleurs de la société Française ? Oui, on aurait espéré un symbole. Oui, venant de la Culture, cela aurait été bienvenu, un symbole. Et plus encore un engagement pour la justice. Contre le racisme, contre les replis culturels, nationalistes et identitaires, contre la peur généralisée, contre la haine de l'autre, on aurait pu célébrer une culture riche de sa diversité. Une culture commune. Quand 30% de la population française n'est pas blanche et n'a aucun moyen de se reconnaître dans la moindre idée de culture commune, oui, de communauté à l'échelle d'un pays. Quand un pays a désespérément besoin d’un récit commun.

La pratique de la Culture se doit d’être pour chacun et chacune l’endroit et le moment d’une célébration partagée, d’un lien social renoué, entre les individus quelles que soient leurs classes, leurs origines, leurs religions ou leurs couleurs de peaux.

Il arrive de temps en temps qu’elle le soit dans le public comme dans le privé mais visiblement pas pour l’Académie des Molières.

Ils sont pourtant bel et bien là et talentueux les acteurs, les actrices, les auteur.e.s, les metteurs, les metteuses en scène des toutes les origines, de toutes les cultures et de toutes les appartenances ethniques.Là mais trop souvent et volontairement ignorés.Les Molières méprisent la diversité de la population française, de la communauté artistique française et cultivent leur entre-soi. Encore une fois. Alors qu'ils aillent au diable ces Molières.  Irresponsables.

David Bobée et Yann Gael Pour le collectif Décoloniser les arts

RASSEMBLEMENT Appel du Collectif Décoloniser les arts à se rassembler pacifiquement et protester devant les Folies Bergères (32 rue Richer, Paris 9ème, métro Cadet ou Le Peletier) le lundi 23 mai à partir de 19 heures.

[xxx] Virginie Martin, Sonner le glas de la France d’Astérix, Le Monde du 12 mai 2011.

[xxxi] Ainsi l’affaire du rappeur Black M, initialement programmé par la mairie de Verdu  aux cérémonies commémoratives de la bataille  puis décommandé sous les pressions. Qu’aurait chanter Black M ?

« Sous estimer le black, ne fais plus jamais ça

Sinon j’te fais payer le triple Comme à Jamaa el F’na » http://www.paroles.net/black-m/paroles-jemaa-el-fna

Le 28 avril 2011, une bombe explosa à Marrakech sur la place Djamaa el F’na, au café Argana très fréquenté par les Français, tuant 11 personnes dont 8 Français.

[xxxii] Le Figaro «Le procès en islamophobie contre Kamel Daoud est digne de l'époque stalinienne» Laurent Bouvet est professeur de science politique à l'UVSQ-Paris Saclay. Son dernier ouvrage, L'insécurité culturelle, est paru chez Fayard.Publié le 01/03/2016 à 19:11

[xxxiii] « Il y a un problème de l’islam en France », n’hésite pas à proclamer le nouvel académicien Alain Finkielkraut, regrettant même « que l’on abandonne ce souci de civilisation au Front national ». À cette banalisation intellectuelle d’un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l’existence d’un « problème juif » en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes.
Tenants d’une politique de la peur et d’une guerre des civilisations, ces apprentis sorciers mettent en péril notre avenir commun. Sous le poids d’un passé colonial jamais vraiment soldé, la question musulmane détient aujourd’hui la clé de notre rapport au monde et aux autres, selon qu’on la dénoue ou qu’on l’exacerbe, qu’on l’apaise par la raison ou qu’on l’agite par la passion. Selon, en somme, que l’on considère (et qu’on accepte et qu’on respecte) nos compatriotes musulmans dans leur diversité ou qu’on les essentialise en bloc, figeant tout ce qui ressort, peu ou prou, de l’islam dans une menace indistincte qui légitimerait leur exclusion ou leur effacement. Cette réduction des musulmans de France à un islam lui-même réduit au terrorisme et à l’intégrisme est un cadeau offert aux radicalisations religieuses, dans un jeu de miroirs où l’essentialisation xénophobe justifie l’essentialisation identitaire.
Telle est l’alarme que ce livre voudrait faire entendre, en défense des musulmans, dans la diversité humaine de ce que ce mot recouvre. En défense de toutes celles et de tous ceux qu’ici même, la vulgate dominante assimile et assigne à une religion, elle-même identifiée à un intégrisme obscurantiste, tout comme, hier, les juifs furent essentialisés, caricaturés et calomniés dans un brouet idéologique d’ignorance et de défiance qui fit le lit des persécutions.
L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l’on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France. Edwy Plenel (Pour les Musulmans, CR)

[xxxiv] Télérama du 4 janvier 2016

[xxxv] A. Meddeb, la maladie de l’Islam, Points Essais, p. 16.

