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AA IHEDN RN

CPE de Lille

Sujet national d’étude 2014-2015 proposé par l’IHEDN :

« La guerre demeure-t-elle la poursuite de la politique par d’autres moyens ou doit-elle désormais être considérée comme l’échec du Politique ? »

« Il est bien plus approprié de dire que Bonaparte avait exactement pris la mesure de ses adversaires  en 1805, 1807 et 1809, mais qu’il s’est trompé en 1812 ; tantôt il a eut raison, tantôt tord, c’est ce que nous apprends le résultat. » (Carl von Clausewitz ; De la Guerre. Collection « Tempus » page 160)

Introduction : répondre à la question par une « étude de cas », celui de la France en guerre, aujourd’hui.

L’heure n’est plus aux dissertations sur « la guerre… », mais à la réflexion et à l’action, dans le droit fil de la mission que nous avons acceptée en portant le titre d’Auditeur de l’IHEDN : «promouvoir l’esprit de défense et de sécurité nationale ».

Comme les plus hautes autorités de l’Etat l’ont confirmé, nous sommes en guerre, tant à l’intérieur, dans l’espace national et européen, que sur les théâtres extérieurs. Outre les 125 000 membres de forces de l’ordre (police et gendarmerie) 10 000 militaires sont déployés sur le front intérieur, dans le cadre du dispositif « Vigipirate attentats », quasiment autant en opérations extérieures.

On est ainsi passé de la notion de « défense » à la notion de « guerre », glissement sémantique qui induit une volonté d’action correspondant à une dimension pro active : il faut savoir attaquer pour répondre à une cause juste, idée traduite dans les adages : « Si tu veux la paix, prépare la guerre (Si vis pacem, para bellum) », « La meilleure défense, c’est l’attaque », « La vigilance est le prix de la liberté (devise de l’OTAN : Vigilia pretium libertatis) », « Se reposer ou être libre (Thucydide : la guerre du Péloponnèse) ».

Faut-il alors proposer que le « Ministère de la Défense » redevienne le « Ministère de la Guerre » ?

La situation française peut donc être vue comme une sorte d’« étude de cas » permettant, en conclusion, de répondre à la question posée.

Pour cela nous allons :

  • Identifier l’ennemi,
  • Qualifier la guerre,
  • Caractériser les buts de guerre que poursuivent les combattants,
  • Lister les lieux de combat
  • Rechercher nos alliés et évaluer ceux de nos ennemis,
  • Réfléchir aux moyens et aux armes utilisés,
  • Formuler des propositions prospectives pour la France et l’Europe.

  1. Identifier l’ennemi :

« L’islamo-nazisme » pour reprendre l’expression utilisée par le député Malek Boutih, Jack Lang (président de l’Institut du Monde Arabe) ou encore le journaliste Franz Olivier Giesbert, parait être une qualification exacte des forces avec lesquelles nous sommes en guerre, celles de l’islamisme fondamentaliste extrémiste, qu’il se nomme Al Qaeda et ses filiales plus ou moins franchisées, Daech, Boko Haram ou autre… :

Il s’agit en effet d’une idéologie totalitaire, à vocation de conquête universelle (voir annexe 1 : la carte du khalifat ambitionné pas « Daech »), visant à soumettre tous les individus à une règle collective unique née de l’interprétation rigoriste et littérale d’un texte rédigé et figé il y a 1350 ans, le Coran. Les notions de « charia » et de « djihad » contenues dans ce Livre Saint se pratiquent alors de manière absolue et dévoyée, au nom d’une seule et unique vérité, l’individu et la société disparaissant derrière la communauté des croyants et ses règles de vie

Pour ce faire, les tenants de cette doctrine s’engagent dans une pratique de conquête par la terreur et la barbarie la plus moyen âgeuse, tout en ayant recours, en parallèle, aux techniques contemporaines les plus sophistiquées pour convertir de nouveaux adeptes à leur radicalité.

A en croire Pierre Servent et Roland Jacquart, experts reconnus en matière de défense et de sécurité nationale, les futurs combattants de ce djihad subissent un entrainement digne de celui que suivaient les recrues de la SS, permettant de transformer un être « normal » en une machine à tuer analogue aux Einseitzgruppen, aux tueurs de la Gestapo ou du NKVD. Il n’y a pas de différence de nature ni de méthode entre la guerre en Biélorussie et en Ukraine entre 1941 et 1944 et les opérations de Daech en Irak, en Syrie ou en Lybie !

On retrouve ainsi, dans l’idéologie comme dans la pratique de cet ennemi implacable, les traits essentiels des organisations totalitaires européennes du XX siècle, jusque et y compris bien sûr un antisémitisme virulent : « le ventre est encore fécond d’où est issue la bête immonde » (Berthold Brecht).

L’objectif de l’ennemi est de convertir toute la planète à l’Islam, (Chinois compris) et de détruire l’Etat d’Israël., son inspiration est l’islamisme, « maladie » de l’islam, son « encadrement » est constitué de Daesh , Al Quaida et leurs métastases.

