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Cycle d'études 2014-2015-La synthèse régionale du sujet « La guerre demeure-t-elle la poursuite de la politique par d’autres moyens ou doit-elle désormais être considérée comme l’échec du Politique ? »

 

Table des matières :

Introduction :                                                                                                                       

Portée et limite du sujet,                                                                                        

Actualité de la guerre.                                                                                            

1ere partie : la France est aujourd’hui en guerre : laquelle ? Contre qui ?                             

La France en guerre à l’extérieur,                                                                        

La France en guerre à l’intérieur, sur son territoire national.                             

2ème partie : Affrontements et guerres au XXIème siècle.                                                        

Les affrontements traditionnels n’ont pas disparus                                                       

Les guerres asymétriques se mènent avec les technologies les plus sophistiquées           

3ème partie : Propositions d’action prospectives pour la France et l’Europe              

La France                                                                                                                

L’Europe est un théâtre d’opération en elle-même.                                                       

Conclusion.                                                                                                                         

Rapport annuel, en synthèse des travaux

des Centres de Arras, Boulogne, Lille, Valenciennes.

Introduction :

1. Portée et limite du sujet :

Le thème d’étude proposé par l’IHEDN fait référence à ce qu’il est convenu d’appeler « la formule » de Clausewitz.

Cette « formule » est énoncée au point 24 du premier chapitre (Qu’est ce que la guerre ?) du premier livre (De la nature de la guerre) de son ouvrage « De la guerre » publié en 1832 par sa veuve : « La guerre n’est que la simple continuation de la politique par d’autres moyens ».

Carl von Clausewitz réfléchi sur cet art qu’est la guerre et son « brouillard » (autre formule qui traversa les siècles) avec modestie, à partir de sa propre expérience d’officier prussien confronté aux combats européens de la Révolution française et du Premier Empire, auxquels il participe, en tentant de tirer les leçons générales des guerres menées tant par Frédéric le Grand que par Napoléon Bonaparte.

Dès lors, la réflexion sur les conflits des XVII et XVIII siècle ne revêt qu’un intérêt historique, mais le simple fait que « la formule » ait traversée les siècles pose la question de son actualité

2. Actualité de la guerre.

La guerre, « acte de violence dont l’objet est de contraindre l’adversaire à se plier à notre volonté » elle, demeure d’une actualité brulante, à travers le monde contemporain, même si elle revêt des formes nouvelles et diverses.

En témoigne l’engagement de soldats français, les armes à la main, sur un certain nombre de théâtres d’opération extérieurs, le pouvoir politique ayant recours à l’instrument militaire pour réaliser les objectifs stratégiques qu’il s’assigne, par exemple : protéger Bamako, au Mali, contre les rebelles islamistes, ou séparer les belligérants en République Centrafricaine.

  1. Cet « acte de violence », qui entraine le prix du sang, prend aujourd’hui des formes variées :
  • Guerres civiles de religion, comme au Proche et au Moyen Orient, entre musulmans chiites et sunnites, ou en Asie entre bouddhistes et musulmans,
  • Guerres asymétriques « du faible au fort », comme en Afrique subsaharienne, voire « du fort au fou », entre la coalition réunie par les puissances occidentales et les mouvements islamistes radicaux d’Al Qaeda ou de Daech,
  • Terrorismes les plus divers en terme de cibles comme de modalités d’action, le retour des actions « kamikazes » en constituant la forme la plus inhumaine.
  • Certes, dans la définition de Clausewitz, on ne parle de guerre que lorsque le sang coule. Mais il est légitime d’aller au delà et de parler de « guerre économique », avec, pour le vaincu, les cohortes de sans emploi et les friches désertées par les activités économiques, paysages dignes de ceux ayant subit le souffle de la guerre.

