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 « Sécurité et puissance »

Rapport du groupe d’études de Valenciennes.

 

Contributions écrites

 

Henri BARTKOWIAK - Brésil

Charles DUCORNEZ - Allemagne

Alain MILOT- Pakistan

Muriel RZESZUTEK, professeur et Théo LOPEZ (élève de 1ère) de l’Atelier défense Bavay - Russie

Anne-Claire LEFEBVRE, professeur, Raphaël ARBONNIER, Charles De CIAN, Constance ROGEZ, élèves de « prépa-Sciences Po » du Lycée Watteau - Etats-Unis

Christian JAGER - Etats-Unis

Dominique LANVIN - U.E.

José LAPCHIN – France

Dominique KINTS – Inde

Bernard COGET – organisation, lancement, suivi des travaux

Bernard COGET et Charles DUCORNEZ : synthèse et rapport écrit

 

Participations orales

 

Elisa CAUDRELIER

Christine MORISSON

Jean-Marie MOREL

Albert VALLEZ

 

 

 

Introduction.           Puissance et sécurité: passé, présent, avenir.  

                          

1     La puissance n’est plus forcément synonyme de sécurité, les

puissances au défi de la sécurité.

11- Rappel des éléments de vulnérabilité (diversité des risques

et des menaces et une exigence plus aiguë de sécurité des populations.                      

12- La recherche d’une puissance globale                                                                   

13- L’évolution des moyens de la puissance                                                               

 

2     La puissance reste un outil de la sécurité

21- La capacité de décider et de ne pas subir                                                               

22- La préservation des intérêts fondamentaux                                                                      

 

3     Quelle puissance pour la France et l'Europe au service de la sécurité demain?

31- Une réflexion sur laquelle s’appuieront les propositions                                               

32- Des propositions                                                                                                         

 

Conclusion                                                                                                                        

 

 

 

Introduction.

 

Puissance et sécurité: passé, présent, avenir.

La paix de Westphalie (1648) et le système « westphalien » qui en découla introduisit les concepts directeurs des relations internationales modernes:

-       équilibre des puissances,

-       inviolabilité de la souveraineté nationale,

-       principe de non-ingérence dans les affaires d’autrui.

Le système westphalien s’est reposé sur un ordre géopolitique homogène, où les États d’Europe concernés partageaient les mêmes principes d'actions, les mêmes institutions  et la même vision d’ensemble de la politique.

 

 

Avant la guerre froide

La politique des nations, en Europe au départ puis dans l’ensemble de la planète à partir du 19e siècle, repose sur le système « westphalien ». Les nations connurent globalement la stabilité. 

Lorsque ces principes ont été  abandonnés par un État ou un ensemble d’États, des conflits éclatèrent : première et seconde guerres mondiales.

Après la seconde guerre mondiale, les Nations Unies tentent d’instaurer un autre système de gestion de la puissance, un système de sécurité collective, abandonnant le concept de l’équilibre des puissances.

En revanche, les principes d’inviolabilité de la souveraineté nationale et de non-ingérence ne sont pas remis en question. 

 

-      Pendant la guerre froide.

L'équilibre bipolaire s'inscrit encore dans le système wesphalien.

Le monde n'est pas multipolaire, mais le système géopolitique est déjà hétérogène.

Un équilibre précaire est créé par la maîtrise de l'atome que détiennent les deux blocs antagonistes (communiste et occidental), équilibre rompu au rythme des conflits par procuration entre les deux blocs.

 

-       Après la guerre froide et avant le 11 septembre 2001

Les droits de l’homme s’installent au centre des considérations géopolitiques de la planète du moins dans le camp occidental.

Le « devoir d’ingérence » apparaît, affiche, comme le système « westphalien », la protection des populations civiles, mais remet en cause les principes d’inviolabilité de la souveraineté nationale et de non-ingérence.

Par ailleurs force est de constater que l’approche humanitaire, a des effets pervers, s’inscrivant comme « carburant de crises durables ».

L’Europe renonce à la puissance, s’installe dans un « monde clos » fait de lois et de règles, de négociations et de coopérations transnationales.

De leur côté, les États-Unis continuent à exercer leur puissance dans un monde devenu anarchique où lois et règles internationales sont peu fiables et où la vraie sécurité ainsi que la défense et la promotion d’un ordre libéral dépendent toujours de la détention et de l’usage de la force militaire.

On peut penser que la résistance commune à la menace soviétique par la promotion de la démocratie et de la liberté, a longtemps camouflé les différences de priorités entre l’Europe et les Etats-Unis

 

-       Le 11 septembre 2001 inaugure le désarroi de la puissance.

Le fossé séparant l’UE des Etats-Unis se révèle pleinement. 

L’idée d’un retour à un équilibre multipolaire est partagée par l’Europe, la Chine, la Russie mais se heurte à la complexité du monde.