IL dispose, d’éléments actifs sur nos sols, éléments camouflés ou émergents au sein des communautés musulmanes des divers pays européens (éléments dormants ou ayant échappé à la vigilance de la DGSI et des autres services de sécurité).

Cependant, les Etats européens demeurent à la marge de la guerre intra musulmane, la guerre civile se développant d’abord en terres d’Islam, même si elle déborde chez nous selon des modalités spectaculaires, meurtrières et inquiétantes, mais ponctuelles: ont eut lieu les tueries de Montauban, Toulouse, Bruxelles, Paris, Montrouge, Vincennes, Copenhague…., tandis que des Musulmans tuent chaque jour d’autres Musulmans, au Pakistan, en Syrie, en Irak au Yémen, au Nigeria, en Somalie, au Soudan….  Ils égorgent également des chrétiens d’Orient, présents sur ces terres bien avant l’islam.

Une véritable guerre de religion se double ainsi d’une guerre de civilisation, tant les valeurs occidentales, issues de l’Europe de Lumières sont évidemment radicalement incompatibles avec de tels agissements.

Dernier venu dans ce pandémonium, Daesh revêt quelques caractéristiques particulières, en ce qu’il a énoncé une déclaration spécifique de guerre à la France, fait preuve d’une inhumaine cruauté. (Voir le pilote jordanien brûlé vif ou les décapitations au couteau), s’acharne à détruire les traces du passé préislamique (musée de Mossoul, vestiges de Nimroud…) et se pose ainsi en concurrent sinistre d’Al Quaida.

  1. Qualifier la guerre

Elle se déroule simultanément sur les fronts intérieurs et extérieurs.

a) A l’intérieur, il s’agit, jusqu’à présent, d’une guerre anti terroriste, contre des cellules mouvantes disséminées sur le territoire, en liaison avec des cellules « cancéreuses » existantes dans les autres pays européens. (cf : La Foudre ou le Cancer, Général Jean Delaunay, 1985, éditions Pygmalion, Prix Vauban ; à l’époque le « cancer » était l’infiltration de l’Occident par les réseaux et les agents de « l’Est », mais le raisonnement peut être transposé à la situation crée par la multiplication des cellules islamistes radicales sur nos territoires)

On observe en effet des pratiques terroristes soit par engins explosifs, soit par commandos de tueurs, analogues dans les différents pays européens touchés, ces dernières années, par des attentats ou par des tueries.

b) A l’extérieur, il s’agit de bandes islamistes radicales armées, lancées à la conquête de territoires (Mali, Irak, Syrie, Nigéria….) avec la volonté d’y installer un  régime dictatorial féroce dont les actes de l’Etat Islamique dans le Khalifat qu’il a reconstitué de facto en Irak et en Syrie donnent une glaçante illustration, en ayant recours aux pratiques traditionnelles du rezzou conjuguées aux techniques les plus éprouvées de la guérilla et de la guerre asymétrique, « du faible au fort », telles qu’elles ont été pratiquées dans les guerres de libération anticoloniales ou contre les occupations étrangères les plus diverses.

  1. Caractériser les buts de guerre :

a) Pour nos ennemis, il s’agit d’obtenir la constitution d’un empire musulman à vocation universelle par la conversion forcée de tous les individus, fut-ce par le fer et par le feu !

Dans ce cadre général, la guerre civile au sein du monde musulman oppose:

  • les mouvements djihadistes entre eux (Al-Qaida « canal historique » contre Daech) ;
  • les salafistes-djihadistes réunis contre les wahhabites saoudiens, même si les objectifs politico-religieux des deux tendances sont très voisins (le retour à l'islam des origines et l'établissement d'un khalifat mondial) ; seuls les moyens pour y parvenir sont différents : la guerre sainte pour les premiers, le prosélytisme pour les seconds;
  • les wahhabites saoudiens et leurs alliés égyptiens contre les Frères musulmans ; ces derniers (soutenus discrètement par le Qatar et la Turquie) peuvent avoir conclu des alliances de circonstance avec les salafistes-djihadistes au Sinaï pour s'attaquer au régime du président égyptien Al Sissi jugé illégal,
  • l'ensemble du monde sunnite contre les chiites considérés comme des apostats (traîtres à l'islam). Les effets directs se font sentir sur le front syro-irakien, au Liban et au Yémen,
  • enfin, les Palestiniens sont eux même divisés entre le Hamas soutenu par les Frères musulmans, le Qatar et la Turquie, le djihad islamique palestinien (JIP, sunnite) aidé par l'Iran (chiite) et l'autorité palestinienne portée à bout de bras par les Occidentaux et l'Arabie saoudite.

Dan ce complexe contexte, l’exercice des fonctions d’anticipation, telles que définies dans le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, sont essentielles et il faut porter la plus grande attention, par exemple, à la menace proférée par Daech de jeter sur les rives nord de la Méditerranée 500 000 réfugiés pour déstabiliser les Etat d’Europe du Sud !

b) Pour nous, et nos alliés, il s’agit d’aboutir à l’éradication de toutes les formes d’ « islamo-nazisme » totalitaire de la surface de la Terre ! Comme pour une thérapie anti cancéreuse, il peut y avoir des phases de rémission, mais elles ne signifient pas forcement la guérison !