« le sujet d’Islam, dans l’horizon de sa propre territorialité symbolique et linguistique, reste exclu de l’esprit scientifique : il n’est pas dans el concept de l’avion, ni dans son invention, ni même dans sa fabrication, mais il peut conduire admirablement l’engin volant et aller jusqu’à le détourner » id. p. 23

[xxxvi] Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), Babel, 2006

[xxxviii] Jean-Pierre Le Goff, Malaise dans la démocratie, Stock, 2016, p.261

[xxxix] «En Angleterre, les radicaux sont ­libres de s'exprimer. Ils ne parlent que d'interdits, ils vous imposent leur vision rigoriste de l'islam mais, en revanche, ils n'écoutent personne», Birmingham à l’heure islamiste, Le Figaro, 24 février 2017.

[xlii] « A conditions que le chaos continue au Moyen – Orient », Viola Davis, as, Marylin richards, CIA Chaiwoman, in, » Syriana », film de Stephen Gaghan, 2005, d’après « La chute de la CIA », mémoires de Robert Baer, op. cit.

[xliii] la maladie de l’Islam, p. 45

[xliv] « Il faut s’opposer aux communautaristes » – Patrick Amoyel | Actu prévention sécurité | France | Publié le 07/04/2016

[xlv] Guillaume Perrault : « Meklat nous renseigne surtout sur ceux qui l’avaient encensé, Le Figaro, 24/02/2017

[xlvi]https://webmail1g.orange.fr/webmail/fr_FR/download/DOWNLOAD_READ_PDF.html?IDMSG=57028&PJRANG=2.2&NAME=La+parole+est+aux+Salafistes+Entretiens+en+mars+et+avril+2016.pdf&FOLDER=INBOX

[xlvii]La cyber défense est assurée en France par l’ANSSI, (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information),  la cyber attaque par la DT, direction technique de la DGSE. Prenant modèle sur les Etats Unis où  les deux directions défense et attaque cyber de la NSA  ont été fusionnées, de même qu’au Royaume-Uni, une  fusion éventuelle de la DT et de l’ANSSI est envisagée, fusion qui    aboutirait nécessairement à la création d’une agence indépendante. Les opposants  à cette fusion redoutent la puissance et l’influence que les capacités d’une telle agence apporteraient à l’exécutif.  

[xlviii] Le Sanglot de l'homme blanc", par Philippe Bernard  LE MONDE | 14.08.2008

C'était un autre siècle. Pierre Mauroy gouvernait la France, Mobutu régnait à Kinshasa et l'éphémère Iouri Andropov dirigeait l'URSS, lorsque Pascal Bruckner, "nouveau philosophe" de 35 ans, lança dans la mare de la gauche majoritaire, sa charge contre la mauvaise conscience occidentale, pièce maîtresse d'un tiers-mondisme alors bien-pensant. " L'homme blanc est méchant" : tel était le dogme de la religion qu'il dénonçait, vouée à l'expiation des crimes négriers et coloniaux. Alliés en repentance, gauchistes et chrétiens constituaient les piliers de cette Eglise dont Jean-Paul Sartre aurait été le pape. La " dépréciation du message européen" universaliste et son corollaire, l'antiaméricanisme, en étaient le credo.

Un quart de siècle après, (re)lire Le Sanglot de l'homme blanc (Seuil, 1983) est une expérience fascinante. A quelques pages près, ce traité de la culpabilité occidentale se parcourt à la fois comme une oeuvre prémonitoire et comme un livre d'actualité. Droit à la différence contre égalité, autodénigrement postcolonial contre refus de la repentance, et bien sûr, Sanglot de l'homme blanc contre responsabilisation des pays du Sud : les principaux débats qui agitent la société française, et singulièrement la gauche, depuis vingt-cinq ans sont non seulement annoncés, mais décortiqués et tranchés.

Signe de son influence sur l'évolution des idées, le livre, qui avait scandalisé une partie de la gauche, ne provoquerait plus pareil émoi. Sa principale cible, le tiers-mondisme bêlant, a pratiquement disparu. Les reportages militants sur l'émergence d'un "homme nouveau" en Chine ou à Cuba ne se vendent plus. Aucune ONG n'ordonne plus aux Occidentaux repus de manger moins de viande pour lutter contre la faim en Afrique.