Le problème de l’Europe est de s’accommoder de la puissance américaine. 

Une trentaine d’années de non investissement dans la puissance l’amène à compter largement sur les Etats-Unis pour sa sécurité.

Le problème des Etats-Unis est d’exploiter leur puissance, optant pour le désordre du  laisser-faire, tout en augmentant leur capital de puissance militaire.

Aujourd’hui, la notion d’équilibre des puissances n’a plus le même sens puisque l’ensemble géopolitique planétaire est fondamentalement déséquilibré. Les repères du passé ont disparu.

Trois options se présentent.

  • Un État impose son hégémonie dans un monde hétérogène, le voulons-nous, est-ce réaliste : la toute puissance US est flanqué des signes réels de leur fragilité.

  • Les Etats travaillent à la mise en place d’un « gouvernement mondial », rien ne permet de penser la probabilité de cette deuxième option.

  • Les Etats travaillent à l’instauration d’un véritable système de sécurité collective. 

Cette troisième option est sans doute la plus réaliste, gardant à l’esprit que cette sécurité collective exige l’effort de tous et que les politiques qui pèsent sur la dimension des armées pour ajuster les budgets sont incomplètes, dangereuses et occultent la complexité d’un monde qu’on ne peut plus se contenter de cartographier mais qu’il faut radiographier.

Ainsi la puissance n'est plus forcément synonyme de sécurité, la puissance n’est pas une réponse à toutes les vulnérabilités.

Pourtant dans un monde complexe et dans de nombreux domaines, la puissance reste un outil indispensable de la sécurité.

La puissance au service de la sécurité dans un monde devenu complexe sera nécessairement une puissance rationnelle et multiforme, capable de s'adapter aux enjeux de la sécurité.

Quelle puissance pour la France et l’Europe au service de la sécurité de demain ?


  1. I) La puissance n'est plus forcément synonyme de sécurité, les puissances au défi de la sécurité.

 

11- Rappel des éléments de vulnérabilité (diversité des risques et des menaces et une exigence plus aiguë de sécurité des populations.

La complexité du monde actuel contraste avec la simplicité du contexte bipolaire et nous rend plus vulnérables.

La mondialisation nous rend vulnérables aux conséquences d’événements géographiquement lointains.

 

Enjeux environnementaux et sanitaires.

-       Enjeux hydrauliques.

-       Ressources naturelles limitées: nouveaux défis et enjeux des relations internationales.

-       Les enjeux alimentaires.

Une quarantaine d’Etats restent en situation de crise agro alimentaire nécessitant une assistance extérieure.

L’aide internationale se trouve confrontée à la déstructuration des capacités locales de résilience lorsque l’aide humanitaire s’installe dans la durée.

 

Les  enjeux de l’extension des terres cultivables.

-       A l’intérieur des Etats concernés par les besoins alimentaires.

  

-       Par acquisition ou location de terres à l’extérieur des Etats concernés par les besoins alimentaires, mais aussi pour ceux qui  voient  l’agriculture comme un secteur d’avenir pour fonds d’investissement (production de biocarburants).

L’un des effets de la crise alimentaire de 2007-2008 a été d’accélérer les phénomènes d’acquisition  ou de location de vastes superficies de terres cultivables.    

 

Les évolutions démographiques. Les enjeux migratoires.

Les évolutions démographiques sont des facteurs de risques, deviennent des enjeux géopolitiques alors que nos gouvernants n’en ont que très rarement posé le débat sauf contraints et forcés par la pression des événements ou un contexte électoral.

Quatre facteurs de conflits se dégagent :

-       opposition entre  riches et pauvres,

-       conflit potentiel entre jeunes et vieux, 

-       affrontement des masses et des élites,

-       confrontation laïcité et intégrisme.

 

Les  enjeux de contrôle terrestre.

Si des litiges frontaliers ont fait l’objet d’accords, on constate encore de nombreux contentieux territoriaux anciens, réactivés, nouveaux : frontières fermées, murs, barrières et clôtures…

La multiplication des Etats alimente les tensions et les conflits.

Un mouvement généralisé de réaffirmation des frontières s’est affirmé comme une tendance lourde de ces deux dernières décennies, comme une réaffirmation du rôle de l’Etat.

Le monde c’est 193 Etats, 271 frontières communes à deux Etats contigus, soit 500000 km de frontières à gérer. 

Environ 27000 km de frontières ont fait l’objet d’accords de délimitation et de démarcation

18000 km de programmes de murs, clôtures, barrières métalliques et électroniques ont été réalisés ou annoncées.

Mais aussi des régions terrestres entières échappent au contrôle des gouvernements centraux ou provinciaux. 

Les grandes métropoles (de plus en plus nombreuses et peuplées) posent également des défis de maintien de l’ordre et de présence de l’Etat.

 

Les  enjeux de contrôle maritime.