La question à résoudre étant, à l’expérience, de nature politique (quels régimes après la fin de la guerre et la « victoire » contre l’islamo-nazisme et l’islamisme radical?) ambitionnons-nous d’établir dans ces pays de « l’Arc de crise » une forme de « démocratie » ? A voir l’évolution des « Printemps arabes », de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Lybie, le succès n’est pas acquit….que faire en outre dans le conflit séculaire entre sunnites et chiites, et comment trouver une issue pacifique au problème israélo palestinien ?

En tout état de cause, la défense de nos ressortissants comme de nos intérêts économiques et culturels dans ces zones de fracture est essentielle et primordiale.

  1. Lister les lieux de combat :

Il convient de distinguer les théâtres principaux, extérieurs, au sein même des pays musulmans, des théâtres secondaires, intérieurs, en France et en Europe.

a) A l’intérieur, sans doute faut-il ne pas confondre les lieux de combats sur notre sol avec les lieux propices au  recrutement de djihadistes : familles, école, mosquées, prisons, banlieues…. Ce sont autant de lieu de prévention et de traitement des phénomènes de radicalisation, avant que des êtres « normaux » se mettent à muter en moudjahidines et à commettre des actes de terrorisme, quelque en soit la forme. Ceci suppose un travail sur :

- les familles, car elles sont le premier lieu d’observation et de détection des « signaux faibles » qui trahissent une évolution de tel ou tel membre vers la radicalisation islamiste, et le lieu également de transmission et d’apprentissage des valeurs éducatives fondamentales.

- l’école, également lieu d’observation des « signaux faibles » trahissant une évolution de tel ou tel élève vers la radicalisation islamiste, mais au premier chef le lieu de transmission des valeurs et de l’histoire républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité, dans un cadre laïque et tolérant, permettant l’intégration dans la Patrie des individus et des groupes par l’usage de la langue française, la découverte de l’histoire de France, la pratique de la culture occidentale, le respect du drapeau et de l’hymne national.

- les mosquées, puisque ce qui est en cause c’est une interprétation et une pratique religieuse et politique de l’Islam, selon que l’on y traite d’un islam tolérant et modéré, d’un islam « des Lumières » ou qu’on y prêche un islam fondamentaliste de combat : l’Etat ne peut se désintéresser de ce qui s’y dit et de ce qui s’y vit.

- les prisons, qui sont à l’expérience, l’un des lieux essentiels de la radicalisation et du basculement vers le passage à l’acte : on n’y apprend plus seulement le grand banditisme et les trafics les plus divers, mais désormais également l’islam radical le plus violent !

- les banlieues, d’où sont issus, pour l’essentiel, les individus qui ont commis ces actes de guerre par le terrorisme contre des personnes et des lieux représentatifs de la haine qu’ils éprouvent vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis : nous ! C'est-à-dire nos valeurs, nos pratiques sociétales, notre soit disant arrogance de « croisés », bref, tout ce qui n’est pas leur vision de l’Islam

La multiplication des terroristes issus des banlieues, ces « Territoires perdus de la République » est le signe de ce que les « politiques de la ville » menées depuis 40 ans par les gouvernements successifs n’ont pas donné les résultats escomptés : « déghettoȉsation », intégration des populations qui y résident, emploi, formation…

- l’Internet est là encore un vecteur majeur de radicalisation des individus par la fréquentation des sites et réseaux sociaux islamistes radicaux.

D’où, par exemple l’initiative prise par le gouvernement de se battre également sur ce terrain par la mise en ligne du site www.stop-djihadisme.gouv.fr, partie visible d’une surveillance accrue et plus systématique des flux innombrables de textes, de photos et de vidéos qui transitent sur « la Toile », et qu’il faut se doter des moyens de les faire disparaître !

b) à l’extérieur, les théâtres principaux sont essentiellement les Etats musulmans de « l’Arc de Crise », de la Mauritanie au Proche orient, en incluant le Yémen comme le Nigeria, lequel contamine ses voisins, mais également le Caucase, le Pakistan, l’Afghanistan, le Xinjiang sous contrôle chinois où les morts d’attentats se comptent par centaines.

Pour leur part, les forces françaises sont activement engagées sur les vastes terrains d’action qui jalonnent cet « Arc de Crise », d’Afrique sahélo-saharienne à l’Asie Centrale et du Sud Est. Le simple énoncé des volumes de forces engagées, soit unilatéralement, soit multilatéralement, indiquent que, oui, la France fait la guerre, la France est en guerre, mais pour combien de temps et en étant apte à mobiliser quels moyens au regard des missions assignées par les décideurs politiques ?