Après tout, le « blocus continental » imposé par le Premier Empire débouche sur les guerres d’Espagne et de Russie, et, comme l’observe Jean Hervé Lorenzi dans son dernier ouvrage « Un monde de violences » : « dans le meilleur des cas, ils (les conflits) se feront sur les change ; mais peut être se feront-ils sous des formes plus guerrières ».La guerre économique n'est sans doute pas la plus médiatisée mais a pourtant plus de consistance aujourd'hui,  en soulignant le paradoxe que nos plus fidèles alliés militaires et dans la lutte anti-terroriste sont nos également nos « pires » ennemis de la guerre économique : un Etat n’a pas d’ami, mais n’a que des intérêts

  • Il faut également évoquer la cyber-guerre, et dans son ouvrage jean Hervé Lorenzi observe que « Ce n’est pas parce quelles sont virtuelles que les cyber-attaques n’appartiennent pas à une réalité guerrière et, donc, destructrices » et la guerre de l'information qui me semble être les méta-guerres irriguant toutes les guerres reprises ci-dessus. (vu cependant que ces points sont abordés par après).

b) Pour autant, les affrontements indirects entre Grandes Puissances n’ont pas cessés, comme l’illustre la lutte engagée entre les USA et la Russie en Ukraine : le sang des affidés coule, d’ordre et pour compte de donneurs d’ordre… Les récentes cyber-attaques subies par les Etats Unis, qui les attribuent à la Chine témoignent que les conflits, les chocs d’intérêts et les relations de tensions entre « Grandes Puissances, prennent des formes subtiles !

S’agissant de notre pays, le déploiement de soldats français en opération tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national a amené le pouvoir politique à reconnaitre que « La France est en guerre », ce qui sera l’objet de notre première partie, avant, dans une deuxième partie, d’élargir la réflexion aux conflits qui se dessinent au XXIème siècle, puis, conformément à la finalité des réflexions demandées annuellement aux Auditeurs de l’IHEDN, de formuler dans une troisième partie des propositions d’action prospectives pour la France et l’Europe, afin, en conclusion, de tenter de répondre à la questions posée.

 

1ère partie : la France est aujourd’hui « en guerre » : laquelle ? Contre qui ?

 

« La France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical » (discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale le 13 janvier 2015).

Des mots furent prononcés devant la représentation nationale et ont suscité une large adhésion tant était forte l’émotion soulevée dans la Société française par les attentats commis à Paris début janvier 2015.

Ces actes de guerre, répétés selon des modalités variées dans d’autres pays européens, font échos aux combats engagés par l’Armée française, sous l’autorité du Président de la République, chef des Armées, par mandat de l’ONU, s’agissant d’actions extérieures.

En réalité, les opérations extérieures et les opérations intérieures constituent les 2 faces d’un même affrontement entre l’islamiste radical conquérant et les « Etats modernes mondialisés » qui, de la Chine à l’Europe et à l’Amérique, résistent à cette poussée violente.

  1. La France en guerre à l’extérieur,

Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2008 introduit la notion « d’Arc de crise », qui, des rivages de la Mauritanie à l’Asie centrale, constitue la zone essentielle des conflits dans lesquels notre pays est engagé.

Il s’agit d’abord de protéger des populations victimes de massacres ou susceptibles d’être massacrées, comme en Lybie, au Mali, en République Centrafricaine ou en Irak) : cette réponse par les armes à une situation extérieure, engagée par le Chef de l’Etat, chef des Armées illustre le fait que l’outil militaire demeure « l’ultima ratio régis » (devise que portaient les canons du roi Louis XIV !). Pour faire entendre raison à qui se présente les armes à la main, le recours à la force armée est la seule réplique pertinente sinon toujours efficace

Pour autant, au delà des motivations « humanitaires » de protection des populations, il s'agit également de ne pas laisser se constituer des « sanctuaires de non droit international », une territorialité du terrorisme lui permettant de bénéficier d’une légitimité quasi étatique, d’assises économiques et financières (via les trafics les plus divers, l’impôts levé sur les populations soumise par le fer et la terreur, le pillage des ressources naturelles et artistiques...), de profondeur stratégique, et de capacité de recrutement que ce soit au sein des population locales ou par l’enrôlement de personnes extérieures, issue notamment du Monde Occidental : On voit clairement en suivant le déploiement de Daesh que son assise territoriale lui permet tout cela.