Le droit de la mer, mis en place par la Convention de Montego Bay de 1982, définit juridiquement d'une part les espaces maritimes et d'autre part les droits et les devoirs des États dans ces espaces.

Le droit de la mer est ainsi au centre d'enjeux géopolitiques.

Rappelons que l’espace maritime français est aujourd’hui le deuxième au monde par sa superficie, de l’ordre de 11 millions de km², juste après celui des États-Unis pourrait devenir le premier si toutes les demandes soumises par la France à l’ONU, sur l’extension de ses plateaux continentaux, étaient validées. Le domaine maritime sous juridiction française pourrait augmenter d'au "moins un million de km2"

La convention de Montego Bay a généré des revendications, n’a pas été ratifiée par tous les Etats….

Des Zones maritimes, détroits et canaux, étendues maritimes côtières échappent également au contrôle des gouvernements centraux ou provinciaux et sont des facteurs de risques sur nos approvisionnements en énergie et en matières premières (exploitation et acheminement).

La demande en énergie et en matières premières est en hausse et l’offre concentrée dans des pays globalement à forte instabilité.

 

Les enjeux liés à la fonte des glaces en Arctique

 

Les enjeux financiers.

Crise financière dans lesquelles nous sommes plongés et les tentatives de régulation des marchés financiers (G8…G20). Là encore on constate une tentative de retour de l'Etat.

 

Les enjeux culturels.

Les mutations en cours sont d’abord matérielles et économiques.

Mais les puissances émergentes n’auront sans doute pas le niveau de vie par habitant des puissances en place, d’où un facteur de tensions internes (« puissances prématurées »).

Les Etats en ascension ont choisi de redéfinir leur image extérieure à partir de critères culturels de façon pacifique, militante mais aussi agressive et radicale.

Les occidentaux sont englués dans de vieilles crises non réglées de la Méditerranée au Golfe, porteurs du caractère conflictuel des représentations de l’autre….

Le terrorisme.

Plus on est puissant et engagé internationalement, plus on augmente sa vulnérabilité en particulier face à l’action terroriste.

                                                                                                       

L’un des modes d’action des acteurs radicaux est le recours au terrorisme dont la radicalisation la plus inquiétante se décline par le recours aux attentats suicides.

Le terrorisme, la plus médiatisée des menaces, se caractérise par sa grande capacité à nuire de part ses objectifs, ses modes d’action, les conséquences des attentats, en premier lieu l’impact psychologique mais aussi économique, ce dernier aspect étant souvent peu perçu ou peu évoqué.

Le terrorisme s’installe dans les trafics d’armements, le crime organisé, utilise les affaires financières à grande échelle, profite de la complicité ou la défaillance d’un certain nombre d’Etats du globe.

Le terrorisme n’est pas l’affaire de quelques illuminés. Des terroristes appartiennent aussi à des classes moyennes et instruites ou même aux catégories dominantes.

Avec Daesch, un pas supplémentaire a été franchi dans la dangerosité et la lutte contre Daesch a été unanimement définie comme une guerre.

Les difficultés à agir face à la radicalisation montrent la limite de nos formats d’action qui laisse place à une violence renforcée et sans fin.

 

Les proliférations d’armes de destruction massive, nucléaires, chimiques ou bactériologiques mais aussi une augmentation généralisée des dépenses d’armements balistiques et conventionnels (hors Europe) augmentent la dangerosité du monde.

 

Ainsi on constate un accroissement du nombre des paramètres de la sécurité qui est devenu un nouvel enjeu de puissance.

La sécurité s’élargit : de la sécurité militaire traditionnelle vers la sécurité politique, économique, sociale, environnementale, alimentaire,…(absence de guerre, poursuite des intérêts nationaux, protection de valeurs fondamentales, capacité de survie, résistance à l’agression, amélioration de la qualité de vie, renforcement des Etats, éloignement des menaces, émancipation de l’être humain).

 

Sécurité intérieure

Sécurité économique

Sécurité civile

Sécurité alimentaire

Sécurité environnementale

Allemagne

++

+++

++

+++

+

Australie

+++

+++

++

+++

+/-

Brésil

-

-

-

++

-

Chine

+

++

+

++

--

Etats-Unis

+

++

++

+++

--

France

+

++

+++

+++

+

Inde

+/-

+/-

-

+/-

-

Pakistan

--

--

--

+/-

-

Russie

-

+/-

-

+

--

 

La perception des paramètres de la sécurité dans les études de cas de nos travaux.

Les études menées sur différents pays ont révélé trois paramètres essentiels de la sécurité :

-       préservation des valeurs centrales de la communauté reposant sur une identité repère,

-       absence de menaces contre la communauté,

-       la formulation d’objectifs politiques.

La sécurité étatique traditionnelle a évolué vers la sécurité des groupes et des individus, une sécurité collective.