  1. rechercher nos alliés et évaluer ceux de nos ennemis.

a) sur le front intérieur, compte tenu de la diversité des terrains d’action, des familles au cyber espace, il faut pouvoir compter sur la collaboration des islams modérés, susceptibles d’allumer des contre feux anti djihadistes, comme sur la coopération des pays de l’espace européen, eux même concernés par les risques que la libre circulation des hommes, des idées, des capitaux et des marchandises (drogues, armes..) font courir, car ils constituent le terreau de « l’Espace européen de la radicalité islamiste ». Une action commune des Etats membres de l’Union européenne pour promouvoir un Islam d’Europe modéré et tolérant par la formation d’imams reconnus voire certifiés doit être entreprise sans délai ni tabou !

b) sur le front extérieur, les pays qui se sont joints, dimanche 11 janvier à la manifestation parisienne en réponse aux 3 tueries de janvier, malgré toute l’ambigüité de telle ou telle présence (Turquie, Qatar, Arabie Saoudite…) doit permettre de mailler un front cohérent actif de lutte contre le terrorisme islamique totalitaire, en privilégiant, cela va de soit, les pays qui, comme la France, sont engagés les armes à la main dans l’action militaire contre Daech.

Il faut pour autant répondre à un certain nombre de questions : - Que faire des totalitarismes du monde arabo musulman ? Que faire de Bachar El Assad, le bourreau du peuple syrien? Quelle politique mener vis-à-vis d’« alliés » comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, les pétro monarchies théocratiques du Golfe : le cynisme peut-il tenir lieu de diplomatie ? Les ennemis de mes ennemis sont-ils mes amis, et pour combien de temps ? Quel parti prendre dans la guerre civilo religieuse immémoriale entre sunnites et chiites, ne serait ce que pour protéger les populations civiles ?

A tous égards, une clarification de la politique de la France et de ses alliés vis-à-vis des monarchies théocratiques pétrolières s’impose, même si l’art du Politique est également celui de gérer les contradictions.

Pour faire simple et clair, nos alliés sont ceux qui, telle la Jordanie, combattent avec nous nos ennemis communs, les armes à la main !

c) s’agissant de nos ennemis, l’une des interrogations majeures tient au rôle que jouent les monarchies sunnites de la Péninsule arabique et du Golfe persique, gorgées de pétrodollars, dans la guerre de religion qui se joue depuis la succession du Prophète entre chiites et sunnites, engendrant les proliférations cancéreuses de cellules djihadistes plus ou moins contrôlées et de mouvements fondamentalistes guerriers type Al Qaeda et Cie ou Daech. Soyons clairs : cette guerre intra islamismes ne nous concerne pas, comme l’observe Hubert Védrine, sauf si elle devait se propager dans nos banlieues.

  1. réfléchir aux moyens et aux armes utilisés pour combattre.

a) à l’intérieur, compte tenu des moyens d’action mis en œuvre par l’ennemi, et de la diversité des terrains de lutte, les armes essentielles, dont la mise en œuvre doit être démultipliée, s’appellent :

- le renseignement, qui est peut être l’arme « de base », à activer par des spécialistes arabophones, ayant une bonne connaissance des arcanes de l’islam, susceptibles de pénétrer les réseaux islamistes plus ou moins dormants, jonglant avec internet pour identifier les cibles ennemies, évaluer leur dangerosité, comprendre leurs fonctionnements et leurs ramifications, leurs circuits de financement et d’approvisionnement… pour permettre leur traque et leur neutralisation.

- la prévention : s’il y a, aux dires des Pouvoirs Publics, quelques 3000 personnes à surveiller en permanence, tant en flux qu’en stock, et qu’il faut une équipe de 10 agents pour traiter 1 individu, force est de constater que les moyens humains seront toujours sous dimensionnés.

Donc des « impasses » seront faites, des « trous dans la raquette » existeront toujours, des risques seront courus….Pour autant, la prévention de la radicalisation islamiste des individus et des groupes, aussi en amont que possible, est essentielle. Toute personne en contact avec des populations à risque (association de quartiers, enseignants, services sociaux…) doit se donner pour tâche de veiller à la détection des « signaux faibles de la radicalisation » (changement d’attitude, de vocabulaire, de fréquentation, de vêtements, de régime alimentaire....) et les porter à la connaissance des services spécialisés, qui doivent recueillir et traiter ces signalements.

-l’interception est la phase « spectaculaire » de l’action de guerre intérieure puisqu’il s’agit, par une capture préventive, de mettre des individus hors d’état de nuire.

La frontière entre l’action de guerre anti djihadisme intérieur et lutte policière contre le grand banditisme est, au regard des méthodes mises en œuvre, ténue, puisque la situation n’impose pas - encore ? - de faire intervenir l’Armée pour reconquérir ces « territoires perdus de la République ».