Le risque est grand, en effet, de l’enlisement des opérations dans « le brouillard de la guerre », dont nul ne sait très bien comment on en sort, et les exemples sont nombreux où, comme en Afghanistan, les belligérant occidentaux sont passés du statut de libérateur à celui d’occupant. Les forts ne soumettent jamais très longtemps les faibles, et encore moins les fous !

La question de l’intervention militaire pose d’abord au décideur politique la question redoutable de la suite : que se passe-t-il, sur le terrain, une fois les armes « victorieuses » ? A qui et comment passer le relai du maintien de l’ordre et de la paix ?

Les chaos entrainés en Irak ou en Lybie par des opérations de guerre sans réflexion préalable quant à « l’état final recherché » aboutissent, pour les populations que souhaitions protéger à une situation que d’aucun juge encore pire que celle résultant de « l’état initial combattu » !

Le remède s’avère à l’expérience, pire que le mal, faute sans doute d’avoir bien compris la nature du mal, et d’avoir trouvé les moyens adéquats pour le traiter !

  1. La France en guerre l’intérieur, sur son territoire national :

Il y a un lien direct entre les forces combattues à l’extérieur (Daech, Al Qaeda…) et les forces combattues à l’intérieur (les groupuscules islamistes radicaux)

Le pandémonium que constitue au sein du monde arabo-musulman la conjonction du conflit israélo-palestinien et de la lutte millénaire entre musulmans sunnites et musulmans chiites, rejaillit, par contagion, sur diverses composantes de la population française.

Le djihadisme fait quelques émules, sans que l’on comprenne bien qui se radicalise et pourquoi, même si on identifie quelques facteurs tels certains prêches incendiaires dans quelques mosquées, un certain nombre de sites Internet, le prosélytisme de quelques individus de type gourous, dans une dérive de type sectaire. Il faudrait sans doute retrouver les études menées sur les voies et moyens qui aboutirent à transformer de paisibles bavarois en tueurs de la SS, ou de braves habitants de l’Oural en tortionnaires du NKVD.

Faut-il évoquer ici la « banalité du mal », notion cher à Hannah Arendt, ou le « ventre encore fécond d’où est issue la bête immonde » de Brecht, même si sans doute celui-ci serait surpris d’observer « les rejetons de la bête » ?

L’ennemi islamique radical, par ses actions armées tant à l’extérieur qu’à l’intérieur reproduit en effet globalement des comportements « totalitaires » du XXème siècle, et on a pu parler, à juste titre, « d’islamo fascisme » et « d’islamo nazisme » !

Les autorités françaises répondent aux risques et aux actions terroristes, essentiellement par des dispositifs de prévention, par le renseignement sous toutes ses formes comme par des dispositifs statiques type Vigipirate et Sentinelle, voire de riposte pour mettre les individus ou les groupes terroristes hors d’état de nuire, au risque d’épuiser, dans ces actions « passives » les forces armées sollicitées sur les théâtres d’opération extérieurs.

Outre les points évoqués le dispositif policier et judiciaire portés par l’organisation et la législation anti-terroriste constitue la réponse traditionnelle mais toujours efficace et indispensable de notre pays.

S’agissant de l'engagement des militaires dans Vigipirate, hormis la protection de points d'importance vitale, il s'agit d'une posture politique plus que d’un engagement militaire, la plupart des missions relevant malheureusement du gardiennage ou au mieux de la garde statique de sites assurée en temps normal par policiers et gendarmes.

Cela peut entraîner un risque fort de perte de capacité opérationnelle et de savoir-faire, qui sont le cœur de métier des unités engagées.

La situation et les engagements français constituent une sorte « d’étude de cas » de la situation internationale dans cette première partie du XXIème siècle, qu’il convient maintenant d’aborder.

  

 

2ème partie : affrontements et guerres au XXIème siècle.

 

Le XXIème siècle s’inscrit en continuité du siècle précédent, les grandes plaques géostratégiques demeurant invariantes, qui induisent le comportement des Puissances et des Peuples, à la recherche de qu’ils estiment être leurs propres intérêts.