 

La responsabilité politique de la sécurité n’est plus exclusivement du  ressort de l’État, mais implique d’autres acteurs: les organes politiques  régionaux ou locaux ; des institutions  internationales, des organisations non  gouvernementales, ou même des organisations militaires privées.

Les acteurs non étatiques voient leur importance et leur influence soulignées.

Le citoyen ignore souvent comment nos sociétés se mobilisent pour la sécurité, la lui assurent. Effet pervers, cette situation amène le citoyen à penser qu’il n’est plus nécessaire de se défendre.

 

12- La recherche d’une puissance globale

 

Il s’agit d’abord d’Etats recherchant une puissance globale pour être lisible sur la scène internationale.

Le terme de puissance est synonyme de pouvoir.

En géopolitique, comme dans les relations internationales, la notion de puissance fait le plus souvent référence à des États mais d’autres acteurs sont dotés d’une puissance indéniable, notamment les institutions financières, les firmes transnationales ou les organisations non gouvernementales majeures, pour ne pas parler des organisations criminelles.

Nous nous sommes intéressés aux Etats, puissances traditionnelles et puissances émergentes ou réémergentes.

 

Les puissances établies/traditionnelles sont contestées sur leur leadership (être puissant amène à avoir souvent des intérêts mondiaux et variés et donc d'être en position d'exposition au conflit), sont menacées par leurs engagements internationaux (exposition au terrorisme: pays occidentaux notamment France, GB, USA principalement mais aussi dans une certaine mesure le Canada, l'Australie, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne et l'Italie)

 

Les pôles émergents ne s’installent pas vraiment sur toutes les dimensions de la puissance, car si l’émergence pose une équivalence de principe entre des indicateurs quantifiables (taux de croissance, participation au commerce mondial, réserves de changes, etc.), les phénomènes de puissance sont d’un autre ordre.

La puissance désigne la capacité à faire triompher sa volonté dans le rapport des forces entre les diverses unités politiques. Elle implique une intention politique consciente, un système institutionnel adéquat, la mobilisation efficace des ressources de pouvoir et des représentations géopolitiques affirmées.

Or, en ce qui concerne les pays émergents, projet politique, conscience historique et sens des responsabilités internationales ne sont pas au rendez-vous.

De surcroît, les centres de pouvoir présentés comme des contrepoids à l’hégémonie occidentale ne constituent pas un ensemble cohérent.

A cela s’ajoute la perte de dynamisme des pays émergents : les indicateurs de croissance témoignent d’un « ralentissement » (défi sociaux internes: Brésil, Inde, Chine notamment).

 

On dit être actuellement dans une période de transition entre un monde unipolaire – dominé par les Etats-Unis – et un monde multipolaire marqué par l’émergence de nouveau Etats ou la réémergence de puissances.

Dans le monde multipolaire qui se construirait, aucun acteur n’aurait la possibilité de dominer l’ensemble des autres.

Actuellement, on constate que les pôles émergents identifiés qui se revendiquent d’un monde multipolaire présupposé équilibré et harmonieux, n’ont pas accédé à la puissance nécessaire pour faire triompher leur volonté dans le rapport des forces internationales : marchés émergents certes, puissances émergentes, certes pas.

Ainsi l’idée de « monde multipolaire » est de portée limitée car l’émergence n’est pas la puissance: les pôles émergents ne s’installent pas vraiment sur toutes les dimensions de la puissance comme nous l’avons montré précédemment.

 

La puissance implique une hiérarchie des acteurs : hyperpuissance, superpuissance, puissance moyenne, puissance déclinante, ancienne puissance, puissance ré-émergente, puissance émergente, etc.

 

Le système international évolue en fonction de cette hiérarchie mouvante des puissances et des capacités variables des Etats (système international multipolaire, bi-polaire, unipolaire, oligo polaire, a-polaire).

 

13- L’évolution des moyens de la puissance.

 

La puissance se manifeste par la coercition.

La guerre façonne la puissance et réciproquement.

Plus récemment, les notions de soft power, smart power sont apparues, sans que pour autant les puissances hésitent à utiliser le hard power (Irak en 2003...)

Chacun aura noté que soft, smart ou hard, il s’agit toujours de power.

 

Ainsi, la puissance d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui ce qui veut dire aussi que la puissance d’aujourd’hui n’est très probablement pas celle de demain.

Autrement dit, les facteurs de la puissance d'aujourd'hui seront nécessairement remplacés par d’autres dont nous ignorons l’essentiel (« Internet, outils de dissémination et de collecte – parfois secrète – de l’information (Google, Apple notamment), déjà outil de puissance, force de dissuasion demain » ? )

De nouveaux facteurs de la puissance apparaissent et notre difficulté à identifier les signaux faibles qui construisent le monde de demain reste grande.

Les paramètres de la puissance sont à géométrie variable dans le temps et l'espace : concevoir une stratégie de puissance s'avère difficile.