Encore que le CENZUB de Sissonne soit utilisé indifféremment par des unités militaires s’entrainant aux combats en zones urbaines et par des unités des forces de police ou de gendarmerie spécialisées dans le maintien de l’ordre…

-la sanction est particulièrement délicate à définir pour qu’elle soit efficace, puisque l’enfermement carcéral est, à l’expérience, l’un des vecteurs de transmission des idéologies et des pratiques de l’islam radical, et qu’il ne semble pas que les personnes formatées par ces processus de radicalisation soient très accessibles à la sanction pénale. Peut-être faut-il concevoir des établissements pénitentiaires spécialisés dans le traitement des individus concernés, mais il semble bien que les « spécialistes » n’aient pas encore trouvé entre eux de consensus sur le sujet : l’expérience américaine de Guantanamo laisse pour le moins perplexe.

- la déradicalisation est une arme à forger et à mettre en œuvre. Après la défaite du nazisme, et pour permettre la création de la République Fédérale d’Allemagne démocratique, les Alliés ont mis en œuvre, essentiellement dans les zones d’occupation occidentales, des programmes de « dénazification ». Peut-être serait-il utile d’en retrouver les modalités et d’en évaluer les résultats pour, le cas échéant, s’en inspirer pour bâtir des programmes de « déradicalisation ».

La désintoxication des consommateurs de drogues dures pourrait également être source d’inspiration par « benchmarking ».

-les budgets de défense et de sécurité nationale : puisque nous sommes en guerre, à l’intérieur comme à l’extérieur, il convient de reconstruire des budgets de guerre, la situation des finances publiques limitant drastiquement les capacités financières, sauf à ce que créanciers et débiteurs s’accordent pour constater que gagner la guerre contre le totalitarisme islamiste prime sur les impératifs d’équilibre rigoureux des finances publiques.

En tout état de cause, cela signifie donner la primauté aux dépenses régaliennes de défense, de sécurité et de justice, notamment en matière pénitentiaire, tant en matériels qu’en infrastructures et en effectifs : un peu moins de ronds point et de salles polyvalentes, un peu moins de services animation et de fonctionnaires territoriaux, et un peu plus de dépenses de guerre ! Les rapports annuels de la Cour des Comptes fourmillent d’exemple de mal utilisation de l’argent public et d’économies drastiques à réaliser par la recherche d’une efficacité restaurée de la dépense publique ! Aux citoyens de trancher dans les urnes.

b) à l’extérieur, les expériences jusqu’ici peu heureuses, des guerres asymétriques menées sans grands succès par les « Occidentaux » ces dernières années témoignent de ce qu’il faut du temps et des troupes au sol nombreuses pour espérer juguler un ennemi souvent insaisissable, au risque de passer rapidement du statut de libérateur à celui d’occupant.

Certes la supériorité occidentale existe toujours quant à l’environnement technologique de la guerre sur terre, dans les airs, dans le cyber espace, encore que, dans chacun de ces domaines, le faible pauvre contrebat régulièrement l’action des forts riches, par recours à des technologies peu sophistiquées, rudimentaires mais efficaces (les bombes artisanales que sont les IED, ces engins explosifs improvisés, par exemple)

  1. formuler des propositions prospectives pour la France et l’Europe

a) La France, objet de menaces graves de représailles sur son sol, est en première ligne, à l’intérieur de ses frontières comme en ont témoigné les tueries des 7, 8 et 9 janvier, et en menant des opérations militaires de longues durées sur des théâtres d’opérations extérieurs.

Passant en revue les terrains de lutte et les actions à mener (renseignement, prévention, interception…) ont été identifiés les moyens en hommes et en matériels à développer, dans le cadre de budgets contraints.

Il faut prendre position sur les sujets en débat dans l’opinion publique et inciter les Pouvoirs Publics à donner plus d’ampleur à des outils existants dont l’efficacité a été démontrée par les résultats obtenus :

- les mécanismes d’intégration que sont les « Ecoles de la deuxième chance » (et assimilés) et les Etablissements Publics d’Insertion de la Défense, les EPIDE.

S’agissant de ces derniers, ils étaient prévus pour accueillir 40 000 jeunes pas an. Faute de moyens, le programme ne conserve que 3 500 jeunes, alors que le taux de réussite et d’insertion des jeunes est de 80%. Ces formules permettent à des décrocheurs, volontaires parmi les 150 000 jeunes sortant du systèmes scolaires sans savoir lire, écrire et compter, et dont l’inculture est gage d’ « inemployabilité » voire de terrain propice à recueillir les propagandes les plus extrémistes, de retrouver une place dans la société par l’emploi et l’apprentissage des disciplines collectives de type militaire, comme des valeurs de la République.

- l’engagement volontaire des jeunes au sein du Service Civique, qui, faute également de moyens, refuse les 2/3 des candidats à cette période volontaire de travail au service de la collectivité. Le rétablissement de la conscription ne correspond à aucun besoin des Forces Armées, et l’apprentissage du métier des armes pourrait s’avérer au contraire dangereux (les artificiers du FLB qui ont fait sauter les pylônes de TDF à Roc’h Trédudon avaient appris le maniement des explosifs en effectuant un « stage commando » lors de leur service militaire !).