Mais l’irruption des technologies nouvelles de communication et d’action bouleverse la donne et les caractéristiques des rapports entre « petits » et « grands ».

  1. Les affrontements « traditionnels » n’ont pas disparu :

Sans forcément adopter l’ensemble des analyses de Samuel Huntington sur « le choc des civilisations », il nous faut constater que demeurent actives des zones de tensions internationales et de conflits, ce qu’illustrent quelques exemples :

  • En Europe, la Russie et les USA s’affrontent par belligérants interposés en Ukraine ou dans les Balkans. Il s’agit de conflits indirects, comme aux beaux temps de la guerre froide, la dissuasion nucléaire rendant impossible une confrontation armée directe entre les 2 protagonistes : on se bat par l’intermédiaire de groupes « pro » ou « anti » largement manipulés, et les « sanctions économiques » prise de part et d’autre en forme de représailles tiennent lieu d’armes de guerre, dont le premier résultat paraît être de susciter la course aux armements des protagonistes sur les terrains d’affrontement.
  • En Asie, de la même façon, les revendications territoriales des uns et des autres en Mer de Chine font ressurgir une sorte de « dynamique westphalienne maritime » qui entraîne également une réelle course aux armements, porteuses de dangers : Y auraient-ils de nouveaux « somnambules asiatiques », pour paraphraser le titre de l’ouvrage de Christopher Clark sur les origines de la guerre de 1914 ? Oui, vraisemblablement, si on observe les agissements de la Corée du Nord, à la technologie menaçante, mais peut être également les jeux dangereux auxquels se livrent la Chine et le japon en Asie du Sud Est!

La tectonique des plaques géopolitiques continue de la sorte de jouer de sa dynamique propre, qui reste sous contrôle tant que les acteurs jouent dans les mêmes registres de rationalité sur « l’échiquier international » où la dissuasion nucléaire garde la plénitude de son rôle de gardien de la Paix.

Pour autant, le recours aux armes par des acteurs locaux reste une réalité prégnante, dans un contexte de révolution technologique mondialisée.

2. les guerres asymétriques se mènent avec les technologies les plus sophistiquées :

Depuis la guerre d’Espagne, après 1808, jusqu’aux guerres qui ont marqué la décolonisation, on constate que dans le rapport du faible au fort, le faible l’emporte globalement sur le fort !

Ce qui était hier combats de guérillas devient aujourd’hui combats également électroniques, à distance, par recours, pour chacun des belligérants à des technologies nouvelles :

  • Internet, les réseaux sociaux et les techniques de communication sont devenues les armes du discours terroriste pour recruter des combattants, engager des actions hostiles, convaincre par la contrainte et l’horreur de l’exemple : « voilà ce qui vous attends si vous ne vous pliez pas à notre volonté ».
  • Les drones et les forces spéciales, en réponse, permettent aux « forts » des « opérations ciblées » contre un individu ou un petit groupe d’individus, en limitant autant que faire se peut les « dégâts collatéraux ». La frappe se conduit à distance, par écrans interposés

Elle permet aussi un retour de capacité et d'efficacité guerrière pour des états démocratiques soumis politiquement, juridiquement et médiatiquement au respect des lois de la guerre et du droit international.

  • Si les armes « NRBC» sont d’un maniement complexe qui requiert des technologies difficiles à maîtriser, en revanche la « cyber guerre », la « e-guerre » parait plus facilement accessible à des « hackers rustiques », dont le repérage et la signature sont, semble-t-il, mal identifiable avec certitude, ce qui rend la riposte aléatoire

A noter que ces techniques sont utilisés tant par les puissants que par les terroristes voire par de simples individus agissant parfois simplement par défi ou par jeu hors de toute idéologie avec pourtant des conséquences potentiellement catastrophiques.

Si le monde (de l'individu aux États) pratique cyber-guerre, le rapport « du faible au fort » est rendu d'autant plus subtil et complexe que l'identification de l'ennemi est parfois voire souvent impossible à déterminer.