 

La puissance est aussi relative: certitude de la toute-puissance des Etats- Unis et perception simultanée de leur fragilité.

Lorsque l’on s’éloigne du centre de pouvoir, le pouvoir tend à s’amenuiser, on observe également que la puissance peut aussi être contestée dans les centres de pouvoir (Snowden, militants, partis ou médias…).

C'est cependant une caractéristique du jeu démocratique qui peut s'avérer  être une force...

La hiérarchie des puissances est fortement déterminée par les conditions techniques dominantes mais elle dépend aussi de la perception que les autres acteurs en ont.

La puissance n’est par ailleurs jamais une garantie de succès: fiascos des Etats-Unis en Irak comme en Afghanistan, Fiascos, en Libye où 80% des ciblages étaient le fait des américains.

 

 

 

  1. II) La puissance reste un outil de la sécurité

La puissance une capacité qui doit donner du pouvoir structure les relations internationales

 

21- La capacité de décider et de ne pas subir

On peut définir la puissance comme  "capacité de faire ; capacité de faire faire ; capacité d’empêcher de faire ; capacité de refuser de faire. »

L’installation de notre dissuasion nucléaire française, après l’affaire du canal de Suez s’inscrit dans ces dimensions.

Deux exemples plus récents.

Exemple 1 : Les Etats-Unis ont réussit à imposer au gouvernement français une participation au système de défense antimissile pour l’Europe alors que l’analyse française annonçait que la France n’avait rien à y gagner, bien au contraire.

Paris, en l’occurrence, n’a pas pu refuser de faire. Et Washington a pu imposer sa capacité de faire faire.

Exemple 2: Poutine a pris à contre-pied le président F. Hollande dans le déroulé annoncé de l’intervention militaire française en Syrie, quasi certaine lors de la conférence des Ambassadeurs fin août 2013, puis suspendue dans le vide tant par l’hésitation du président des Etats-Unis que par la proposition du Kremlin sur le contrôle des stocks d’armes chimiques de Damas. Il s’agit ici d’une « capacité d’empêcher de faire. »

Méfions nous enfin de la terminologie « capacité de nuisance », formule toujours utilisée pour caractériser l’attitude des « Autres ». En fait, il s’agit d’un volet de la puissance.

Pour le dire autrement, la puissance caractérise la capacité d’un acteur du système international à agir sur les autres acteurs et sur le système lui-même pour défendre ce qu’il pense être ses intérêts, atteindre ses objectifs, préserver voire renforcer sa suprématie.

 

22- La préservation des intérêts fondamentaux

Il y a hyperpuissance lorsque le cumul puissance économique, financière, diplomatique, militaire permet de garantir globalement la sécurité (notamment le risque d'invasion, d'anéantissement, d'intégrité du modèle économique, juridique et social).

La dissuasion nucléaire permet de se prémunir des ingérences et invasions.

La puissance permet toujours l'intégrité du territoire et des enjeux extérieurs dès lors qu'elle paraît crédible face à un ennemi étatique potentiel.

 

Ainsi la puissance repose sur trois piliers.

 

Le territoire comme espace conquis, approprié, défendu.

L'histoire nous amène à relativiser la légitimité de la propriété du territoire.

La superficie du territoire terrestre ou maritime compte moins que la capacité à le maîtriser.

Le territoire c'est aussi d’autres zones où s'exerce le contrôle : routes stratégiques, espace, espace numérique: autoroutes de l'information, les investissements directs étrangers.

Le contrôle s’effectue également par le dynamisme du peuplement, la qualité des structures socio-politiques et des infrastructures économiques, les moyens investis dans la défense et la sécurité recouvrent toutes ces dimensions.

 

Les hommes

Il n'est de richesse que d'hommes (Jean BODIN) maxime plus que jamais d'actualité dans un contexte où face à une concurrence économique et géopolitique effrénée, ce sont les pays aux populations formées, informées et volontaires qui feront la différence, cela participe de la puissance.

Toutefois le nombre ne suffit pas pour peser dans le monde: des pays peu peuplés – comme Singapour – pèsent lourd dans la mondialisation.

Pour autant, les populations sont à la fois une main d’œuvre et un marché qui participent de la montée en puissance des pays.

Les hommes comptent surtout pour la dynamique. Il s’agit de mesurer la part de la croissance naturelle et part de la croissance migratoire, les capacités et les modes d’intégration des migrants, comment les personnes âgées sont prises en charge, le niveau d’éducation, la capacité de la population à consentir des efforts.

Enfin, l’espionnage est un moyen qu’une puissance ne peut pas négliger. Imaginer le contraire c’est renoncer à la puissance.

 

La volonté durable d’une ambition de puissance.

Y renoncer c’est devenir les jouets des pays qui ont cette ambition et sortir des premiers rangs.