Il convient donc de conserver le caractère « civique et civil » à cette forme  de participation volontaire des individus garçons et filles à des tâches d’intérêt général, en assurant la prise en considération de tous les candidats, pour ne pas décourager les bonnes volontés spontanées, et en assurer la promotion et la contagion par l’exemple au sein de la jeunesse de France. Il faut en particulier faire en sorte que cette période soit prise en compte et valorisée par les recruteurs et les DRH.

Qu’il soit appelé  Service « Civique » ou « Civil » ou « National » voire «Militaire », il concernerait quelque 800 000 jeunes hommes et femmes d’une classe d’âge !

S’il devait être universel et obligatoire, où les loger, comment les vêtir et les nourrir, quelles tâches leur faire effectuer ? Quels budgets mobiliser ? On trouvera en annexe 2 la fiche rédigée rapidement pour répondre sur ces points à la demande de l’UA IHEDN sur le sujet

Mais si déjà on pouvait bien faire fonctionner et développer ce qui donne de bons résultats (EPIDE, Service Civique Volontaire) pour ne pas décourager les jeunes volontaires refusés faute de moyens, avant d’inventer des formules nouvelles lourdes et longues à mettre en place, pour lutter contre le délitement de la société française, on aurait sûrement avancé vers la solution. Le mieux est l’ennemi du bien !

- Il s’agit également de reconstruire un « outil de guerre » adapté à la situation présente et future, notamment à la menace terroriste actuelle qui va durer de longues années et sans doute muter pour s’adapter à nos actions, sans omettre de répondre à des défis majeurs tels ceux qui se jouent en Ukraine…Attention aux « surprises stratégiques » !

b) L’Europe est un théâtre d’opération en elle-même.

On a beaucoup glosé sur la politique de défense et de sécurité commune (PESC-PESD) qui n’évolue qu’au rythme lent des procédures européennes, alors que le monde, les menaces, les agresseurs évoluent selon le tempo permis par les réseaux électroniques.

Il n’est que temps que les espaces policiers et judiciaires européens se mettent effectivement en place, au-delà des coopérations « techniques » au quotidien (échange de renseignement, assistance technique, droit de poursuite transfrontalier…), afin que la continuité de l’action soit permise instantanément en faisant fi des frontières. Il serait paradoxal que l’application du principe de libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et des idées soit ouverte à tout et tous sauf aux forces de l’ordre et aux magistrats anti-terroristes : le grand banditisme comme le djihadisme, qui ont souvent partie liée (la guerre se nourri des trafics, et les trafics nourrissent la guerre), se rient des frontières et des souverainetés !

Il convient de convaincre nos partenaires européens de la réalité de la guerre qui nous est faite : le pacifisme est-il encore de mise ? Observons la réaction de Shinzo Abe et du Japon, après l’égorgement de ses 2 ressortissants : on y passe du « pacifisme post 1945 » à une posture de défense active (à but régional également, comme nous l’avons vu l’an dernier dans le dossier ASE). Quelle seraient les réactions de l’Allemagne dans de pareilles circonstances ?

En conclusion, que répondre à la question posée, à la lumière des situations de guerre contemporaines.

Pour cela, il faut déterminer si l’état de guerre formelle (Afghanistan, Lybie, Mali, Centrafrique, Nigéria, Ukraine…) ou informelle (contre l’ennemi islamo-terroriste, diffus sur le territoire) est ou non un échec du Politique.

1. Pour la situation actuelle en France et en Europe, la réponse, hélas, est : « oui » !

a) Elle résulte des politiques suivies depuis de longues années, notamment depuis 1989 et la chute du Mur de Berlin qui entraina la recherche des « dividendes de la Paix »:

  • Attrition des budgets de défense et réduction drastique du format des Armées et des Services de renseignements comme des forces de sécurité intérieure,
  • Appréciation erronée de la menace par déni de la réalité des dangers potentiels, largement sous estimés,
  • Angélisme affichés des Pouvoirs Politiques, exposant que les « loups solitaires » étaient des « déséquilibrés » plus ou moins responsables, ne constituant pas en tout état de cause une menace nationale, encore moins un signe de guerre, mot tabou. Il ne fallait ni traumatiser ni stigmatiser qui que se soit !
  • L’Etat et la Société étaient accusés d’avoir abandonné les banlieues et négligé tant de dégager les moyens d’une action vigoureuse d’intégration de populations immigrées, favorisant ainsi le terreau de l’islamisme radical, que de ne plus imposer fermement les règles de la laïcité.

b) Les attentats des 7, ,8 et 9 janvier ont été le « coup de tonnerre » qui a réveillé en sursaut la Société française et le Politique, amenant ce dernier à renverser les effets de cet affront :

  • La Nation s’est mobilisée le 11 janvier, et a rassemblé ses alliés au cours de manifestations inégalées depuis des lustres,
  • L’état de guerre a été constaté et reconnu par les plus hautes autorités de l’Etat, même si nombre d’observateurs avaient déjà recours à ce « mot » pour désigner « la chose »,
  • On a assisté à un renversement de perspectives par la prise de mesures de prévention, de détection, d’action et de renforcement des effectifs : le langage et le vocabulaire changent, sans que l’évaluation des besoins et des moyens soit clarifiée.