  • La violence paroxystique de type Daech mise en œuvre par des « forcenés irrationnels » doit être, à l’évidence, éradiquée, mais comment ? Il semble, pour le moment, que les têtes de hydre repoussent aussi vite que certaines sont coupées !

L’ « irrationalité » des individus composant Daesh portée par des logiques de type sectaires et/ou psychiatriques, n’implique aucune forme de déresponsabilisation de ces criminels et sous-estimation de leurs capacités : ils relèvent, pour le moins, d’un nouveau procès de Nuremberg devant la Cour Pénal Internationale ! Malheureusement des personnes rationnelles mais immorales constituent également ces groupes : on retrouve une fois encore l'analogie avec les régimes totalitaires du XXème siècle.

 

3ème partie : propositions d’action prospectives pour la France et l’Europe

 

Les travaux annuels menés par les Auditeurs de l’IHEDN doivent s’inscrire dans un cadre français et européen, revêtir une dimension prospective, et déboucher sur la formulation de propositions d’action.

Au-delà des constats dressés sur l’état de guerre qui est imposé à nos États par des acteurs nouveaux, d’une redoutable violence, selon des modes opératoires qui remettent en cause l’organisation de nos moyens militaires de réponse, on peut formuler, avec modestie mais conviction, quelques propositions d’actions pour la France et pour l’Europe.

  1. La France,

Elle est objet de menaces graves de représailles sur son sol, elle est en première ligne, à l’intérieur de ses frontières comme en ont témoigné les tueries des 7, 8 et 9 janvier, en résonance avec les opérations militaires de longues durées qu’elle a engagé sur des théâtres d’opérations extérieurs.

Passant en revue les terrains de lutte et les actions à mener (renseignement, prévention, interception…) ont été identifiés les moyens en hommes et en matériels à développer, dans le cadre de budgets contraints.

Il faut prendre position sur les sujets en débat dans l’opinion publique et inciter les Pouvoirs Publics à donner plus d’ampleur à des outils existants dont l’efficacité a été démontrée par les résultats obtenus :

-les mécanismes d’intégration que sont les « Ecoles de la deuxième chance » (et assimilés) et les Etablissements Publics d’Insertion de la Défense, les EPIDE.

S’agissant de ces derniers, ils étaient prévus pour accueillir 40 000 jeunes pas an. Faute de moyens, le programme ne conserve que 3 500 jeunes, alors que le taux de réussite et d’insertion des jeunes est de 80%.

Ces formules permettent à des décrocheurs, volontaires parmi les 150 000 jeunes sortant du systèmes scolaires sans savoir lire, écrire et compter, et dont l’inculture est gage d’ « inemployabilité » voire de terrain propice à recueillir les propagandes les plus extrémistes, de retrouver une place dans la société par l’emploi et l’apprentissage des disciplines collectives de type militaire, comme des valeurs de la République.

- l’engagement volontaire des jeunes au sein du Service Civique, qui, faute également de moyens, refuse les 2/3 des candidats à cette période volontaire de travail au service de la collectivité. Le rétablissement de la conscription ne correspond à aucun besoin des Forces Armées, et l’apprentissage du métier des armes pourrait s’avérer au contraire dangereux (les artificiers du FLB qui ont fait sauter les pylônes de TDF à Roc’h Trédudon avaient appris le maniement des explosifs en effectuant un « stage commando » lors de leur service militaire !).

Il convient donc de conserver le caractère « civique et civil » à cette forme de participation volontaire des individus garçons et filles à des tâches d’intérêt général, en assurant la prise en considération de tous les candidats, pour ne pas décourager les bonnes volontés spontanées, et en assurer la promotion et la contagion par l’exemple au sein de la jeunesse de France. Il faut en particulier faire en sorte que cette période soit prise en compte et valorisée par les recruteurs et les DRH.

Qu’il soit appelé Service « Civique » ou « Civil » ou « National » voire «Militaire », il concernerait quelque 800 000 jeunes hommes et femmes d’une classe d’âge !