Les Américains n’ont jamais cessé d’être convaincus de leur « destinée manifeste » à dominer le monde et défendent  leur place de premier, y compris en espionnant leurs alliés.

La recherche de la puissance peut se faire par des voies militaires, mais aussi par d’autres voies : économie et commerce pour l’Allemagne, le Japon.

Cette posture crée cependant des insuffisances que ces deux pays ont récemment entrepris de combler.

Une stratégie est nécessaire pour développer la puissance. Elle impose :

  • une analyse de la situation présente,
  • une réflexion sur les lignes de force des temps proches et lointains,
  • des choix d’objectifs,
  • l’allocation de moyens
  • une mise en œuvre pertinente.

Qu’il manque un de ces éléments et la stratégie échoue.

Si dans la réussite d’une stratégie, une part revient à la conception, aux moyens, une part revient aussi aux circonstances et au hasard dans un contexte inévitablement instable.

La faiblesse des institutions, leurs contradictions ou leur corruption produisent de l’impuissance que les États soient démocratiques ou pas, centralisés ou fédérés.

Une idéologie peut animer, explicitement ou implicitement, la volonté de puissance.

 

 

  1. III) Quelle puissance pour la France et l'Europe au service de la sécurité demain?

 

31- Une réflexion sur laquelle s’appuieront les propositions.

Les solutions aux problématiques de sécurité s’inscrivent dans le très long terme, demande adaptabilité et pragmatisme.

Ainsi, si le monde est unifié par la mondialisation des techniques, il reste partagé entre le monde des sociétés ouvertes en nombre limité pratiquant entre elles de la sécurité coopérative et un monde fragmenté entre différentes zones qui ne vit pas à la même époque, marqué par l’absence de véritable Etat et livré au chaos.

Notre approche de ces deux mondes doit se faire avec des standards différents sans pour autant exclure une légitimation des interventions autant que faire se peut par la communauté internationale.

Il faut dénoncer les jeux d’apprentis sorciers d’un certain nombre d’Etats et éviter de jouer nous-mêmes aux apprentis sorciers.

La sécurité est liée à la puissance, on ne peut renoncer aux actions de puissance sous prétexte d'assurer sa sécurité. Ce serait une politique de court terme.

L’évolution des techniques redessinent les contours et les moyens de la puissance. Il faut donc penser des moyens de la puissance divers, complémentaires, cohérents et rationnels (ni trop, ni trop peu).

Pour la France, intégrer la pertinence du concept de sécurité nationale qui associe sans les confondre politique de défense, politique de sécurité intérieure et de sécurité civile, politique étrangère et politique économique pour la prise en compte globale du traitement d'une menace intérieure et extérieure.

Ainsi la sécurité intérieure devra durablement se compléter de la capacité à agir militairement autant que nécessaire.

Il restera par ailleurs essentiel d'évaluer l'efficacité des opérations militaires extérieures. (voir le rapport de la Cour des comptes de novembre 2016).

La France s'assume comme une puissance responsable, avec des valeurs, mais réaliste, elle ne peut s'engager sur de multiples territoires et doit privilégier les engagements là où elle a des intérêts à protéger.

En d’autres termes, il faut veiller à ne pas se disperser dans les engagements (rationalité de la puissance).

Ne pas se focaliser uniquement sur la menace terroriste. En effet, la médiatisation et les enjeux ne doivent pas nous amener à sous estimer les menaces traditionnelles (phénomène concomitant de montée en puissance et de posture belliqueuse de certains pays).

Chacun doit savoir que la sécurité ne s’obtiendra que par le courage, l’effort (notamment budgétaire), l’acceptation de contraintes individuelles et collectives en matière de contrôle et de sécurité et une cohésion sans faille de la communauté nationale.

Le multilatéralisme n'est pas d'écouter tout le monde, même les plus verbeuses et inutiles harangues, y compris celles des principaux tyrans de la planète qui narguent les autres chefs d'Etats.

L'Assemblée Générale des Nations-Unies, sorte de Sainte Alliance qui veille sur l'équilibre général du monde, dont les objectifs sont de faciliter la coopération dans le droit international, la sécurité internationale, le développement économique, le progrès social, les droits de l’homme et la réalisation à terme de la paix mondiale, reste, pour le moment, souvent le lieu de discours stériles.

Toutefois le Conseil de sécurité de l’ONU, depuis sa création, fonctionne plutôt bien en terme de sécurité globale du monde : il n'y a pas eu de guerre majeure de haute intensité depuis 1945.

Ce « bon fonctionnement » vient sans doute du fait les membres du Conseil de sécurité de l’ONU sont des puissances nucléaires capables d'imposer la paix par la force et rappelons que dans ses principes de genèse le conseil de sécurité réunissaient les pays ayant cette capacité.

L’UE est un acteur politique en échec, même si les plus optimistes en font un acteur en devenir.