2. La situation actuelle de l’Ukraine fournit une autre illustration de la réponse à la question posée par l’IHEDN : comme levier diplomatique, il semble qu’il n’y ait plus l’ultimatum mais que le marchandage soit roi!

  • Vis-à-vis des groupes et organisations terroristes, n’est mise en œuvre qu’une diplomatie indirecte de coalition internationale pour mener à bien les actions de riposte car il ne saurait y avoir de contact direct avec des acteurs qui n’en veulent à aucun prix. Ils n’y a rien à « marchander !
  • Vis-à-vis des miliciens ukrainiens « pro russe » du Donbass comme avec la Russie elle-même qui les soutient plus ou moins officieusement, est en action une diplomatie de compromis, voire de compromission, tentée par l’Union européenne, par le biais du « couple franco allemand » faute d’une réelle politique extérieure de sécurité et de défense commune. Il n’y a pas les moyens de l’action !
  • Nous sommes en présence d’une « guerre hybride » (définition de l’Institut International d’Etudes Stratégiques, l’IISS), mêlant opérations militaires conventionnelles, parfois anonymes, opérations de guérillas, de propagande par les canaux les plus divers (Internet, réseaux sociaux…) voire cyberguerre ;
  • Dans ce cas ukrainien, il semble bien que l’intervention de l’UE soit déjà très tardive, les sanctions économiques contre la Russie n’ayant pas eu, jusqu’ici, les résultats escomptés.

3. De la sorte :

  • Soit le Politique parvient à mettre en place un compromis acceptable par toutes les parties et ramenant progressivement la paix,
  • Soit l’échec de cette recherche justifiera l’armement des protagonistes et la guerre, –« ultima ratio régis », dont nul ne peut préjuger du devenir. Sera vaincu le parti le moins audacieux ou le moins déterminé.

Pour le moins, l’action du Politique porte-t-elle,  en elle-même, ses limites. !

L’échec du Politique peut se mesurer par l’écart entre « l’état initialement attendu » à l’engagement de la force armée et « l’état finalement obtenu », quelques soient les circonstances de cet engagement :

  • opération « humanitaire » de protection des populations, désormais inscrite dans le droit international
  • action préventive ou réponse à une attaque « surprise ».

Nos pays occidentaux semblent avoir renoncé à toute action de conquête, suite aux désastres du XXème siècle, mais les pays asiatiques, la Chine notamment, mais également la Russie (Crimée, Ukraine) ont une approche et une vision différente de la défense de leurs intérêts vitaux par la maitrise de zones stratégiques, à leurs yeux.

Dans le monde « apolaire » ou « multipolaire » qui est le notre, encadré par le droit international (ONU) nous n’intervenons plus seuls et de notre propre chef, mais dans des alliances (OTAN, UE) ou des coalitions « ad hoc ».. D’autres nations, telle la Russie, semblent s’affranchir de ce type de contrainte

De plus, on semble être passé de conflits entre Nation à des actions contre des « entités armées et belliqueuses », à visées terroristes, religieuses, maffieuses… voire le tout à la fois… ce qui rend plus floue l’expression de l’état final recherché et la mesure de l’état final obtenu.

«  Ce sont moins les formes d’action nouvelles et impressionnantes qui traduisent le génie, que le dénouement favorable de la guerre. Ce qu’il faut admirer, c’est la justesse des hypothèses imaginées dans le calme, et l’harmonie silencieuse de l’action tout entière, l’une et l’autre ne se révélant que dans la victoire finale » (Carl Von Clausewitz. Op.cit. page 172).

L’échec du Politique se constate dans la défaite !


Annexe 1 : carte du califat.

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Annexe 2

AA IHEDN RN. CPE Lille.

Note de synthèse sur « Le Service Civique ».

Il nous est demandé par l’UA de prendre position sur les sujets en débat dans l’opinion publique suite aux attentats de janvier 2015, dans le but d’inciter les Pouvoirs Publics à donner plus d’ampleur à des outils existants dont l’efficacité a été démontrée par les résultats obtenus. Auditeurs de l’IHEDN, notre objectif est de répandre l’esprit de défense et de sécurité nationale, en renforçant la cohésion nationale et la citoyenneté (intitulé des séminaires organisés par le Cercle des Partenaires de l’IHEDN. cf l’expérience de Marcq en Baroeul, en 2011).

Il faut distinguer les mécanismes de réintégration de jeunes désocialisés des mécanismes d’apprentissage et d’expérimentation des valeurs républicaines bases du civisme et de la citoyenneté, pour prévenir, autant que faire se peut, les comportements déviants.

Les mécanismes de réintégration visent à répondre à la déshérence de jeunes sortis du système scolaire sans savoir lire, écrire et compter, et dont l’inculture est gage d’« inemployabilité » voire de terrain propice à accueillir les propagandes les plus extrémistes, afin de leur permettre de retrouver une place dans la société et un destin personnel par l’emploi.

Ce sont les en particulier les « Ecoles de la deuxième chance » (et assimilés) et les Etablissements Publics d’Insertion de la Défense, les EPIDE.