S’il devait être universel et obligatoire, où les loger, comment les vêtir et les nourrir, quelles tâches leur faire effectuer ? Quels budgets mobiliser ? On trouvera en annexe 2 la fiche rédigée rapidement pour répondre sur ces points à la demande de l’UA IHEDN sur le sujet

Mais si déjà on pouvait bien faire fonctionner et développer ce qui donne de bons résultats (EPIDE, Service Civique Volontaire) pour ne pas décourager les jeunes volontaires refusés faute de moyens, avant d’inventer des formules nouvelles lourdes et longues à mettre en place, pour lutter contre le délitement de la société française, on aurait sûrement avancé vers la solution. Le mieux est l’ennemi du bien !

- Il s’agit également de reconstruire un « outil de guerre » adapté à la situation présente et future, notamment à la menace terroriste actuelle qui va durer de longues années et sans doute muter pour s’adapter à nos actions, sans omettre de répondre à des défis majeurs tels ceux qui se jouent en Ukraine, comme en Asie…Attention aux « surprises stratégiques » !

  1. L’Europe est un théâtre d’opération en elle-même.

On a beaucoup glosé sur la politique de défense et de sécurité commune (PESC-PESD) qui n’évolue qu’au rythme lent des procédures européennes, alors que le monde, les menaces, les agresseurs évoluent selon le tempo permis par les réseaux électroniques.

Il n’est que temps que les espaces policiers et judiciaires européens se mettent effectivement en place, au-delà des coopérations « techniques » au quotidien (échange de renseignement, assistance technique, droit de poursuite transfrontalier…), afin que la continuité de l’action soit permise instantanément en faisant fi des frontières, et qu'ils puissent dépasser les relations uniquement bilatérales entre États qui elles fonctionnent très bien.

Il serait paradoxal que l’application du principe de libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et des idées soit ouverte à tout et tous sauf aux forces de l’ordre et aux magistrats anti-terroristes : le grand banditisme comme le djihadisme, qui ont souvent partie liée (la guerre se nourri des trafics, et les trafics nourrissent la guerre), se rient des frontières et des souverainetés !

Il convient de convaincre nos partenaires européens de la réalité de la guerre qui nous est faite : le pacifisme est-il encore de mise ? Observons la réaction de Shinzo Abe et du Japon, après l’égorgement de ses 2 ressortissants : on y passe du « pacifisme post 1945 » à une posture de défense active (à but régional également, comme nous l’avons vu l’an dernier dans le dossier ASE). Quelle seraient les réactions de l’Allemagne dans de pareilles circonstances ?

Conclusions :

Dans les relations internationales, le couple « diplomatie-armée » reste la dialectique fondamentale de l’action politique, même si la « diplomatie économique » revêt un poids plus importants ; dans la mondialisation des échanges et des intérêts, l’économie joue tout à la fois un rôle d’amortisseur des tensions et un rôle d’exacerbation des passions !

Si le but de la guerre est la recherche de la paix aux conditions du vainqueur, avec qui négocier si les adversaires n’ont pas la même rationalité (Daech et « les Occidentaux »)

Les modalités juridiques et idéologiques limitent les moyens d’action : comment répondre à la radicalité sans recourir à la radicalité ?

Les nouvelles formes de la guerre remettent en cause le droit de la guerre (« jus de bello » et « jus in bello ») et nécessitent une refonte majeure des critères juridiques établis en 1945.

La guerre est un acte essentiellement politique, que la victoire ou la défaite par les armes vient sanctionner.

L’échec du Politique peut se mesurer par l’écart entre « l’état initialement attendu » à l’engagement de la force armée et « l’état finalement obtenu », quelques soient les circonstances de cet engagement :

« On pensait, comme toujours, que le Monde s’était assagi à la suite de la chute du mur de Berlin, qu’une économie de marché généralisée allait conduire à un monde pacifié et rationnel sous l’égide de grandes institutions internationales. C’était bien mal nous connaître et bien mal connaître Samuel Huntington, mais surtout cette nouvelle hystérie autour de la guerre juste, qui permet de dessiner, et même de légitimer les tueries à venir »

Jean Hervé Lorenzi. Un Monde de violences Eyrolles Editions

Lille, le 5 juin 2015.