 

32- Des propositions :

La sécurité est un état à rechercher, à assurer alors que la puissance est un moyen.

 

Des propositions pouvant raisonnablement s’intégrer dans une dimension européenne en l’état actuel de l’U.E.

Intégrations européenne pour les fonctions de défense liées à la défense du continent européen (dont l'emploi ne serait pas à sujet aux controverses des états européens sur les engagements extérieurs au rythme du différentiel des politiques étrangères).

A ce titre : des unités de garde côte et de souveraineté des eaux territoriales et des ZEE des pays européens, des unités blindées, de la défense aérienne (supériorité aérienne et capacités sol-air) pourraient être envisagées.

Là où le consensus est difficile, ces actions pourraient s’initier par des coopérations renforcées d'Etat volontaires.

Sur le plan de la sécurité, Poursuivre l'indispensable travail de renforcement des services de renseignement, de cybersécurité, de force de police classique, du budget de la justice (magistrats et prisons).

La cyber sécurité est un enjeu essentiel dont la prise en compte pourrait aboutir à la montée en puissance d'une dissuasion cyber européenne.

La renégociation des accords de Schengen devrait permettre un rétablissement d'un contrôle aux frontières : effectifs et configurations à la frontière permettant à la fois capacité de contrôle et fluidité du trafic.

La libre circulation des personnes et des marchandises reste la norme mais une possibilité de contrôle aux frontières doit s’instaurer tant que les politiques pénales et judiciaires ne sont pas harmonisées.

En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, si l’amalgame est inadmissible entre Musulmans et terroristes, le politique se doit de désigner clairement l’ennemi et valoriser le refus des thèses terroristes au sein de la communauté musulmane.

Travaillons à ce que notre société qui semble avoir perdu son sens critique, ne se noie dans un « angélisme exterminateur ».

Donner à l’ensemble de pays européens plus de lisibilité internationale en particulier sur le plan de la défense avant qu’il ne soit trop tard devient essentiel.

Les annonces du nouveau président des Etats-Unis peuvent nous conforter sur ce projet.

De plus vers 2040, la majorité hispanique des USA n’aura plus de liens historiques avec le vieux continent et les USA se désintéresseront probablement du vieux continent.

L’OTAN qui travaille à sa transformation sera-t-elle encore un parapluie ?

Alors, il est temps de revoir les traités fondateurs de l’U.E. et d’abandonner notamment le concept d’intervention non létale qui s’y trouve.

 

Des propositions concernant la France.

 

Interpeller l’U.E.

Les dangers qui nous menacent n'ont pas de frontières et visent aussi directement nos partenaires européens. La défense française bénéficie de fait aux pays de l’Union européenne. Il est légitime, comme nous le martelons depuis plusieurs années, comme le souligne désormais nos autorités politiques :

que les dépenses de défense soient écartées du calcul du taux d’endettement des pays de l’Union européenne, sans exclure pour autant la poursuite de la réduction de la dette,

que les efforts de défense et de sécurité assumés par la France soient partagés par les pays de l'Union Européenne (participation des armées et/ou contribution financière),

mieux encore, dans une démarche un peu provocatrice, utiliser l’excellence opérationnelle reconnue aux armées françaises pour proposer d’assurer la protection de l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, ces derniers contribuant au budget dédié à la réalisation de cette mission.

 

La France.

La France, c’est plus de 11 millions de Km2 d’espace de souveraineté, enjeu de croissance et de puissance (pêche, ressources sous-marines).

Il s’agit de défendre en premier lieu ce qui est essentiel à la survie de la Nation et ce qui permet des gains économiques.

Les premiers moyens en sont les outils de renseignement un réseau diplomatique puissant.

Il convient de conserver notre dissuasion nucléaire dans son concept actuel tout en participant à la construction d’une dissuasion cyber européenne.

Il faut conserver la mise à niveau de capacités de projection sur n'importe quel point du globe : volant permettant de se projeter sur les zones d'intérêts et volant qui serait financé et géré par coopérations renforcées au niveau européen.

Toutefois on ne peut faire l’impasse des capacités de force spéciales et de forces d'intervention à partir de porte-avions ou de pays non controversés plutôt que de multiplier les implantations dans les pays peu sûrs.

Nos approvisionnements doivent privilégier autant que faire se peut les pays stables et éviter de la même façon les zones de « turbulence », tout en sachant l’incertitude du lendemain.

Dans le même esprit, il faut revoir nos alliances pour retrouver de la cohérence. Entretenir des relations diplomatiques mais pas forcément d'alliance avec des pays avec lesquels on doit mais qui ne partagent pas les même valeurs.

Nous ne pouvons être présents partout de la même façon. Il faut donc hiérarchiser nos choix. Notre engagement raisonnable en Asie du Sud-Est (intérêt stratégique et économique de la zone) en est un témoignage.