De même, la description comique des hippies venus se ressourcer au contact de cultures lointaines qui ne les intéressent que comme miroir et mise en valeur d'eux-mêmes date. L'on pense alors néanmoins à la vogue actuelle pour le bouddhisme et la cause tibétaine. Et lorsque Pascal Bruckner brocarde les âmes généreuses professant que, pour sauver les pauvres, "il faut faire quelque chose et plutôt n'importe quoi que rien", l'évocation de la récente équipée au Tchad de l'Arche de Zoé paraît limpide.

Récemment, l'émergence de la Chine, de l'Inde et du Brésil a brisé l'image d'un tiers-monde voué à la pauvreté par l'impérialisme occidental. La foi dans les vertus rédemptrices des pauvres et l'espoir d'un salut du Nord par le Sud se sont aussi heurtés aux sanglantes désillusions postcoloniales et, en France, à la dramatique conduite des affaires africaines par la gauche. Porteurs d'espoir, les persécutés ont perdu leur innocence en se transformant en bourreaux.

Qui aujourd'hui, après le génocide rwandais ou la mainmise des talibans en Afghanistan, pourrait ériger a priori le tiers-monde en Terre promise vouée au ressourcement et au repentir d'un Occident prédateur ?

L'irruption d'une Chine sans complexes en Afrique, impensable en 1983, bouleverse les données du problème. Si le tiers-mondisme n'est plus ce qu'il était, la rhétorique occidentale de la haine de soi, au centre du Sanglot de Pascal Bruckner, n'a cessé de baliser le débat intellectuel. Les clivages se sont exacerbés après le 11-Septembre. Attitude offensive ou examen de conscience occidental ?

CULPABILITÉ POSTCOLONIALE

En 2003, Pascal Bruckner a répondu en défendant la guerre en Irak. La problématique de la culpabilité postcoloniale n'a cessé de traverser le débat politique. De l'attitude à l'égard des immigrés sans papiers aux émeutes de banlieues, du foulard islamique à la repentance à l'égard de l'Algérie ou à la loi sur le "rôle positif" de la colonisation, les larmes moquées par Pascal Bruckner ont imprégné la plupart des grandes controverses hexagonales de ce dernier quart de siècle.

Le plus récent discours inspiré par Le Sanglot est sans doute celui prononcé en juillet 2007 à Dakar par le chef de l'Etat français. M. Sarkozy y qualifie de " crime" la traite négrière et de " faute" la colonisation, mais il exclut la repentance et appelle l'Afrique à se prendre en main pour "entrer dans l'histoire". La droite, et singulièrement Nicolas Sarkozy, très "brucknérien" ont su exploiter la lassitude suscitée par les vaines pleurnicheries tiers-mondistes et la répugnance des Français à tirer des leçons dérangeantes de leur histoire. Prompte à ironiser sur la "victimisation" des peuples du Sud par la gauche, la droite s'est pourtant lancée dans une croisade en faveur des victimes de l'insécurité devenues l'alpha et l'oméga des politiques policières et judiciaires.

De son côté, la gauche est restée prisonnière de ses vieilles contradictions. Les "progressistes" d'aujourd'hui, partagés entre leurs combats anticolonialistes et la conviction d'être porteurs de valeurs émancipatrices universelles, entre le droit à la différence et la lutte pour l'égalité républicaine, sont sortis divisés de ces débats. La reconstruction de la gauche passe par une clarification sur ces sujets cruciaux.

Deux thèmes majeurs étaient absents du cri poussé en 1983 par Pascal Bruckner. La mondialisation exacerbée des migrations et la prise de conscience environnementale obligent à admettre que Nord et Sud se trouvent de fait solidairement responsables. Les menaces que fait peser le sous-développement par des migrations incontrôlées et une gestion anarchique des ressources naturelles donnent un coup de vieux à la problématique de la culpabilité postcoloniale. La lutte contre la pauvreté apparaît comme une cause planétaire. Déjà, certaines élites africaines savent que la mauvaise conscience occidentale a trop longtemps permis d'exonérer les responsabilités locales. D'ailleurs, les nations asiatiques émergentes qui aujourd'hui, prétendent "aider" le tiers-monde à se développer, ne souffrent, elles, d'aucun complexe de l'homme blanc.

Le Sanglot de l'homme blanc, Pascal Bruckner Seuil, 2002, 300 pages, 7,50 €99