S’agissant de ces derniers, ils étaient prévus pour accueillir 40 000 jeunes pas an. Faute de moyens, le programme ne concerne que 3 500 jeunes, alors que le taux de réussite et d’insertion des jeunes est de 80%. Or, les EPIDE mettent en particulier l’accent sur l’apprentissage des disciplines individuelles et collectives comme des valeurs de la République. Il faut donc dégager les budgets nécessaires pour retrouver les ambitions initiales de cet outil performant.

Le Service Civique est un bon mécanisme d’apprentissage et d’expérimentation des valeurs républicaines bases du civisme et de la citoyenneté.

Suite à la suspension du Service National, a été créé la « JAPD », puis la Journée de Défense et de Citoyenneté. Force est de constater que cette journée, utile pour dresser une photographie des caractéristiques d’une classe d’âge, et notamment identifier les jeunes ne sachant ni lire ni écrire ni compter, est totalement insuffisante pour faire passer à tous les jeunes français un message de civisme et de citoyenneté, s’agissant en particulier des questions de défense et de sécurité nationale, et du renforcement de lien Armée-Nation,

Ont été créés le « volontariat civil » puis le Service Civique pour des jeunes volontaires désireux de s’engager dans des tâches d’intérêt général. Or, cet engagement volontaire des jeunes au sein du Service Civique, est limité faute de moyens, le Servie Civique refusant les 2/3 des candidats à cette période de travail au service de la collectivité. Il faut l’ Il faut l’élargir !

1 Objectifs:

  • Permettre la connaissance des valeurs de la République : formation à la citoyenneté, au civisme, aux Institutions françaises et européennes, notamment militaires, à l’esprit de défense, à la morale, au respect…
  • Pratiquer les sports en particulier les sports collectifs, source de dépassement de soi et de développement du sens de l’équipe et de la réussite collective,
  • Accéder à des formations d’intérêt général comme le secourisme ou le permis de conduire,
  • S’adonner à un travail d’intérêt collectif : pour la première fois de sa vie, le jeune découvre le monde du travail et se forge une expérience valorisante dans son cv et dans son insertion professionnelle..

2 Modalités

  • Il ne faut pas détruire ce qui existe mais conserver le Service Civique actuel et le généraliser pour tous les jeunes et toutes les missions,
  • Tous les jeunes Français garçons et filles vivants en France (Métropole et Outre Mer) de 18 à 25 ans auraient accès à un Service Civique , y compris les personnes handicapées ou les soutiens de famille. Les handicapés bénéficieraient d’un Service Civique adapté en fonction de leur état de santé .Les jeunes en difficulté et les jeunes en situation de pré délinquance, identifiés lors de la JDC, doivent faire l’objet de propositions et d’actions spécifiques (le Service National ou Militaire n’a prévenu ni l’exclusion ni les dérives délinquantes !).
  • Ce Service Civique durera un an, pourquoi pas par périodes (phases de formation, phases de travail…) type PMS-IMO, session IHEDN ou formations permanentes.
  • Le service civique commencerait à 18 ans, mais les jeunes en formation professionnelle, en apprentissage ou en études pourraient bénéficier d’un sursit jusqu’à l’âge de 25 ans, l’essentiel étant que les différents type de parcours se côtoient, se fréquentent et se découvrent citoyens d’une même France et d’une même Europe,
  • Pour les phases de travail, chaque jeune effectuerait son Service Civique dans une administration publique de l’Etat, des collectivités locales, dans un établissement ou une association du secteur sanitaire et social, culturel, éducatif, de sécurité civile

3 Moyens

  • Les jeunes recevraient les formations ou travailleraient en journée en fonction des besoins de leur terrain de Service : il n’y a donc pas d’hébergement à prévoir.
  • Ils seraient utiles à la structure qui en ferait la demande : il ne s’agit pas de créer de nouveaux besoins, ni de générer des « stages bidons » pour des publics jeunes passifs !
  • Les jeunes seraient encadrés par les structures existantes. Certains pourraient être accueillis dans un service national adapté. Il faudra sans doute avoir recours à un encadrement spécifique pour certains jeunes « difficiles ».
  • On pourra employer des jeunes à des taches que les administrations et associations ne peuvent réaliser aujourd’hui faute de moyens ; Il s’agit donc de mettre des moyens supplémentaires en personnel à la disposition des administrations et associations.
  • De plus certains jeunes vont apporter leur haute qualification au service qui les emploie, tels les scientifiques du contingent du temps de la conscription.

Conclusion

Ce Service Civique rénové, universel et obligatoire doit permettre le brassage de toute la jeunesse du pays au service de l’intérêt général. Chaque jeune y bénéficiera de temps de formations civiques et citoyennes, de pratiques sportives, et d’expériences para professionnelles valorisant son CV. Il faudra suivre le devenir de ces jeunes.

Le financement devra bénéficier de priorités budgétaires claires, par réaffectation de crédits, par exemple les « réserves parlementaires ».