La cohérence de notre diplomatie et de nos intérêts stratégiques doit nous amener à reconsidérer notre politique étrangère, à désigner clairement l'ennemi extérieur et ses soutiens (risquer le terrorisme si nos intérêts sont en jeu mais non au nom d'une idéologie).

Cette cohérence viendra peut-être en partie :

de notre indépendance énergétique, portée notamment par une économie « verte » de transition,

d'une réorientation de nos exportations en particulier d'armement vers des zones géopolitiques plus en cohérence avec nos intérêts stratégiques,

et enfin d'un contrôle accru des investissements étrangers en France et en Europe (ceux des États du Golfe).

Par ailleurs, garder un dialogue avec la Russie est une nécessité pour changer la donne géopolitique et participer à un recentrage européen.

Cette nouvelle donne est à prendre en compte dans le processus de transformation de l’OTAN pour rouvrir plus largement le dialogue OTAN-Russie qui devrait permettre à terme une solution politique à la crise ukrainienne.

Si notre volonté est comme il l’est annoncé de conserver un statut de puissance moyenne pesant sur le monde, ne pouvant le faire dans le domaine économique (regard réaliste et non pas décliniste), comment ne pas rappeler le rôle politique essentiel et spécifique d’un dispositif militaire cohérent et suffisant dans notre lisibilité internationale et ce dans le dispositif plus global de la Sécurité nationale.

Ce qui signifie que nous devons être particulièrement vigilants à conserver des capacités conventionnelles complètes et suffisantes, comprenant des capacités d’interventions extérieures nécessaires à la protection de nos intérêts, au respect des accords internationaux qui nous concernent.

Une rupture de nos capacités conventionnelles discréditerait de fait, par ailleurs, notre dissuasion nucléaire.

Les capacités opérationnelles de nos soldats sont remarquables et doivent être maintenues, en particulier le cycle de préparation de nos militaires qui doit être préservé.

Les matériels qui s'usent, des savoir-faire qui disparaîtraient, si une surprise stratégique s'imposait à nous, nous ne serions sans doute pas en capacité d'y faire face.

L’enjeu est de taille…Les événements tragiques de 2015 et 2016 semblent avoir joué dans la prise de conscience de cet enjeu.

Le concept de « garde nationale » français permet de mettre en synergie les différentes réserves dont il faut poursuivre le développement.

Notre sécurité passe aussi par une augmentation des effectifs de toutes les institutions de défense et de sécurité.

Un redéploiement important des ressources financières de l’Etat vers les fonctions régaliennes de sécurité nationale et de défense est le prix à payer pour demeurer libre.

 

 

Conclusion

La puissance est concept multiforme, évolutif et complexe qui repose sur des fondamentaux comme le territoire, les hommes et la volonté.

Les contours et les moyens de la puissance, donc de la sécurité sont à redessiner en permanence.

L’incertitude reste une constante, mais ceux qui se détournent de la recherche de puissance ont "toutes les chances de sortir des premiers rangs".

Le souvenir traumatisant des guerres européennes du passé, le confort des « dividendes de la paix » de la fin du XXème siècle et du tout début du XXIème siècle nous ont installés dans un persistant déni de la dangerosité du monde, en particulier de celle du terrorisme.

«L’U.E. doit cesser de renoncer à la puissance». La France doit travailler à renforcer sa puissance pour continuer à peser sur les affaires du monde.

Un fait majeur, une rupture stratégique peut-être, la France a invoqué l’article 42-7 du Traité de l’Union européenne, et non pas l’article 5 du traité de l’OTAN lors des attentats meurtriers de 2015 qui l’ont frappée.

Une nouvelle étape de la construction européenne semble s’imposer aux dirigeants responsables des pays de l’U.E.

Une nouvelle étape qui devra prendre en compte la vulnérabilité de nos sociétés ouvertes dans un monde hostile et dangereux

Une grande politique européenne repose simultanément sur des intérêts, des valeurs et des responsabilités, une convergence des objectifs impliquant un engagement intellectuel et moral.

Une grande politique européenne nécessite la révision des traités fondateurs.

Pour ce qui concerne la France.

Est-il pensable qu’un pays puisse se faire reconnaître sur la scène internationale sans défense crédible ?

Est-il pensable que l’affaiblissement de notre outil militaire n’aurait pas un impact sur les capacités de résilience des institutions et des populations, même si nos populations se sont éloignées des préoccupations de défense ?

Ainsi, la puissance militaire française

-       donne à la France une influence que ses autres ressources ne lui permettent pas.

-       est un outil d’influence culturelle au travers du réseau diplomatique et de coopération militaire.

Si l’avenir de la France est dans l’Europe, il dépend largement de sa capacité à garder une puissance militaire.

Plus globalement, comment redonner à la France un maximum d’autonomie stratégique ?

 

Ce sera notre étude du cycle 2016-2017.