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Cycle d’études 2014-2015 – Les travaux des pôles – Antenne Boulogne   du pôle d’Arras.

                    

     « La guerre est-elle la poursuite de la politique par d’autres moyens »…. ou l’échec de la politique…

            La citation de Clausewitz nous renvoie à un monde où la force primait,  alors même que l’option du développement des relations pacifiques entre Etats avait déjà été  évoqué dès 1784 par Emmanuel Kant (Idée d’une Histoire Universelle au point de vue cosmopolitique » -7ème proposition). Le Congrès de Vienne représenta une tentative de normalisation pacifique des relations entre Etats européens, visant à maintenir un statu quo, contrebattue par la volonté d’émancipation des nationalités et la montée des nationalismes. Parallèlement, l’effort d’élargissement territorial et de structuration des Etats tendait à étendre les zones pacifiées, et ce depuis la lutte des monarchies contre les féodalités et leurs guerres privées.

Les excès belliqueux dus aux nationalismes amenèrent à rechercher un type d’organisation supranationale capable de jouer au plan international le même rôle pacificateur que celui joué par les Etats centralisateurs sur leur territoire : la Société des Nations tout d’abord, puis l’Organisation des Nations Unies.

       

        Cette bonne volonté, cette recherche politique de paix internationale, née de l’initiative d’Etats anciens doit faire face à tous les facteurs classiques de trouble : appétits de conquête, idéologies totalitaires aussi subversives qu’agressives, conflits ethniques exploités par des puissances extérieures… qui, joints à la fragilité d’Etats récents, souvent artificiels, aboutissent à une instabilité permanente, sous le couvercle de la marmite nucléaire, inopérante à ce niveau.

1 - Une classification paraît possible :

                          *  Pour certains Etats ou les terroristes fomenteurs de troubles, la guerre reste bien la poursuite de la politique par d’autres moyens.

                          *  Pour les Etats respectueux de certaines règles, fruit de leur expérience, la guerre signifie l’échec de leur politique de paix.

a – La guerre comme moyen ultra politique :

On peut distinguer à l’heure actuelle deux sous-catégories :

        « Etats agressifs », non démocratiques le plus souvent. Russie, Chine, Iran et Etats musulmans finançant la guerre chez les autres… dont l’action pourrait éventuellement être limitée par les sanctions économiques et commerciales, la guerre nucléaire étant exclue.

        « Forces terroristes à la fois territorialisées et supranationales », non étatiques. Elles se répandent sur une surface de plus en plus importante du globe, en Afrique et au Proche-Orient. La politique ne serait pour elles en fait que la poursuite de la guerre, sainte, par d’autres moyens. La guerre est la norme religieuse.

b-La guerre ressentie comme échec de la politique :

Concerne les Etats plutôt démocratiques, commerçants et pacifistes avec, à nouveau, deux sous-catégories :

          « Etats pacifistes plus ou moins actifs » partisans d’un certain devoir de réaction, et donc d’ingérence, de niveau variable, selon la force ou la capacité de nuisance de l’adversaire…et les moyens économiques et financiers disponibles : Etats-Unis, Israël, France, Grande-Bretagne, Australie, Nelle Zélande, Danemark…

          « Etats pacifistes faibles ou inactifs, courageux mais pas téméraires »… le reste de l’Europe, entre autres. Ici aussi, bons sentiments et bonnes intentions mais refus d’ingérence et passivité garantie. A peu près aucun soutien à en attendre.

Pareille classification, pour « pratique » qu’elle puisse paraître n’en est pas moins schématique et figée. Elle ne tient pas compte de la constante évolution historique, mentale, morale, économique…

2 – Le fond de la question repose sur la conception de la relation avec « l’autre », qu’il s’agisse d’une nation, d’un état, d’une communauté.

Le facteur commun de ce que nous appellerons les « attitudes relationnelles» est l’ingérence. Qu’elle soit pacifique, commerciale, ou impérialiste, elle aboutit presque toujours à  placer les entités en situation de dominant ou de dominé.

Tout au long du XIXème siècle, l’Occident, fort de sa supériorité technologique s’est cru investi d’une mission civilisatrice, le « fardeau de l’homme blanc ». La religion, la culture et surtout le modèle politique ont été « exportés », de gré ou de force. La démocratie, expression ultime de la rationalité, a été considérée comme le destin naturel et universel de l’humanité. Bâtie sur ce que l’on pourrait considérer comme des préjugés philosophiques ou religieux, platonicien et chrétien, le principe de l’antériorité de l’existence de l’individu par rapport à celle de la société, le principe de l’autonomie individuelle a été plaqué sur des cultures aux principes radicalement différents, considérées comme arriérées. Au nom tout d’abord d’un racisme protecteur pas forcément malveillant, puis d’un antiracisme assimilateur visant à faire « gagner du temps » à des nations dont on déniait tout droit à une quelconque différence sur leur propre sol, l’Occident a provoqué des déséquilibres mentaux, économiques et démographique que personne n’est en mesure de contrôler et qui se retournent désormais contre lui… à l’intérieur même des ses propres frontières.

    En ce début de XXIème siècle, un nouveau stade a été atteint en Afghanistan, Lybie, Tunisie, Irak, Syrie, Namibie… pays désespérément à la recherche d’un équilibre entre des valeurs occidentales et leur culture, fondamentalement opposées. Selon Huttington, l’Occident ne doit pas croire que la démocratie libérale a une vocation universelle. Seul le soft power peut agir et faire évoluer ces cultures sur le long terme.

     Les dictatures en place ont une histoire et sont elle-même le fruit de l’histoire. Elles correspondent à un état culturel. Les supprimer purement  et simplement ne résout rien car l’état de la société n’est nullement prêt à voir l’émergence de mouvements démocratiques. La place tenue par la religion ne doit pas être sous-estimée. Son rapport avec la politique et les idéaux occidentaux est très complexe et s’y oppose radicalement le plus souvent, du fait de l’existence d’extrémismes aussi fanatiques que barbares et intolérants, aussi bien que du fait des limites de systèmes de pensée de toutes façons archaïques. On finira par convenir en Occident qu’on ne peut imposer un modèle étranger, que ce soit de gré ou de force, sans rapport avec la situation mentale locale.

      Dans ces conditions, l’échec amène les démocraties à s’impliquer militairement face aux réactions de plus en plus agressives. Ici, la guerre marque bien l’échec de la politique.   

                      En conclusion, plus qu’une évolution de l’axiome de Clausewitz, la confrontation entre des sociétés occidentales animées des meilleurs sentiments et des sociétés dont le développement culturel est très différent a abouti à une situation dans laquelle on voit s’affronter des  

- entités fortes et sans état d’âme, offensives, avec des scrupules limités, voire inexistants quant à l’emploi de la force ou du terrorisme, et des…

- sociétés faibles, en repli, sur la défensive, plus ou moins usées moralement et économiquement, vulnérables à l’intérieur même de leurs frontières, cherchant à éviter, par la diplomatie et la politique, l’épreuve de force  qui constitue pour elle un échec coûteux et à laquelle elles sont finalement contraintes.